Burkina Faso : Des Afro-descendants en pèlerinage au Mémorial Thomas Sankara
lundi 27 octobre 2025.
Lieu de mémoire et de recueillement, le Mémorial Thomas Sankara continue de susciter l’intérêt des visiteurs venus d’horizons divers. Ainsi, dans le cadre de leur séjour au Burkina Faso prévu du 25 octobre au 8 novembre 2025, plus de 700 Afro-descendants et membres de la diaspora africaine ont visité, ce lundi 27 octobre, le mémorial Isidore Noël Thomas Sankara. Une étape symbolique marquée par des hommages, des échanges inspirants et un geste de solidarité envers le site.
La délégation, composée d’Afro-descendants venus d’Amérique, d’Europe et des Caraïbes, a tenu à rendre hommage au père de la révolution burkinabè, Thomas Sankara, en se recueillant sur le site du mémorial qui lui est dédié.
Cette visite guidée a débuté par le statut du père de la révolution. Là, les visiteurs ont été accueillis par le buste droit et sobre du père de la révolution, ainsi que les silhouettes en bronze de ses 12 compagnons d’infortune.
La visite s’est ensuite poursuivie jusqu’à son bureau, en passant sur les lieux du drame au conseil de l’Entente. À ce niveau, les pèlerins ont pris connaissance de la genèse de l’histoire de la mort du révolutionnaire qu’était le capitaine Isidore Noël Thomas Sankara.
« Nous saisissons l’occasion pour leur présenter le projet du mausolée dans son ensemble ainsi que la campagne "Ma brique pour Sankara" afin qu’ils relaient l’information au monde entier », Étienne Lompo, coordonnateur du projet de construction des infrastructures du mémorial
Cette visite s’est terminée au mausolée, où les Afro-descendants ont pu voir les tombes refaites des 13 victimes d’octobre 1987, puis la Jeep militaire du père de la révolution burkinabè.
Pour Étienne Lompo, coordonnateur du projet de construction des infrastructures du mémorial, cette visite revêt une importance particulière : « Nous sommes heureux de recevoir nos frères de la diaspora sur la terre des Hommes intègres. Leur présence témoigne de l’universalité du message de Sankara et de leur adhésion à la dynamique impulsée par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. »
La visite guidée a permis aux visiteurs de se plonger dans les idéaux du capitaine Thomas Sankara. À cet effet, Priscilla Early Norfolk Virginia, indique que c’est sa première visite en Afrique de même qu’au Burkina Faso. Elle confie être touchée par l’histoire de Thomas Sankara.
« Je suis tellement contente d’avoir pu effectuer le déplacement pour voir ce merveilleux endroit, qui parle du président Sankara », Priscilla Early Norfolk Virginia
« Quand j’ai entendu l’histoire de sa vie et comment il a perdu sa vie, ça m’a brisé le cœur. J’ai vu l’amour qu’il avait pour son pays. Je suis tellement impressionnée de sa vie. J’aurais aimé en savoir plus il y a des années. Mais je suis en train d’apprendre son histoire cette année », a-t-elle laissé entendre.
Il s’est agi également d’une visite riche pleine d’émotions. Dr Robert T. Jackson a exprimé toute son émotion à l’idée de fouler ce lieu historique : « Thomas Sankara est l’un de nos héros, au même titre que Kwame Nkrumah ou Amílcar Cabral. Il a combattu pour la liberté et l’émancipation de l’Afrique. Aujourd’hui, c’est à notre tour de faire notre part », a-t-il confié.
Dr Robert T. Jackson salue la continuité du combat à travers les actions du capitaine Ibrahim Traoré
Du reste, Arikana Chihombori, présidente de l’Institut de développement de la diaspora africaine, indique que le choix s’est porté sur le Burkina Faso à cause du leadership porté par le capitaine Ibrahim Traoré. Pour elle, l’actuel président du Faso est comme l’incarnation du capitaine Thomas Sankara.
« Nous avons choisi le Burkina Faso car, étant donné que le président Ibrahim Traoré a démontré un leadership qui est hors pair, j’ai constaté qu’il faut se rallier derrière cet homme qui est un grand leader, qui veut bâtir son peuple sur des nouvelles bases », a-t-elle fait comprendre.
« Quand nous regardons ce que le président Traoré fait dans ce pays, il est la personnification de tout ce que nous avons souhaité d’un homme africain », Arikana Chihombori, présidente de l’Institut de développement de la diaspora africaine.
La rencontre s’est achevée dans un esprit de fraternité et de partage. En guise de contribution au chantier du mémorial, la délégation a offert un groupe électrogène, une tondeuse, des gants et une machine à découper les briques, etc. Un geste symbolique qui illustre la volonté des Afro-descendants à participer concrètement à l’achèvement de ce lieu de mémoire, véritable pont entre le passé révolutionnaire et l’avenir panafricain.
Plus de 1000 ans se sont écoulés entre le début de l’esclavage des noirs initié par les arabes et pris en relais par les occidentaux notamment les français, hollandais, anglais, ...! Ces afro-descendants sont le symbole vivant de cette barbarie qui est perpétué de nos jours par le racisme contre les noirs, le terrorisme devenu une diplomatie de la recolonisation des États noirs d’Afrique. Parmi les pays promoteurs et bras financiers du terrorisme, il y a les pays de l’OTAN dont le principal champion est l’État français (le Président Nicolas Sarkozy a été le garçon de courses le plus zélé) ! Les discours et les hauts faits des grands dirigeants du monde (Donald Trump, Emmanuel Macron,) doivent décider ces afro-descendants à servir de courroie de transmission entre l’Afrique de leurs ancêtres et les millions de leurs frères pris dans le piège de la vie et qui n’auront la possibilité, faute de moyens, de revenir même pour quelques jours, sur la terre de leurs ancêtres ! La flamme de la lutte pour la liberté allumée de longue date par les panafricanistes tels que Nkrumah, Cabral et tant de leaders, doit être entretenue afin que les jeunes générations puisent achever le processus hérité des Thomas Sankara,. Jerry John Rawlings ! Bon séjour à ces frères de sang au pays de Thomas Sankara !
Merci a ces afro descendants venu se ressourcer dans notre chaleureux pays. ’Ni Waongo !’
Que nos autorités créent vraiment les conditions pour favoriser l’installation de ceux intéressés au Burkina. Le Ghana a fait pareil.
Ce sont des gens convaincus du panafricanisme et pétries de compétences et d’experiences a partager. Par exemple une cite urbaine avec des commodités importantes peut être construite pour eux et aussi leur offrir des avantages de creation d’entreprise et d’accompagnement.
La visite de plus de 700 Afro-descendants au Mémorial Thomas Sankara, en ce 27 octobre 2025, n’est pas qu’un hommage symbolique : elle incarne un mouvement profond, un retour à la source porteur d’espoir, de dignité et de transformation. Ce geste collectif, venu d’Amérique, d’Europe et des Caraïbes, témoigne d’une quête identitaire assumée et d’un engagement solidaire envers le continent africain.
L’histoire de l’esclavage et de la colonisation a laissé des cicatrices, des incompréhensions et des ruptures douloureuses entre les peuples africains et leurs descendants dispersés. Pourtant, depuis plusieurs décennies, un vent nouveau souffle : celui du réenracinement, de la fierté retrouvée, et d’une diaspora consciente de sa valeur. Ce retour n’est pas nostalgique, il est stratégique, porteur de savoirs, d’expériences et d’une résilience forgée dans l’adversité.
Nombre d’Afro-descendants ont su s’adapter à des environnements hostiles, se faire respecter dans des sociétés souvent marquées par le racisme et les stéréotypes. Leur expertise en matière de résilience, d’organisation communautaire, de leadership et d’innovation sociale constitue une pré-value précieuse pour les États africains en quête de souveraineté réelle. Ils ne reviennent pas les mains vides : ils reviennent avec des outils, des idées, des réseaux et une volonté de bâtir ensemble.
La présence du Noir dans les sphères internationales suscite encore trop souvent moqueries et humiliations. Il est trop vite désigné comme pauvre, moins instruit, ou marginal. Mais cette image s’effrite. Le retour des Afro-descendants, fiers de leur identité et porteurs d’une parole forte, bouscule les récits dominants. Ils incarnent une différence assumée, une altérité féconde, et une capacité à transformer les stigmates en force collective.
Ce retour est une main tendue vers les politiques africaines, vers les institutions, vers les peuples. Il appelle à une reconnaissance sincère, à une coopération équitable, à une écoute active. Nos dirigeants doivent saisir cette opportunité avec discernement et responsabilité. Il ne s’agit pas d’instrumentaliser ce mouvement, mais de l’accompagner, de le valoriser, et de lui offrir un cadre propice à l’épanouissement mutuel.
Le Mémorial Thomas Sankara devient ainsi un lieu de mémoire vivante, un carrefour de réconciliation et de projection. Le retour des Afro-descendants n’est pas un simple pèlerinage : c’est un acte politique, culturel et spirituel. Il nous invite à repenser notre rapport à l’histoire, à la souveraineté, et à la fraternité. Ce vent nouveau mérite d’être salué, soutenu et amplifié.