Disparition de Boum Boum : Le monde sportif rend hommage à une légende de la boxe burkinabèIl était l’une des plus grandes figures de la boxe burkinabè. Dramane Nabaloum, plus connu sous le nom de Boum Boum, a définitivement rangé ses gants le vendredi 15 janvier 2026. Une date qui restera gravée dans la mémoire des amoureux de la boxe africaine en général, et burkinabè en particulier, tant son parcours a été jalonné de succès retentissants. Au cours de sa carrière, Dramane Nabaloum a été triple champion d’Afrique et triple champion du monde version WBC. Quelques jours après la disparition de cet illustre représentant du noble art, des acteurs du monde sportif reviennent sur son parcours et évoquent certains faits marquants de sa carrière. Abdoul Diallo, journaliste sportif à la retraite : « Boum Boum a fait connaître le Burkina dans le monde entier » La Fédération, qui vivotait, a été prise en charge immédiatement par Patrice Tassembédo, qui l’a dynamisée. C’est dans cette dynamique qu’il a essayé de pousser Boum Boum, déjà néo-pro, vers le professionnalisme. C’est chose faite. En 1993, on le présentait au championnat d’Afrique des poids plumes. Il n’a pas hésité. Il a remporté son combat contre Joe Orewa, un Nigérian qui faisait partie des cracks ayant conservé ce titre pendant très longtemps. Boum Boum l’a battu à la cinquième reprise. La boxe burkinabè a ainsi décollé. Il a livré plusieurs combats de défense de titre et aucun de ses adversaires n’a tenu plus de cinq reprises, aucun, sur près de quatre défenses de titre. En 1996, comme Boum Boum était déjà lancé, la Fédération burkinabè de boxe a estimé qu’on pouvait le présenter au championnat du monde. “Ce boxeur est un très grand boxeur, je le respecte. Il m’a battu, il est plus jeune que moi, mais j’ai cru que ma résistance allait avoir raison de lui. Non, au contraire, il m’a vidé et il m’a terminé. Je le félicite, puisse Dieu l’accompagner.” Gabriel Barrois, journaliste sportif à la retraite : « Je retiens de Dramane Nabaloum l’image d’un boxeur prolifique des années 90 » « Je retiens de Dramane Nabaloum l’image d’un boxeur prolifique des années 90, qui s’est illustré sur le ring grâce à sa puissance de bras, ce qui lui a valu son surnom de Boum Boum. Sa manière d’achever ses combats avant la limite ou de les mener à terme en a fait un triple champion d’Afrique. Il avait une bonne utilisation de ses poings et une excellente exploitation du ring. Sa capacité à jauger l’adversaire lui permettait de passer à l’action après un ou deux rounds d’observation. Boum Boum avait tout compris de la boxe. Il savait qu’il ne suffisait pas de se jeter sur un adversaire et de frapper sans relâche pour gagner. Il avait assimilé l’enseignement d’un grand technicien comme Jean-Pierre Mayé, pour qui le coup de poing doit à la fois atteindre la cible et porter pour être consigné par les juges. Le Burkina Faso a connu de très grands boxeurs amateurs, comme Kélétigui Ouattara, Moussa Ouattara, Abdou Balima, Yassia ou encore Kinda Arouna. Mais celui qui a le mieux incarné la discipline au pays des hommes intègres est, de mon point de vue, Dramane Nabaloum. C’est ce qui lui a apporté une plus grande visibilité. Il a inspiré de nombreux jeunes par sa tenue sur le ring. Pour avoir suivi toute sa carrière, c’est avec une immense tristesse que j’ai appris la nouvelle de sa disparition. Avant sa mort, je le voyais se consumer à petit feu, et cela me chagrinait profondément. Un grand champion s’en est allé, emportant avec lui toute une légende. Boum Boum, repose en paix. » Mathias Napaongo, alias Le Fighter, boxeur burkinabè : « Dramane Nabaloum dit Boum Boum était combatif corps et âme pour son pays » Jean Elysée Nikièma (stagiaire) Vos réactions (2) |