
Conseil burkinabè des chargeurs : 150 transporteurs et routiers à l’école du Règlement 14 de l’UEMOALa cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation au profit des conducteurs et transporteurs routiers sur la « maîtrise des exigences du transport inter-étatique de marchandises en Afrique de l’Ouest : focus sur le Règlement 14 de l’UEMOA et la sécurité routière » s’est tenue le mardi 4 novembre 2025 à Kaya (province du Sandbondtenga, région des Koulsé). Organisée par le Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), cette session de formation a pour objectif de renforcer les compétences techniques et comportementales des conducteurs et transporteurs routiers. Elle ambitionne également de favoriser une meilleure application du Règlement 14 de l’UEMOA et de contribuer à une amélioration durable de la sécurité routière au Burkina Faso. Il convient de rappeler que le Règlement n°14/2005/CM/UEMOA, qui définit les standards applicables en matière de poids et de dimensions des véhicules de transport routier, constitue un instrument juridique de référence. Il vise à harmoniser les pratiques, à préserver les infrastructures routières et à renforcer la sécurité sur les routes de l’espace communautaire. À ce renforcement de capacités, ils sont venus nombreux, preuve de la pertinence de la thématique. Environ 150 participants ont pris part à cette formation de deux jours.
Le nombre de participants a dépassé les prévisions initiales, signe de la bonne volonté des acteurs du domaine
Malheureusement, en dépit de son rôle déterminant et malgré les efforts d’harmonisation des transports consentis au niveau national et au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le secteur du transport routier inter-États demeure affecté par des contraintes structurelles et des dysfonctionnements persistants. Cette situation entrave durablement son efficacité et limite l’optimisation de sa performance globale. Parmi ces contraintes figurent notamment la surcharge chronique des véhicules ; la non-conformité généralisée aux normes communautaires ; la dégradation accélérée des infrastructures routières et une insécurité routière préoccupante, en particulier sur les principaux corridors de transit.
Les autorités locales ont exprimé l’espoir qu’à l’issue de cette formation, les transporteurs et routiers deviendront des relais de sensibilisation
Il a été constaté que l’application du Règlement n°14 est, à ce jour, incomplète et inégalement observée sur le terrain. Les causes sont liées à l’insuffisance de sensibilisation des acteurs, aux faiblesses dans les dispositifs de contrôle et à un niveau d’appropriation encore perfectible par les opérateurs économiques. « Le transport routier inter-États constitue un pilier essentiel du commerce et de l’intégration économique dans notre sous-région ouest-africaine. Il représente plus de 90 % des flux de marchandises entre les pays membres de l’UEMOA. Malgré cette importance stratégique, le secteur reste confronté à de nombreux défis. L’une des missions du CBC, c’est d’assurer l’approvisionnement du Burkina Faso en diverses marchandises, à de meilleurs coûts, avec célérité et sécurité. Bien évidemment, qui parle d’approvisionnement dans les meilleures conditions de sécurité, parle aussi des conditions d’utilisation des différents corridors de desserte du Burkina Faso. En plus de transmettre l’information sur les normes à respecter, l’objectif de cet atelier est de mener des actions de sensibilisation. Ce règlement permet surtout de préserver des vies humaines, les infrastructures routières et même les camions. Il est donc dans l’intérêt des routiers de l’appliquer correctement », a justifié le directeur du centre de formation du CBC, Jean Noël Kaboré.
Les participants ont posé des questions aux formateurs afin de mieux éclairer leur lanterne sur la thématique
Les remerciements des participants et les félicitations des autorités Les participants à la formation ont remercié le CBC pour cette initiative de renforcement de capacités. Le président des transporteurs du Centre-Nord, Mahamadi Zamkako, n’a pas manqué d’éloges à l’endroit du CBC. Il l’a remercié d’avoir effectué le déplacement au lieu de simplement rester à Ouagadougou. Il a promis que les informations reçues ne resteront pas lettre morte. Mahamadi Zamkako a également souhaité que la collaboration entre les acteurs du secteur et les services de l’État soit désormais plus fluide. Cette initiative a été appréciée positivement par les autorités locales. « Les transporteurs rencontrent de nombreuses difficultés, souvent dues à la méconnaissance ou à l’ignorance. Grâce à cet atelier, les acteurs vont pouvoir se conformer à la réglementation en vigueur, pour la bonne marche du transport et au grand bonheur des populations. Kaya est un pôle de transit. Nous assistons quotidiennement à des départs et des arrivées de camions qui dégradent considérablement la route. Cela est dû à deux raisons : la méconnaissance de la loi et l’incivisme. Grâce à ce renforcement des capacités, les acteurs seront désormais au même niveau d’information sur cette réglementation », s’est réjoui le premier vice-président de la Délégation spéciale de la commune de Kaya, Adama Simporé. SB |