À croire que certains vendeurs de motos au Burkina ont développé une allergie chronique aux conseils, et une mémoire sélective face à la sanction. Après chaque descente musclée de l’État, les prix semblent rentrer dans les rangs le temps d’un sourire éclair, avant de repartir à l’assaut des poches déjà éprouvées des consommateurs. Comme l’enfant que ni la chicote, ni les sages n’ont su corriger, le marché de la moto ne semble comprendre qu’un seul langage : celui des conséquences.
C’est l’histoire d’un enfant qui a décidé de s’éduquer tout seul. Lorsque le soleil fait son apparition chaque matin, la lueur d’espoir qu’il emporte avec lui à travers ses rayons, se transforme en jour sombre pour ses parents. Si la bouteille de gaz de la maison n’a pas eu la chance d’être vendue, ce sont les serrures devant servir à empêcher les voleurs de faire irruption dans la baraque, qui en paieront le prix fort.
Des chaussures de ses frères en passant par les bijoux de sa mère, rien ne semble résister à l’opiniâtre filouterie de ce gamin, qui a décidé de pourrir la vie à tout le monde. Même le chat du voisin n’a pas été épargné. Le père, connu pour sa rigueur des plus inflexibles, semble impuissant face à la témérité de son rejeton. Jamais aucun de ses fils ne s’était montré autant acariâtre et rebelle !
Un citoyen visiblement excédé par le prix des motos
Les voisins ont parlé. Les vieillards ont conseillé. Même les tantes reconnues pour être les plus méchantes de la famille ont été mises à contribution. Au début, tout semble rentrer dans l’ordre. Il y a un moment d’accalmie. On souffle, rigole un peu, pensant avoir retrouvé notre enfant de chœur qui a sûrement reçu sa dose de délivrance du père spirituel de la famille. Mais il ne faut pas plus de trois jours pour que Django ressuscite ses vieux démons, et décide à nouveau de faire vivre à son prochain un enfer.
Finalement convaincu comme le dit l’adage, que « l’enfant que l’on corrige simplement par le bâton n’apprend pas à réfléchir », on décide de l’abandonner à son propre sort. Nos voisins d’à côté le disent si bien : « Conseil, conseille pas, c’est conséquence qui conseille. » Mais le hic dans tout cela, c’est qu’il vit sous le même toit que tout le monde. Il ne fait rien, n’apporte rien, mais se porte toujours volontaire, quand il s’agit de donner des migraines à la fratrie ; et comme on ne peut pas le chasser de la famille, il est là, et on est là.
Quatre images, quatre dates, quatre prix différents sur presque tous les articles en moins de quatre mois
Le portrait de ce jeune garçon n’est pas très loin des caprices que nous font essuyer les vendeurs de motos. Avec eux, il faut être au taquet. Si vous avez un peu d’argent et que l’Etat a frappé fort pour que les prix soient réduits, vous avez intérêt à courir vite vous procurer un engin. Si vous pensez pouvoir jouer au lièvre avec eux, en attendant que le temps se vide de sa substance pour que les prix baissent encore, ils auront le plaisir de vous montrer que si l’hyène n’a jamais appris de ses erreurs, c’est son problème.
Pas plus tard qu’il y a quatre mois, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), redonnait le sourire au peuple burkinabè, après une descente musclée dans les magasins de vente de motos. Tout le monde a crié victoire comme le douzième homme à ces dernières minutes de match de CAN, ignorant que la gloire dans les échéances à venir ne sera que de courte durée. Sincèrement, on ne sait plus à quel saint se vouer.
Deux prix différents du même article en l’espace d’une semaine
Finalement, faut-il se résigner comme un agneau qui tend délibérément la gorge face à la soif impitoyable de la lame de son bourreau ? Ou devons-nous continuer de crier à l’insatisfaction, face à cette injustice qui nous laisse un goût de désolation au regard de la situation économique des populations. Une chose est sûre : de notre côté, nous continuerons de faire notre part, en portant la voix de ceux qui s’affaissent dans les cachots du désespoir.
Aux vendeurs de motos au Burkina, notre message est le suivant : si on vous a fait quelque chose, il faut dire on va demander pardon. Sinon en vrai, y en a marre de cette politique du ligid zamana qui ne tient pas compte des réalités du pays ! Y en a marre de vos pleurs lorsque l’on vous prend la main dans le sac, alors que vous semblez mépriser les larmes des autres qui font pourtant de vous de gros "P.D.ZÉ" ! Y en a marre de ces prix qui gonflent et se dégonflent comme le dolo mal fermenté d’un Samo de Tougan ! On est fatigué ! Il faut vous revoir !
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Vos réactions (14)
par warzat, 4 février 17:17
Il n’y a de pire aveugle que celui qui refuse de voir. Avec les Faso Yaar, les fabricants peuvent être contacter et ils vont fournir les motos, qui après dédouanement seront commercialisées à des prix acceptables. Sous la révolution, il y avait les vélos Peugeot et ceux chinois vendus à Faso Yaar. Qu’ils persistent et signent. En principe, la chambre de commerce devrait les prévenir, ils courent à leur perte.
Je crois que pour mieux lutter contre ce phénomène, l’état doit ouvrir des boutiques témoins qui accepteront vendre a des prix raisonnables. Cette situation va contraindre les autres commençants a revoir les prix.
Le drame c’est qu’il y a un précédent célèbre le PAIN. Pendant le covid face aux difficultés d’approvisionnement en farine le prix du pain a indirectement augmenté par la diminution du poids de la baguette depuis lors malgré le don de blé par la Russie personne n’a songé à corriger ce qui était une mesure d’urgence. Le commerçant burkinabé a trop compris l’économie de marché, pour eux libéralisme se confond avec filouterie. Les commerçants triche sur les poids, les mesures, la qualité, les dates de péremption, l’utilisation de produits dangereux comme le carbure et le formol, la dissimulation, les pénuries fictives...toute l’imagination est mise en œuvre pour TRICHER. Ils ignorent que la vie en société est régie par des lois et des règlements. Après 35 ans de blaisisme et de rockisme il faudra au moins 10 ans de fer et de feu pour ramener nos braves commerçants et OPÉRATEURS ÉCONOMIQUES, un terme insensé tiré de la macro économie sur le droit chemin. La plupart sont musulmans et la dessus le Coran est clair. Tu donneras le bon poids et la bonne mesure et tu ne dois pas augmenter exagérément ton bénéfice sinon c’est HARAM.
Hum ! La révolution a du pain sur la planche. Elle doit savoir identifier et débusquer ses ennemis dans tous les secteurs. Les contrerevolutionnaires ne sont pas toujours ceux qui le font savoir. Pour certains les actes sont plus parlants, tandis que pour les autres c’est le silence qui parle.
C’est classique lorsque dans certains milieux on dit que l’argent circule, cela rime avec une corruption rampante, on se plaint lorsqu’il y a plus de rigueur et qu’on ne peut plus flamber l’argent non gagné à la sueur du front. C’est le corollaire de plus de trois décennies de laisser faire, d’absence de morale et d’incivisme où des politiciens de carrière s’étaient autoproclamés plus méritants que les autres. Ça va être de plus en plus dur pour l’état car au bout trois ans Tom Sank avait dû faire face à cette même situation que des pyromanes ont attisé politiquement. L’euphorie de la liberté et de la souveraineté confrontée à la réalité des sacrifices individuelles pour jouer collectif n’est pas à la portée de tout le monde. Devoir compter sur soi ou travailler pour manger alors qu’on était payé à ne pas travailler, est une metamorphose voire une mutation que beaucoup ne peuvent pas subir. Prions juste que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. L’histoire renseigne et enseigne. Je viens en paix.
Je voulais acheter une moto pour mon fils mais les prix mon fait reculer parceque a ce prix on peut payer une voiture occasion. La seule difference entre une voiture et une moto est le prix de l’essence qui va peser en faveur de la moto. Le citoyen lamba a vraiment beaucoup de probleme pour vivre car toutes les denrées sont devenues tres cheres, Il y a un architeque qui ma fait un debit de 28 millons pour 3 petites maisonnettes sur mon terrain. J’ai decide de prendre un macon qui va me faire le meme travail a 12 millions avec 4 maisonnettes. Ils disent qu’il est difficile d’obtenir du sable ou ciment a cause de Faso Mebo. Vraiment ! Vraiment ! Quelle argument !
Bonjour.
Merci au journal d’écrire sur cette réalité.
Pour faire court, je pense que l’État a fait sa part, et nous les avons vu à l’oeuvre. Je trouve que la population elle même est la principale responsable. C’est à nous de nous organiser. C’est plus facile car nous sommes partout dans les villes et villages alors que les moyens logistiques, financiers et les effectifs du ministère du commerce ne sont pas illimités pour couvrir tous les points de vente du pays. Si on arrive à s’enrôler comme vdp, à faire des dons à FASO MEBO, et qu’on est incapable de s’organiser pour relever les prix et faire des dénonciations aux autorités compétentes ; alors les importateurs et distributeurs de moto auront gagné. Chaque jour on achète les motos, et de l’autre côté on trouve que c’est cher. Ce n’est pas encore cher payé. Restons là inactifs et passifs devant des comportements commerciaux sauvages et violant l’Autorité publique. Pour moi ces commerçants ne sont pas loin des comportements terroristes. Continuons, bientôt il n’y aura plus de moto à moins de 1250000 F. Et dans tout ça que fait la ligue des consommateurs ?
On se cache derrière "Soutenir le Président" pour défier l’autorité de l’État, C’est dans ce secteur que la ’Brigade Labal’ devrait jouer un grand rôle.
Je ne comprends pas cette surmédiatisation sur le prix des motos devant les prix d’autres produits de grande consommation dont le ciment. Nous avons actuellement plus de sept (07) cimenteries et le prix du ciment est le même de ce depuis plus de 10 ans. Imaginons-nous seulement une baisse de 100 FCFA le sac, combien aurait économisé FASO MEEBO, quel serait l’incidence sur tous les grands chantiers publics encours ?
Hummmm le pays des hommes integres est un rempli d,escorts et de voleurs !!!
Heureusement que Ib est la !!!
Aerox 800mil en cote d ivoire
Apache 750 mil en ci
Le seul chose que je ne comprends pas est du fait que nous crions quand le président parle mais quand il s’agit d appliquer, nous mettons doit au oreille.
CONNAISSEZ-VOUS LE MOULIN A VENT ? C’EST UN MOULIN MECANIQUEMENT ACTIVE PAR LE VENT A TRAVERS 6 A 8 HELICES ! IMPOSSIBLE A MAITRISER TANT QUE LA METEO EST PROPICE A UNE LEVEE DES VENTS D’OUEST ! ! !