
Journées nationales de l’agroécologie : l’acte II lancéLa cérémonie de lancement officiel de la 2ᵉ édition des Journées nationales de l’agroécologie (JN-AE) s’est tenue au ministère de l’Agriculture, à Ouagadougou, ce lundi 22 décembre 2025. L’objectif de cet événement, initié par le ministère de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques, est de mener la réflexion afin de faire du pays des hommes intègres un acteur incontournable de l’agroécologie. L’agroécologie présente de nombreux atouts pour le Burkina Faso. Elle contribue au renforcement de la sécurité alimentaire en améliorant durablement les rendements agricoles grâce à des pratiques adaptées aux réalités climatiques locales. En restaurant la fertilité des sols et en favorisant une meilleure gestion de l’eau, elle permet aux producteurs de faire face à la sécheresse et aux effets du changement climatique. Cette approche réduit la dépendance aux intrants chimiques importés, protège l’environnement et la santé des populations. Elle participe également à l’amélioration des revenus ruraux, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi qu’au renforcement de la souveraineté alimentaire nationale. « Agroécologie et souveraineté alimentaire : enjeux et perspectives » est le thème retenu pour l’édition 2025.
Les participants à cette deuxième édition vont formuler des recommandations afin que l’agroécologie soit davantage appliquée au Burkina Faso
Au menu de l’acte II figurent des communications sur la thématique, ainsi que la dégustation de mets locaux. Des stands ont également été installés pour l’occasion. Les populations sont invitées à les visiter au sein du ministère de l’Agriculture, à Ouaga 2000, où les acteurs de l’agroécologie exposeront leur savoir-faire. Cette deuxième édition se tient sur trois jours, du 22 au 24 décembre 2025. « Pendant trois jours, nous aurons l’opportunité d’échanger et de nourrir nos réflexions sur les grands enjeux de l’agroécologie en vue d’une mise à l’échelle réussie. Ces échanges s’articuleront autour de quatre axes majeurs. Il s’agit notamment de l’innovation et de la transition agroécologique, pour produire plus et mieux avec des bio-intrants accessibles, des arbres fertilitaires et des semences paysannes résilientes ; de la valorisation des produits agroécologiques à travers les circuits courts, la transformation locale et l’accès aux marchés ; du financement et des politiques publiques, afin de créer un environnement incitatif et mobiliser les ressources nécessaires ; et enfin du rôle des collectivités territoriales, car la transition agroécologique se vit et s’amplifie d’abord au plus près des territoires », a renchéri Alassane Guiré.
Alassane Guiré a exprimé l’espoir que les recommandations issues des travaux ne resteront pas dans les tiroirs
Les plaidoyers des acteurs auprès du ministère de l’Agriculture Le président du conseil d’administration du Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG), Abdoulaye Ouédraogo, et le vice-président du Conseil national de l’agriculture biologique (CNABIO), Seydou Savadogo, sont les co-parrains de cette deuxième édition des JN-AE. « Dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique, l’agroécologie ne doit pas être perçue comme une simple option, mais comme le moteur indispensable de cette ambition nationale. C’est pourquoi nous invitons monsieur le Ministre à intégrer de façon formelle et systématique l’agroécologie dans la deuxième phase de cette Offensive, en parfaite cohérence avec les axes de la Stratégie nationale de développement de l’agroécologie 2023-2027. À ce titre, les acteurs non étatiques souhaitent réaffirmer trois points majeurs de plaidoyer : l’institutionnalisation de l’agroécologie afin de doter l’État de toutes les capacités nécessaires à la conduite de cette transition ; la valorisation et la promotion des bio-intrants (semences paysannes, biofertilisants et biopesticides), ainsi que la sécurisation des marchés pour les produits agroécologiques ; et l’augmentation des financements dédiés à l’agroécologie dans toutes ses dimensions », a déclaré Abdoulaye Ouédraogo dans son allocution.
Le co-parrain, Seydou Savadogo, a, pour sa part, témoigné sa reconnaissance au ministère pour l’organisation d’un tel événement. À noter que ces journées s’inscrivent dans la continuité d’une vision nationale portée par la Stratégie nationale de développement de l’agroécologie (2023-2027). L’État entend faire de l’agroécologie un levier majeur pour une production durable, compétitive, respectueuse de l’environnement, de la santé des populations et des valeurs culturelles, conduisant à la souveraineté alimentaire. En guise de bilan de la première édition, soixante exposants avaient présenté des fertilisants organiques, des bioprotecteurs, des équipements innovants et des produits nationaux transformés. Six communications scientifiques et quatre panels avaient également alimenté les réflexions. Samirah Bationo |