AES : La marche vers la mise en place d’un parlement confédéral
lundi 11 août 2025.
La dynamique de mise en place des institutions de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) se poursuit et se renforce à travers divers niveaux. C’est dans ce sens que Ouagadougou abrite, du 11 au 15 août 2025, une réunion des parlements du Mali, du Niger et du Burkina Faso autour d’une mission précise : élaborer des avant-projets de textes relatifs aux sessions confédérales.
La rencontre s’est ouverte sous la présidence du président de l’Assemblée législative de transition (ALT), du Burkina Faso, représenté par le IVe vice-président de l’institution, Daouda Diallo. Il avait à ses côtés, les chefs des délégations hôtes ; Raky Talla Diarra, Ve vice-président du Conseil national de transition (CNT), du Mali, et le colonel Inoussa Nomao, IIè vice-président du Conseil consultatif de la refondation (CCR), du Niger.
« A l’heure des grands ensembles et de la mondialisation, notre sous-région, à mon sens, se doit de comprendre, une bonne fois pour toute, que nos micro-États, pris individuellement, pourront difficilement accéder à un développement durable et créer des conditions de vie meilleure auxquelles aspirent légitimement nos populations. La seule alternative qui nous reste est donc l’intégration régionale et sous-régionale vraie ; non pas seulement celle qui est voulue mais, surtout celle qui est réellement vécue au quotidien par nos populations. C’est en cela que la confédération AES trouve toute sa justification et doit faire école dans la sous-région. Aujourd’hui, plus que jamais, notre salut individuel et collectif réside dans la manifestation d’une forte solidarité et d’une inclusion tant prônées par nos devanciers, seule manière pour nous de leur rendre hommage », a exposé le IVè vice-président de l’ALT, Daouda Diallo, rappelant que cette concertation découle de la volonté commune des trois chefs d’Etat de mettre en place des sessions des parlements de l’AES.
Selon M. Diallo, cette rencontre s’inscrit aussi dans une dynamique historique de refondation des États, où les parlements confédérés ont un rôle central à jouer dans la concrétisation de la vision partagée d’indépendance, de souveraineté et de développement harmonisé.
Ici, le praësidium de l’ouverture des travaux, avec de g.à d. : les chefs de délégations Raky Talla Diarra, Daouda Diallo et colonel Inoussa Nomao.
Pour Raky Talla Diarra, Vè vice-président du Conseil national de transition (CNT), chef de la délégation malienne, dans la dynamique de prendre en main son destin, mutualiser les efforts et parler d’une seule voix, mettre en place le parlement confédéral n’est pas une simple formalité juridique ; il est le garant du contrôle démocratique, de l’harmonisation législative et de la représentation des peuples du Sahel au sein du nouveau cadre de gouvernance. « Cette démarche répond à une tri-exigence, à savoir planifier les modalités de désignation et le mandat des représentants parlementaires confédérés ; dessiner les règles de fonctionnement et de fréquence des sessions ; élaborer les projets de textes, notamment le protocole additionnel et le règlement intérieur qui encadreront cette instance », décline Mme Diarra, précisant que par ce cadre, il ne s’agit pas seulement de rédiger des textes, mais de poser les fondations d’un parlement confédéral porteur d’une vision panafricaine et panafricaniste, audacieuse, « s’inspirant de nos réalités, de nos aspirations et de nos responsabilités ».
Chaque parlement a réaffirmé son engagement pour la réussite de ce processus.
Dans son message, le chef de la délégation du Niger a, lui, souligné que cette réunion constitue une étape déterminante dans la consolidation des institutions confédérales. « Nos trois États partagent une histoire commune, des liens séculaires et une fraternité forgée dans les épreuves comme dans les victoires. Aujourd’hui, face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux, nous avons le devoir d’inscrire cette fraternité dans un cadre institutionnel solide, garant de notre souveraineté et de prospérité partagée », a exprimé Inoussa Nomao, IIè vice-président du Conseil consultatif de la refondation (CCR).
Au-delà de l’élaboration des textes, poursuit-il, cette réunion doit permettre de renforcer la concertation tripartite, mettre en commun les expertises et de porter ensemble les initiatives en faveur de la souveraineté et de l’intégration des territoires. « En conjuguant nos efforts, nous bâtirons une confédération plus forte au service de la paix, de la stabilité et de la prospérité partagée », exhorte le colonel Inoussa Nomao.
La cérémonie d’ouverture a fait place aux travaux qui dureront jusqu’au 15 août 2025. Ils s’achèveront par la remise au président de l’ALT par les chefs de délégations, du rapport final.
En attendant, notons que chaque délégation comprend six représentants parlementaires et six fonctionnaires parlementaires (experts en légistique, procédure parlementaire, diplomatie ou intégration régionale).
O.L
Lefaso.net
Vos réactions (8)
par Albert, 12 août 2025 05:08
Et sinon, des parlements AES élus par les peuples du Sahel, c’est pour quand ?
"nos micro-États, pris individuellement, pourront difficilement accéder à un développement durable et créer des conditions de vie meilleure auxquelles aspirent légitimement nos populations", c’est donc pour cela que nous avons décidé de quitter la CEDEAO...? "le parlement confédéral n’est pas une simple formalité juridique ; il est le garant du contrôle démocratique..." Quelle démocratie y-a-t ’il à contrôler en AES...? Quel apport pour la lutte contre le terrorisme djihadiste qui nous endeuille quotidiennement ? Combien cela va-t-il couter à nos populations en difficulté ? La législation de l’AES sera-t-elle supérieure aux législations nationales, comme c’est généralement le cas dans les fédérations ?...
Il faut un vrai parlement confédéral et non un regroupement de parlementaires nationaux. Sinon il n’y a pas de plus value. Cela évite que chacun essai de tirer la couverture vers son pays s’ils viennent en tant que parlements nationaux. Ils seront juste des représentants de leur parlement respectif qui est différent de parlementaires confédéraux. Quand on veut une intégration des peuples, il faut laisser les peuples de l’espace confédéral choisir leur représentant à l’assemblée confédérale. Sinon ce sera une occasion de bonifier simplement les émoluments de certaines personnes. Déjà que la représentativité de ces personnes pose problème.
Parfaitement d’accord avec vous. Il faut un vrai parlement qui ne sera pas simplement là pour donner des avis consultatifs au lieu de voter, comme il se doit, des lois contraignantes pour les États et leurs autorités. Il faut que ces parlementaires soient de véritables élus des populations AES. Sans ces conditions l’AES ne seras qu’une affaires des chefs d’état avec les les mêmes faiblesses que celles qui sont reprochées à la CEDEAO. L’AESdoit se donner des fondements solides émanant des peuples car, qu’on le veuille ou pas les individus passent et les peuples demeurent.
Parfaitement d’accord avec vous. Il faut un vrai parlement qui ne sera pas simplement là pour donner des avis consultatifs au lieu de voter, comme il se doit, des lois contraignantes pour les États et leurs autorités. Il faut que ces parlementaires soient de véritables élus des populations AES. Sans ces conditions l’AES ne seras qu’une affaires des chefs d’état avec les les mêmes faiblesses que celles qui sont reprochées à la CEDEAO. L’AESdoit se donner des fondements solides émanant des peuples car, qu’on le veuille ou pas les individus passent et les peuples demeurent.
Un Sénat interrégional ? Mazette, chers amis, j’en suis tout ébaubi. Que les Créateurs de l’Univers, des Paradis, des Enfers et des Purgatoires en soient infiniment loués ... Moi qui croyais que les institutions démocratiques étaient des trucs vicieux. Oui, ces sournoises horreurs impérialistes créées pour embêter les peuples vraiment panafricains, ceux qui préfèrent se libérer de l’infecte démocratie leucodermeuse par le sain autoritarisme de brillants visionnaires à bottes et ceinturon.
Bon, allons, ne soyons pas trop radins, disons 120 sénateurs pour les 3 pays, donc 40 pour le BF ; ces braves gens vont travailler intensément, donc, disons 2,5 millions CFA par mois pour chaque, 100 millions par mois pour le tout, 1,2 milliards d’indemnités sénatoriales à régler chaque année par le BF ; je ne vais pas être sordide en évoquant les billets d’avion et les « PER DIEM », Bamako-Niamey à vélo, c’est bon pour les poumons. Donc, OK, 1200 millions par an, une paille, ça se trouve facilement sous le sabot d’un cheval, pardon !, d’un étalon...
Au moindre signe de regroupement qui peut menacer les intérêts de certains clans, on entend leurs cris de hiboux effrayés ! Rein de plus normal car tout ce qui est démocratie et démocratique doit venir de chez eux ! Malheureusement le monde ne répond plus à leur claquement de doigts et rien que ça leur donne des maux de tête et des indigestions ! Reste simplement à observer certains s’agiter jusqu’à leur dernière énergie avant de s’éteindre et disparaitre dans la masse des ceux qui ont toujours pensé mettre le monde entier au pas !