
Intelligence artificielle : « Nous devons travailler à profiter au maximum des avantages de l’IA », pense Abdoul-Rachidi TapsobaIl est vrai que quand on pense à la façon dont l’Intelligence artificielle (IA) est utilisée pour faire de la désinformation de masse sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement en Afrique, on a le droit d’en avoir peur et de la craindre Comme toute avancée scientifique et technologique, l’IA a ses avantages et ses inconvénients. Mais je pense que nous devons travailler à profiter au maximum des avantages de l’IA tout en réfléchissant à la façon de minimiser ses inconvénients. Tous les spécialistes du domaine sont unanimes sur le fait que l’IA est un outil qui peut contribuer fortement au développement socio-économique du continent africain, pour peu que les Africains s’y intéressent. Pour cela, il faut se former à l’usage des outils d’intelligence artificielle. En attendant que nos États adoptent des politiques publiques sur la question et mettent en place des cadres adéquats pour cette formation, chacun peut, individuellement, grâce à sa curiosité personnelle, commencer à apprendre à utiliser les outils de l’IA, surtout ceux qui relèvent du domaine d’activité auquel il s’intéresse. Aujourd’hui, une personne soucieuse de renforcer ses capacités intellectuelles et professionnelles, d’améliorer ses compétences, de comprendre le fonctionnement de la technologie contemporaine, ne peut pas se permettre de se mettre en marge de l’usage des outils d’intelligence artificielle. Vous pouvez décider de vous en passer en toute liberté, mais ça sera à vos risques et périls. De nos jours, les analphabètes de notre époque ne sont plus ceux qui ne savent ni lire, ni écrire, ni utiliser l’outil informatique, mais ceux qui ne sauront pas utiliser les outils d’intelligence artificielle. Il est devenu courant de voir, de nos jours, des personnes âgées qui étaient réfractaires à la technologie, utiliser de plus en plus de smartphones, même si on sent qu’elles ont assez de mal à bien les utiliser. Il y en a qui n’avaient pas un compte e-mail qui ont maintenant des comptes sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas forcément parce qu’elles ont le choix mais elles sont un peu obligées de faire avec les réalités technologiques du moment. Quand on aborde cet aspect de la question, beaucoup de personnes pensent immédiatement à la facilité que pourraient développer les élèves et étudiants à tricher si on leur permet d’avoir accès à l’IA. D’autres disent que cela peut contribuer à baisser leur niveau parce qu’ils ne feront plus d’efforts considérables. En dehors des évaluations sur table (devoirs, examens et concours), on doit encourager les lycéens et étudiants à avoir recours à certains outils d’intelligence artificielle dans le cadre de leurs exercices de maison et autres recherches, notamment les exposés. L’élève ou l’étudiant qui est intelligent, lorsqu’ il soumet un exercice ou une question à l’IA, doit plus s’intéresser au raisonnement et analyser la qualité de la réponse donnée par l’IA en la confrontant à ses propres connaissances et celles contenues dans les ouvrages, au lieu de simplement se contenter, par facilité, de la réponse qui lui est donnée. Une personne intelligente qui a appris à bien connaître les outils d’intelligence artificielle sait qu’ils ne doivent pas faire son travail à sa place mais doivent l’aider à être plus performant que la personne qui n’a pas eu recours à l’IA. Il est temps que nous arrêtions de penser, comme ce fut souvent le cas en Afrique, que pour faire un très bon travail, il faut trop souffrir et passer énormément de temps dessus. Les temps ont changé et les outils d’intelligence artificielle sont justement créés pour remettre en cause cette idée. L’un des objectifs de la science, depuis ses origines, a toujours été d’améliorer et de faciliter certains aspects de notre vie quotidienne. Ce n’est donc pas un péché de profiter pleinement et sainement des progrès scientifiques et techniques. Nous ne devons pas commettre l’erreur de nous mettre en retard en matière d’intelligence artificielle sous le fallacieux prétexte d’un prétendu attachement aux valeurs culturelles africaines. Nous ne devons pas oublier, même si cela nous a sciemment été caché, que certains des premiers grands scientifiques étaient des Noirs. Abdoul-Rachidi TAPSOBA de Toécé Vos réactions (15) |