Gestion foncière au Burkina : Plus de 4 800 réserves administratives envahies, selon le ministre Émile Zerbo
mardi 11 novembre 2025.
Réunis en séance plénière ce mardi 11 novembre 2025, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont examiné trois questions orales avec débat. L’une d’elles, posée par la députée Assita Françoise Romaine Bailou, portait sur la situation et l’état actuels des espaces verts, des réserves administratives et foncières dans les centres urbains. En réponse, le ministre d’État, ministre en charge de l’administration territoriale et de la mobilité, Émile Zerbo, a livré un exposé détaillé de la situation.
Dans son intervention, le ministre Zerbo a rappelé que l’article 6 du décret n°98-321 du 28 juillet 1998 définit l’espace vert comme « tout terrain nu ou boisé, délimité et inséré dans le plan cadastral ou tout autre document foncier d’une localité et destiné à l’embellissement ».
Le changement de destination d’un espace vert étant interdit par la loi, ces espaces doivent être bornés et immatriculés, sous la responsabilité conjointe des collectivités territoriales et des ministères en charge de l’urbanisme et de l’environnement.
Concernant les réserves administratives, le ministre a cité le décret n°2014-481 du 3 juin 2014, qui les définit comme les lots ou parcelles prévus pour les besoins futurs de l’État ou des collectivités. Avec la nouvelle loi portant Réorganisation agraire et foncière (RAF), ces terrains sont inaliénables sauf autorisation expresse du ministre chargé des domaines pour cause d’utilité publique ou d’intérêt national.
Quant aux réserves foncières, elles sont, selon le code de l’urbanisme de 2006, des domaines constitués par l’autorité publique pour des besoins d’aménagement futur, constitués par voie d’expropriation ou de droit commun.
La nouvelle loi RAF, n°015-2025/ALT du 21 octobre 2025, réaffirme le caractère inaliénable, imprescriptible et insaisissable des biens immobiliers du domaine public, notamment les espaces verts, les réserves administratives et foncières.
Ainsi, le ministre a indiqué que son département a lancé en 2024 un recensement national des réserves administratives et foncières dans toutes les régions et des espaces verts dans les communes à statut particulier dont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
Il en ressort que 7 076 réserves administratives ont été recensées sur l’ensemble du territoire, dont 4 894 sont illégalement occupées, soit 69,16 %.
Dans les communes à statut particulier, 600 réserves administratives ont été identifiées, dont 365 soit 60,83 % occupées illégalement avec 347 à Ouagadougou et 253 à Bobo-Dioulasso.
S’agissant des espaces verts, 1 553 ont été recensés avec 1 115 à Ouagadougou et 438 à Bobo-Dioulasso, dont 700, soit 45 %, sont occupés illégalement ce qui représente 378 à Ouagadougou et 312 à Bobo-Dioulasso.
Le ministre en charge de l’urbanisme, Émile Zerbo, a terminé son exposé en indiquant que ces espaces et réserves illégalement occupés abritent une grande diversité d’installations à savoir des mosquées, des églises, des écoles, des habitations privées, des commerces, des garages, des maquis, des services publics, des stations-service, des antennes de téléphonie, des dépotoirs, des tombes et même des tronçons bitumés.
Élément de réponse du ministre d’Etat, ministre en charge de l’administration territoriale, Émile Zerbo
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Vos réactions (12)
par YAWOTO, 11 novembre 2025 13:42
IL FAUT RASER ET RECUPERER ! Faire payer ceux qui ont fait ces attributions
il faut absolument récupérer ces espaces et offrir enfin un cadre de vie confortable aux populations. Merci au Ministre paré pour cet éclairage sans complaisance. Maintenant passez a l’action. No pitié dans le Faso Nouvel. Vive la revolution actuelle.
Les lignes commencent à Bouger. Je voudrais bien comprendre que du Côté de Wayalghin, il y deux situations à prendre en compte et à analyser :
1. A Côté du Grand Séminaire Saint Jean Baptiste, côté Est, il y a une parcelle allongée qui se termine par une mosquée. Tout le terrain n’est pas occupé et on ne sait pas à qui appartient le reste ?
2. Pas loin de Imagine, il y a une école et une mosquée qui cohabite en plein milieu des habitations, il serait de savoir s’il s’agit d’un endroit dédié ou d’une occupation illégale.
Ailleurs des parcelles ont été transformées en lieu de Culte, Ouaga 2 000 est le dernier exemple pathétique. Désormais les vendredi la voix est fermée pour la prière. Les riverains n’ont pas droit à la parole, à cause de personnes nanties qui ont décidé un jours qu’ils peuvent imposer un lieu de culte malgré les refus des riverains.
Il faut que les hommes forts comprennent qu’il ne sera plus question de tolérer de tels comportement.
Il ne faut pas qu’un jour cela pose problème entre riverains et que les gens décident de régler leur compte. Nous avons besoin d’anticipation. Il est souhaitable de publier le plan d’occupation des espaces pour que les citoyens sachent les espaces réservés aux :
1. Espaces verts,
2. Réserves administrative,
3. Espace Education, santé et culture,
Il faudra répondre à la question suivante aussi : un lieu de culte a-t-il sa place au milieu des quartiers résidentiels ? Quels sont les sanctions prévues contre les contre-venants en cas d’occupation illégale ?
Allez aussi voir a Marcoussis, non loin de l’Ecole Technique Abbe pierre, pour demander ce que devient l’espace dedie au marche. Jai moi-meme vu de mes yeux des personnes venir en grosse voiture pour remesurer l’espace qui etait administrativement dedie au marche. Il faut que l’Etat y jette un coup d’oeil.
Pour les espaces verts, la plupart a été lotie et attribuée à des gens qui avaient déjà des parcelles par des maires cupides qui se foutent éperdument du bien être de la population. Donc, à mon avis, retrait démolition et création d’espace vert et de vie alentour pour les petits commerçants débrouillards déguerpis ( des gens de peu ...vendeuses de haricot, de galettes et autres petits quincaillers) des abords des axes routiers. Estimer et aider ceux qui sont des locataires parce qu’ils n’ont de terrain lotis à se reloger (s’entendre avec les sociétés immobilières agréées).
Trouver les responsables de l’occupation des espaces administratifs et les obliger à participer au dédommagement des occupants. Seul une révolution sans concession peut se permettre ce juste nettoyage. Autrement on vit dans nos quartiers coincé comme des sardines. Alors que nos urbanistes ne sont pas des cons.....
On espère que c’est un pas important vers une prise de décision salutaire pour tout le monde ! Des gens parlent déjà de déguerpissement mais non, il s’agit de permettre à l’État Burkinabè de rentrer dans ses droits et à la communauté nationale de mieux vivre ensemble ! Sur l’ensemble des espaces aujourd’hui illégalement occupés, je parie que la majorité est occupée pour des lieux de culte (avec bien sûr, certaines confessions religieuses en tête du hit parade) et viennent ensuite les occupations par des gens qualifiés à l’époque "d"hommes forts" (essentiellement venant du FRONT POPULAIRE, de l’ODP/MT et du CDP (tous du courant Blaise Compaoré). Alors, qu’on donne des délais à tous les occupants illégaux afin qu’ils libèrent les sites sans incidents ! Ils connaissent bien les procédures mais ils avaient opté de faire autrement parce qu’ils détenaient un pouvoir sans partage ! Le Droit doit s’appliquer à tous et c’est souvent le refus de d’assumer est à l’origine de toutes mes dérives !
Il ne faudra pas oublier les réserves qui ont été attribuées à des particuliers pour en faire des centres de santé, des établissements d’enseignement et autres d’utilité publique et qui sont malheureusement transformées aujourd’hui en des lieux de commerce et autres détournements de destination. Ce phénomène est aussi préoccupant que l’occupation illégale des réserves administratives et espaces verts.
C’est déjà louable de recenser les parcelles détournées de leur destination première. Mais nous voyons aussi des espaces nus depuis des années sans que la mairie ou les délégations spéciales ne fassent quelques petits aménagements là dessus. Il y a un terrain vide sur le prolongement de la voie qui longe le mur des Sapeurs pompiers de kalgondin pour aller vers l’école le Petit monde. Certains disent que c’est un marché, d’autres que c’est une réserve administrative, un terrain de sport etc. Le terrain existe depuis longtemps mais rien n’est entrepris là dessus ne serait ce que la délimitation. En conclusion, commençons déjà à aménager les espaces nus existants tout en recensant ceux qui sont détournés