
« L’appel des 80 » : 80 journalistes africains interpellent la France sur la surveillance subie par leur confrère Seidik AbbaDe Dakar à Niamey, d’Addis-Abeba à Johannesburg, 80 journalistes du continent africain, se mobilisent pour leur confrère Seidik Abba, exerçant en France depuis 2001 comme correspondant de la presse étrangère, journaliste puis analyste et écrivain. Parmi les signataires de l’Appel, figurent de grands noms du journalisme africain. Les communications de Seidik Abba -sms, téléphone et email- sont surveillées en dehors de toute base légale. « Je suis à la fois ravi et soulagé de voir à mes côtés des dizaines de consœurs et confrères du continent mobilisés et déterminés à dénoncer l’injustice que je subis, » a déclaré Seidik Abba. Les journalistes d’Afrique et d’ailleurs adressent cette lettre ouverte aux autorités françaises. Ils y rappellent que la mise sur écoute et la surveillance d’un journaliste aussi talentueux que Seidik Abba constituent une répression morale inadmissible qui doit cesser. Nous, journalistes africains, soussignés, appelons par la présente lettre ouverte, solennellement les autorités françaises à bien vouloir faire toute la lumière sur la surveillance que subie en France, M. Seidik Abba, journaliste et écrivain nigérien exerçant depuis plusieurs années dans le pays. Plusieurs éléments factuels rassemblés attestent en effet de cette surveillance incluant l’interception de toutes les communications (sms, téléphone et email) de notre confrère Seidik Abba qui fut accrédité en 2007 auprès du Quai comme correspondant de l’Agence panafricaine d’information (Panapress) et a couvert pendant la même période le palais de l’Elysée, après l’obtention de sa carte de presse, avec l’aval du ministère français de l’Intérieur. Nous, professionnels des médias, estimons que bien au-delà de l’agenda d’entrave à l’épanouissement professionnel et personnel de M. Abba qu’elle envisage, la surveillance d’un journaliste professionnel, a fortiori de ses communications, en dehors de toute procédure, est une atteinte gravissime à la liberté de la presse, pierre angulaire de toute démocratie. En l’absence d’une clarification totale et urgente de votre part, vous les autorités françaises, nous serons fondés à croire que votre pays s’est désormais inscrit dans la démarche d’exercer des représailles contre un journaliste dont la production éditoriale, les analyses dans la presse ainsi que les chaînes de radio et télévision ont pu déplaire. Nous, les soussignés, considérons, en tout état de cause, que si la France veut continuer à garder dans nos pays et à travers le monde une posture légitime pour porter haut le message de la défense de la liberté de la presse et de la démocratie, elle doit faire sans tarder toute la lumière sur la surveillance subie sur son territoire par notre confrère Seidik Abba, professionnel connu, reconnu, unanimement respecté dans la profession. Par ailleurs, nous envisageons user de nos moyens légaux pour que les intérêts de notre confrère, soient défendus à tous les niveaux des institutions tant africaines, françaises et européennes afin que sa cause soit entendue. SIGNATAIRES Vos réactions (5) |