
Intelligence artificielle : Le Burkina Faso lance l’élaboration de son premier plan d’action nationalLe Burkina Faso franchit une étape décisive dans sa marche vers la transformation numérique. Le ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques (MTDPCE) a lancé les travaux de l’atelier d’analyse situationnelle en vue de l’élaboration du Plan d’action national sur l’intelligence artificielle 2026-2028. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Pr Borlli Michel Jonas Somé, secrétaire général dudit ministère, en présence du Dr Yaya Traoré, secrétaire permanent de l’innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (SPIVTEN). Si l’IA peut devenir un levier de modernisation et d’innovation dans des secteurs vitaux comme la santé, l’agriculture ou l’éducation, son déploiement se heurte encore à des défis majeurs. Lors de son allocution, le secrétaire général du ministère de la Transition digitale, Pr Borlli Michel Jonas Somé a d’abord, transmis les encouragements de la ministre, tout en saluant la mobilisation des acteurs venus d’horizons divers. Institutions, monde académique, secteur privé, société civile et partenaires techniques et financiers, ont répondu présent à cette invitation d’apporter leur pierre à l’édifice. Selon lui, cette diversité illustre la prise de conscience collective que l’intelligence artificielle est une chance à saisir pour le développement du pays.
« Dans les pays les plus avancés, l’IA transforme déjà les manières de produire, d’apprendre, de soigner, de communiquer, de gouverner », Pr Borlli Michel Somé, secrétaire général du ministère de la Transition digitale
Six piliers pour bâtir une vision nationale Le futur Plan d’action national sur l’intelligence artificielle (2026-2028) repose sur six axes prioritaires qui traduisent la volonté du Burkina Faso d’adopter une approche pragmatique et orientée vers l’impact. Le premier défi consiste à développer les infrastructures et la connectivité, socle indispensable pour toute innovation numérique. Vient ensuite la nécessité de mettre en place une gouvernance robuste des données, considérées comme la matière première de l’IA, afin d’assurer leur disponibilité, leur qualité et leur protection. Dans la même dynamique, le plan entend renforcer le capital humain en dotant les chercheurs, les jeunes et les décideurs des compétences nécessaires pour comprendre, développer et exploiter l’intelligence artificielle.
Les participants à l’élaboration du premier plan d’action national sur l’IA au Burkina Faso
Dans son mot de bienvenue, le Dr Yaya Traoré, secrétaire permanent de l’innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (SPIVTEN), a exprimé toute sa fierté et sa gratitude envers les participants mobilisés pour l’atelier national d’analyse situationnelle sur l’intelligence artificielle. Pour lui, cette forte mobilisation traduit l’engagement collectif à accompagner le développement de l’IA au Burkina Faso, dans un contexte où cette technologie s’impose comme un moteur incontournable de transformation. Il a rappelé que l’enjeu de cette rencontre est de bâtir, de façon concertée, les bases solides d’un Plan d’action national capable d’orienter l’usage de l’IA en faveur du développement socio-économique du pays. Revenant sur le caractère décisif du moment actuel, Dr Traoré a souligné que l’intelligence artificielle est en train de redéfinir en profondeur les pratiques dans tous les secteurs. Face à cette révolution, il estime impératif pour le Burkina Faso non seulement de maîtriser cette technologie, mais aussi d’anticiper ses défis et de saisir ses opportunités. À travers ce diagnostic partagé et l’identification d’actions prioritaires à fort impact, il nourrit la conviction que les réflexions menées permettront d’aboutir à des résultats significatifs.
Le Dr Yaya Traoré, secrétaire permanent du SPIVTEN, a souhaité que l’atelier soit un espace d’échanges riches et constructifs, porteur de solutions concrètes et d’espoirs nouveaux pour l’avenir numérique du pays
Pour le Pr Somé, les six piliers sur lesquels repose le plan d’action en élaboration, traduisent la volonté du Burkina d’adopter une approche pragmatique et centrée sur les besoins réels des citoyens. L’objectif est de faire de l’IA un levier d’inclusion sociale, de souveraineté et de compétitivité économique. Une démarche inclusive et participative Au-delà des orientations techniques, le responsable a insisté sur la démarche adoptée : une élaboration participative et inclusive, impliquant l’ensemble des forces vives de la nation. « L’IA n’est pas l’affaire des seuls informaticiens. Elle concerne tous les secteurs et toutes les professions », a-t-il martelé, invitant les participants à être exigeants, critiques et constructifs. L’atelier devra déboucher sur un diagnostic partagé du niveau de préparation du Burkina Faso en matière d’infrastructures, de compétences, de réglementation et d’innovation. Il s’agira aussi de définir des priorités d’application concrètes dans les secteurs clés, avec en ligne de mire la production d’un premier canevas du Plan d’action national. Vers un avenir numérique souverain et inclusif En clôturant son discours, le secrétaire général du MTDPCE a lancé un appel solennel à l’engagement collectif. « L’avenir numérique de notre pays dépend de notre capacité à construire ensemble un plan d’action sur l’IA crédible, ambitieux et applicable », a-t-il souligné. Le lancement de cet atelier marque ainsi le début d’une étape historique pour le Burkina Faso, qui entend transformer ses contraintes en opportunités grâce à l’intelligence artificielle. Avec le concours de toutes les parties prenantes, le pays espère bâtir une vision réaliste, porteuse d’innovation et d’inclusion, pour faire de l’IA un véritable moteur de progrès et de souveraineté. Hamed Nanéma |