
Burkina Faso : Plus de 7 000 producteurs couverts par l’assurance climatique indicielleFace à l’intensification des aléas climatiques qui fragilisent chaque année davantage l’agriculture burkinabè, les réponses innovantes et adaptées s’imposent comme une nécessité. Sécheresses prolongées, irrégularité des pluies, poches de sécheresse en pleine saison hivernale, autant de périls qui mettent à rude épreuve les petits exploitants agricoles, pilier de l’économie nationale. C’est dans ce contexte que les acteurs engagés dans le Projet de promotion d’une assurance climatique indicielle pour les petits exploitants agricoles au Burkina Faso (PPACI-BF) ont tenu, ce jeudi 18 décembre 2025 à Ziniaré, dans la région du Plateau central, la deuxième session ordinaire de l’année 2025 de leur comité de pilotage. Placée sous la présidence de Domètière Christian Gaël Somda, président dudit comité, cette rencontre stratégique a réuni les principales parties prenantes du projet, avec la participation notable de la représentante du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), Clarisse Coulibaly. L’objectif affiché de la deuxième session ordinaire de l’année 2025 du comité de pilotage du PPACI-BF, est de consolider les acquis, tirer les leçons de la mise en œuvre, et réajuster les interventions. Cela, en vue de faire de l’assurance climatique indicielle, un véritable levier de résilience agricole au Burkina Faso. Une session décisive dans la vie du projet Le président du comité de pilotage a souligné le caractère particulier de cette session. Initialement prévue comme la dernière année de mise en œuvre du PPACI-BF, l’année 2025 a finalement ouvert une nouvelle perspective pour le projet grâce à l’obtention d’une prorogation de 18 mois.
« Cette prorogation qui est la reconnaissance des efforts consentis, nous offre l’opportunité de consolider nos acquis et d’atteindre pleinement nos objectifs », Domètière Christian Gaël Somda, président du comité de pilotage pour l’année 2025 du PPACI-BF
La rencontre s’est articulée autour de deux points majeurs inscrits à l’ordre du jour ; le bilan de l’exécution physique et financière du projet au 30 septembre 2025, d’une part, et l’examen puis l’adoption du Plan de travail et de budget annuel (PTBA) 2026, d’autre part. Des avancées notables malgré des défis opérationnels Si l’année 2025 s’est déroulée dans un contexte de stabilité relative favorable à l’exécution des activités, elle n’a pas été exempte de difficultés. Le président du comité a rappelé les retards enregistrés dans la mise en œuvre, notamment liés au départ du coordonnateur du projet et à la lenteur observée dans la contractualisation avec certains prestataires. Pour autant, ces contraintes n’ont pas entamé la dynamique globale du projet. Bien au contraire, les résultats atteints témoignent d’une progression significative, tant en termes de couverture que d’impact.
La représentante du PNUD au Burkina, Clarisse Coulibaly, a dit savoir compter sur les pertinentes contributions des acteurs en vue d’atteindre les résultats escomptés
Sur le plan opérationnel, le taux global d’exécution physique du PTBA 2025 s’élève à 80%, tandis que le taux d’exécution financière atteint 78% du budget annuel, des performances jugées satisfaisantes au regard des contraintes rencontrées. Le PTBA 2026, une feuille de route ambitieuse et ciblée Tirant parti de la prorogation accordée au projet, le PTBA 2026 a été conçu comme une véritable rampe de lancement vers l’achèvement de la mission du PPACI-BF. Doté d’un budget prévisionnel de 861 333 130 francs CFA, il prévoit la mise en œuvre de 66 activités prioritaires. Ces interventions sont structurées autour de trois axes stratégiques majeurs. Le premier vise à renforcer l’environnement politique et institutionnel de l’assurance climatique indicielle afin d’en assurer une meilleure appropriation et un cadre de mise en œuvre efficace. Le deuxième axe, lui, est orienté vers l’accroissement de l’impact direct du projet au profit des producteurs agricoles, principaux bénéficiaires, à travers une couverture élargie et des actions ciblées. Enfin, le troisième axe, quant à lui, met l’accent sur la pérennisation des acquis, dans l’optique de garantir la durabilité des résultats et la continuité des bénéfices au-delà de la durée du projet.
« Nous avons pu à ce jour, réaliser notamment cinq périmètres maraîchers dans les communes de Safané et de Tchériba, situées dans la région du Bankui », Brama Ouattara, coordonnateur du PPACI-BF
Il a mis en lumière les efforts engagés pour l’amélioration du cadre réglementaire national de l’assurance agricole. Selon lui, un premier cadre de concertation réunissant l’ensemble des acteurs du secteur a permis d’harmoniser les pratiques, de partager les difficultés rencontrées et d’esquisser des solutions adaptées au contexte national. Partage d’expériences avec le Sénégal et le Maroc Dans cette dynamique, le projet s’inspire également d’expériences étrangères, notamment celles du Maroc et du Sénégal, où l’assurance agricole est structurée autour de compagnies nationales dédiées, bénéficiant d’allègements fiscaux et permettant le couplage du crédit agricole à l’assurance. Dès 2026, le PPACI-BF entend ainsi élaborer une note conceptuelle pour mobiliser de nouveaux financements en vue de l’élargissement du programme, tout en poursuivant la capitalisation des données et des acquis, dans une dynamique jugée encourageante.
Les participants de la deuxième session ordinaire de l’année 2025 du comité de pilotage du PPACI-BF
Faire de l’assurance climatique un pilier de la résilience agricole Au-delà des chiffres et des bilans, la tenue de cette session illustre l’importance croissante de l’assurance climatique indicielle comme outil d’adaptation aux changements climatiques. En offrant aux petits exploitants une protection contre les pertes liées aux aléas climatiques, le PPACI-BF contribue à sécuriser les revenus agricoles, à encourager l’investissement productif et à renforcer la résilience des communautés rurales. Pour rappel, créé le 6 avril 2021 avec une durée de 5 ans au départ, c’est le 30 novembre 2021 que le projet a officiellement lancé ses activités. Sous la tutelle du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement, le budget global du PPACI-BF est évalué à 5 462 792 dollars, soit environ 3 milliards de francs CFA. Ce budget est financé à la fois par l’État, le FEM et le PNUD. Hamed Nanéma |