Enseignement supérieur au Burkina : Une nouvelle ère s’ouvre avec l’adoption de la carte universitaire et du référentiel des formations prioritaires
vendredi 29 août 2025.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation (MESRI) a animé une conférence de presse ce vendredi 29 août 2025 à Ouagadougou, pour présenter deux nouveaux outils : le référentiel des formations prioritaires de l’enseignement supérieur et la carte universitaire du Burkina. Ces échanges avec les médias ont été suivis d’une rencontre sur le sujet avec les gouverneurs de régions.
Cette nouvelle trajectoire procède à la fois d’un état des lieux des universités publiques, auxquelles sont rattachés les centres universitaires et les grandes écoles publiques (notamment dans les offres de formation, les ressources humaines, infrastructurelles) et de la prise en compte des aspirations nationales. Instruit donc de la situation et des enjeux, le gouvernement burkinabè a décidé d’engager le ministère de tutelle à une ambitieuse réforme, qui vise à adopter un référentiel des offres de formation prioritaires et une carte universitaire destinés à restructurer les offres de formation, de sorte à spécialiser chaque université, centre universitaire ou grande école, en tenant compte des spécificités régionales et des formations existantes.
Ici, la conférence de presse avec Pr Samuel Paré (au micro), encadré par le directeur général de l’enseignement supérieur, Dr Roger Lanou (extrême droite) et le directeur de Cabinet du ministre, Dr Honorat Charles Roger Nébié (en lunettes, à l’extrême gauche).
Ces deux outils sont donc des moyens de planification et de développement, qui visent à faire des universités, écoles et centres universitaires, des pôles d’excellence de formation dans des domaines prioritaires définis de manière souveraine par le Burkina Faso, afin de répondre de manière efficiente aux besoins de transformation structurelle de la société et de l’économie burkinabè.
Ainsi, le référentiel des formations prioritaires est un répertoire de neuf domaines, déclinés en 37 mentions, elles-mêmes subdivisées en 485 spécialités. Les offres de formation prioritaires s’inscrivent dans des principales filières : Aéronautique et aérospatiale ; Agriculture, élevage et environnement ; Architecture, urbanisme, arts visuels, design) ; Foncier et Immobiliers, Infrastructures ; Informatique et technologies ; Mines, matériaux et métallurgie ; Nucléaire et Énergies renouvelables ; Sciences médicales et paramédicales.
Le ministre Adjima Thiombiano (au micro) avec à sa gauche, son directeur de Cabinet, M. Nébié et à sa droite, le gouverneur du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, par ailleurs président de l’association des régions du Burkina Faso.
« Le référentiel répertorie les formations universitaires (post-baccalauréat), aboutissant à la délivrance de diplômes de Licence, de Master, de Doctorat, d’Ingénieur de travaux ou Conception, d’Études spécialisées, ou d’autres titres ou qualifications de spécialisation reconnus par le Burkina Faso. Les formations qui y figurent, bénéficient d’un traitement préférentiel dans les politiques et actions publiques de l’État burkinabè ou de ses partenaires », décline le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation, Pr Samuel Paré, principal orateur à la conférence de presse.
La carte universitaire se définit, elle, comme un outil de gouvernance, destiné à permettre la création et le développement de pôles d’excellence régionaux de la formation universitaire au Burkina Faso.
Le ministre Adjima Thiombiano (au premier plan, 3ème à partir de la droite), posant avec ses hôtes (les gouverneurs), au sortir de la rencontre.
La principale innovation de cette carte universitaire est qu’elle procède, selon les conférenciers, à une catégorisation des IESR (Institutions d’enseignement supérieur et de recherche : Ndlr). Ainsi, l’on a d’un côté, les IESR dites spécialisées, au nombre de treize, dont quatre universités (université Lédéa Bernard Ouédraogo, université Daniel Ouézzin Coulibaly, université Yembila Abdoulaye Toguyéni, université Thomas Sankara), deux grandes écoles (École polytechnique de Ouagadougou et École normale supérieure) et sept centres universitaires (Ccentre universitaire de Ziniaré, Centre universitaire de Kaya, Centre universitaire de Tenkodogo, Centre universitaire de Dori, Centre universitaire de Gaoua, Centre universitaire de Manga, Centre universitaire de Banfora ) qui constituent des pôles d’excellence, jouant le rôle de leaders dans certains domaines de formation. De l’autre côté, les IESR dites généralistes, au nombre de quatre uiversités (université Joseph Ki-Zerbo, université Nazi Boni, université Norbert Zongo et université virtuelle du Burkina Faso), habilitées à former dans tous les neuf domaines de formation retenus.
A ces 17 IESR, s’ajoute la future Université polytechnique du Burkina (UPB), qui est en gestation, notamment dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous, et qui est conçue comme une université d’excellence en sciences de l’ingénieur dans des domaines jugés stratégiques par l’État.
L’aboutissement de la spécialisation devrait conduire à la fermeture de 30 offres de formation dont 17 de niveau inférieur ou égal à Bac+3 et 13 de niveau supérieur ou égal à Bac+4 ; proposer à la création de 361 offres de formation dont 18 de niveau inférieur ou égal à Bac+3 et 342 de niveau supérieur ou égal à Bac+4.
Sur ce dernier point, les conférenciers ont expliqué que la fermeture d’une filière ne signifie pas la disparition de celle-ci dans le paysage de l’enseignement, cela peut signifier sa reforme ou sa délocalisation dans un centre universitaire de sa spécialité. Mieux, les dispositions sont prises pour permettre aux étudiants déjà inscrits dans ces filières d’achever le cursus, de faire des options s’ils le souhaitent ou de poursuivre dans la filière dans la région de spécialisation (où elle a été délocalisée).
La conférence de presse a été conduite par Pr Samuel Paré (au milieu).
La conférence de presse a été suivie d’une rencontre entre les responsables du ministère, avec à leur tête le ministre, Pr Adjima Thiombiano, et les gouverneurs des régions. Cette séance a consisté en une présentation de cette nouvelle dynamique voulue par les plus hautes autorités du pays. Le cadre a également permis aux interlocuteurs de mieux cerner non seulement le contenu de ces deux outils, mais également l’enjeu de ce nouvel élan déjà. Tous ont, tour à tour, exprimé leur fierté de voir incarnée cette vision, s’engageant donc à œuvrer avec détermination à sa mise en œuvre.
Selon le ministre Adjima Thiombiano, l’application, qui se veut immédiate et progressive, est déjà effective avec Campus Faso. Aussi a-t-il informé que la carte universitaire va, à moyen terme, s’étendre au privé (pour le moment, l’implémentation se fait au niveau du public). Le ministre exhorte donc tout acteur en quête d’informations, à ne pas hésiter à approcher les structures compétentes, notamment le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI), entièrement disponible pour répondre également à toutes les préoccupations à cet effet.
O.L
Lefaso.net
Vos réactions (12)
par Ludwick, 29 août 2025 23:12
Tout ça est bien fragile en terme de construction intéllectuelle avec en bout de compte de grosses pertes financières. On va, on risque de former des jeunes dans des secteurs bouchés ou bien qui n’existerons jamais. Prenez le temps pour revoir votre copie !
Université Polytechnique du Burkina (UPB) alors qu’il ya l’École Polytechnique de Ouagadougou (EPO) pourquoi ne pas consolider l’EPO ? au lieu de se lancer dans une autre aventure.
Soyons honnête ’’Aéronautique et aérospatiale’’ prioritaire au Burkina ? Non, ce sera l’exemple de millions CFA dépensés pour rien pour former des jeunes qui ne seront jamais employés dans leur domaine etc... et je peux continuer la liste...
M. Ludwick,
L’EPO (école polytechnique de Ouagadougou) va devenir UPB (université polytechnique du Burkina). Donc c’est la consolidation de l’EPO comme ça. Ce qui m’inquiète dans cette carte c’est seulement la distribution des compétences dans les IESR dans leur vrai domaine de compétences et aussi les politiques de développement industriel de notre pays. Cette carte ne fait aucune projection à long terme sur le développement industriel et comment les financements de l’enseignement et la recherche se fera.
@Inconnu :
Vous avez écrit ’’Cette carte ne fait aucune projection à long terme ...et comment les financements de l’enseignement et la recherche se fera’’
Je partage totalement votre point, c’est pourquoi j’ai écrit au début de mon poste que c’est une construction et un projet intellectuellement très fragile et très mal conçu. Le ministre, ses conseillers et autres doivent revoir de fond en comble cette histoire et surtout mettre sur la table combien ça va coûter, bien sûr en terme de milliards... À part les mots, il n y a pas grand chose pour le moment !
Toujours entrain de vouloir ramener les autres à l’ère de l’âge de pierre taillée ou de la pierre polie ! On a aucune volonté à se projeter dans le temps . Il a fallu que certaines nations conçoivent et forment des techniciens de haut vol et plusieurs siècles après que nous courons là-bas pour demander à inscrire nos enfants ! Oui, on veut du " prêt à porter" sans avoir fourni un effort pour concevoir et concrétiser ! Avec ces idées rétrogrades, même dans mille ans nos enfants iront s’inscrire ailleurs aux conditions imposer par les nations qui ont osé dans des domaines jugés peu rentables ! Notre situation actuelle ne nous étonne pas puisque pendant longtemps des responsables voulant être les "seuls spécialistes dans leurs domaines" ont caché des offres de bourses de sorte à ce qu’aucun de leurs concitoyens ne soient comme eux. Les rares bourses qu’ils ont accordées étaient pour leurs propres rejetons et voilà les conséquences aujourd’hui ! Dommage que le negre soit méchant congénital !
c’est écrit, ’’Dommage que le negre soit méchant congénital !’’
Voila quelqu’un de frustré par la vie et par sa vie et qui insulte tous les ’’nègres’’, pauvre toi...
Peut-être qu’il a exagéré ses propos mais il ya une part de vérité : dites dans l’histoire de l’humanité quelle race d’hommes en dehors des negres a pu vendre ses frères pour alimenter l’esclavage des arabes et des blancs pendant des siècles et quelle race d’hommes aujourd’hui continue de tuer ses frères au nom des religions des autres pour les esclavagiser pour toujours ! Frustré, il a le droit de l’être car ce que les peuples noirs vivent dans ce 21eme siècle, aucune race humaine ne l’a vécu et ne la vit en dehors des notes . Rejetés, stigmatisés, torturés, emprisonner, ces noirs sont prêts à s’en prendre à leurs frères dans les aspects de la vie au profit des autres. C’est peut-être pourquoi certains comme cet internaute pense que le noir est nu " méchant congénital" ! Il doit simplement assumer ce qu’il est et ce qu’il fait, quitte à changer sa vision du monde !
Tu ignores l’histoire de l’humanité. pourquoi toujours voir le noir comme la race maudite. le noir a subi, et a été humilié c’est vrai mais tous cela n’est pas souvent de son ressort. Il était dans l’obligation de satisfaire ses bourreaux. Sais-tu que des juifs ont été déportés par des juifs sous le règne hitlerien ? Sais-tu que certains chefs indiens d’Amerique ont facilité la conquête du continent américain par les européens ? ils les ont même aidé à combattre leurs propres frères rien qu’à cause du whisky et certains produits issus de la pacotille. Mais tout ça, aucun juif ni aucun indien ne dise que leur frères juifs ou indiens les ont combatus et les ont livrés à l’esclavage aujourd’hui. Ils ne veulent pas ternir l’image de leur race au plan mondial. Seul l’africain est en mesure d’accuser toujours ses propres frères sans penser aux causes et les obligations qui les ont poussés à satisfaire ces race barbares et inhumaines qui continuent toujours à nous cogner la tête des aux autres.
J’aime cette réforme avec l’introduction de nouvelles disciplines qui puissent répondre aux besoins d’auto suffisance dans tous les domaines de la vie.
Vivement que cela s’étende vite dans le privé.
Plus le temps passe, plus le ministre Thiombiano m’inquiète pour son manque de rigueur ultra- évident. En juin dernier il parlait de numéro vert pour dénoncer les enseignants, si quelqu’un comme lui, dont on dit qu’il a deux doctorats raisonne comme ça je n’ose pas imaginer la suite..
Ma contribution n’a rien contre le ministre Thiombiano que je ne connais pas et que je ne me permettrai pas du juger. Je réponds à ton propos concernant ses deux doctorats que tu évoques. Nous les africains sommes presque toujours émerveillés et complexés devant l’accumulation de diplômes alors qu’accumuler des diplômes dont des doctorats ne signifie pas forcément être plus intelligent, plus innovant ou plus pragmatique même si cela est un atout important dans le parcours d’une personne. Il y a des gens qui n’ont aucun diplôme sinon même qui ne sont jamais allés à l’école du blanc et qui sont dotés d’une intelligence vive et pratique parce que bien formés à l’école de la vie. Mais ces gens sont dit non instruits ou peu instruits à l’école du blanc et ne compteront presque jamais au yeux des décideurs parce que n’ayant pas de gros diplômes et c’est très dommage que nous africains, raisonnions comme ça encore de nos jours. Par contre, ceux qui ont de gros diplômes, on attend d’eux disons la perfection que même eux, n’auront jamais. Vu ta réaction, tu pourrais être de ceux-là. Que ce soit pour le ministre ou pour quelqu’un d’autre, les diplômes acquis sont un atout indéniable mais il n’y a pas que cela. Beaucoup d’autres paramètres sont à prendre en compte. Donc, dire que ce ministre a agit comme ci ou comme ça malgré deux doctorats me semble hâtif comme appréciation à son endroit de mon point de vue.
Pourquoi le modérateur qui aime censurer nos posts laisse passer les commentaires en langues étrangères. Pire, avec la traduction, on se rend compte que cela n’a rien à voir avec le sujet. On n’est pas sur facebook svp
Je trouve que c’est une très bonne initiative. Il faut bien un debut à tout. Le modèle qui existait déjà a quoi de révolutionnaire ? C’est un modèle qui stagne et contribue à exiler la majorité des jeunes du pays, car il n’y pratiquement , voire pas de spécialités ou d’expertise dans nos pays. Tous nos jeunes vont à l’étranger faire des Master, et ne reviennent pas ! Car il n’y a pas de boulot pour eux et ils s’adaptent à leur nouvel environnement qu’ils trouvent plus beau, plus sain, plus de divertissements, plus de livres, plus de connaissances etc... la liste est pléthore contrairement à nos pays. Vous savez la roue tourne, la vie est ainsi, rien n’est figé. Les hommes passent, les civilisations passent. Nous avons eu notre temps de gloire, nous sommes tombés, notre temps d’élévation est désormais là. Ayons la vision, encourageons la, arrêtons de critiquer, peuple africain...rêvons bon sang !
Les débuts sont forcément fragiles et peut etre mal pensé mais on peut s’ajuster, on peut régler, on peut briller, on peut consolider, on peut construire, on peut faire, dès lors que la volonté y est. Et c’est ce que le BF est entrain de faire. Sachez que la VOLONTE est le premier don que le Créateur nous donne. sans la volonté, il n’y a pas d’actions. Et nos générations futurs, nous demanderont "qu’avez vous fait de votre volonté ?" À méditer.
Les autres peuples ne sont pas forcément mieux que nous mais à force de se sentir fort, unique, intelligent, exceptionnel... (la liste est longue) ils le deviennent. C’est un phénomène naturel et avéré.
Alors, changeons nos mentalités, ne soyons plus ceux qui s’autoflagèlent perpétuellement, parce que nous avons peur de l’inconnu, parce que nous pensons que l’africain ne mérite pas le changement ou du moins ne sait pas penser le changement...
Frères et sœurs, encourageons nous.
Pour finir....😀
Une expérience américaine a séparée des élèves intelligents et moins intelligents dans 2 classes différentes. Pendant plusieurs mois on a martelé aux intelligents qu’ils étaient nuls et les autres qu’ils étaient intelligents. Tenez vous bien que la courbe a changé. Les derniers sont devenus les premiers et les premiers sont devenus les derniers.
Donc changeons nos mentalités !