
Sahel : Les acteurs du Liptako-Gourma tracent la voie du relèvement et de la stabilisation communautaire à OuagadougouLe Comité régional de coordination (CRC) du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) a ouvert ce lundi 7 juillet sa première réunion de l’année 2025 à Ouagadougou. Présidée par le gouverneur de la région du Sahel burkinabè, Abdoul Karim Zongo, cette rencontre de haut niveau marque une étape cruciale dans la consolidation de la coopération régionale en faveur des zones frontalières du Burkina Faso, du Mali et du Niger. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont la secrétaire exécutive de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma, Hawa Aw, et le secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances, Vieux Abdoul Rachid Soulama. Réunis dans la capitale du Burkina Faso, les représentants des trois États membres de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG), les gouverneurs des régions frontalières, les membres du CRC, la Banque mondiale et plusieurs autres partenaires techniques et institutionnels, ont répondu à l’appel d’un avenir commun à construire sur les ruines d’un passé douloureux. Dans son discours d’ouverture, le gouverneur du Sahel, Abdoul Karim Zongo, a rappelé les objectifs de cette première session, dans un contexte où les crises sécuritaires, les déplacements massifs de populations, les chocs climatiques et la précarité sociale continuent de ravager la région. Un projet structurant au cœur des fragilités Le PCRSS, financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par des unités d’exécution dans chaque pays et au sein de l’ALG, se veut une réponse concertée, transnationale et holistique à l’effondrement du tissu social et économique dans les zones frontalières du Liptako-Gourma. « Nous sommes réunis ici pour porter collectivement un regard lucide, responsable et stratégique sur ce projet structurant et vital pour les communautés de nos zones frontalières, qui subissent depuis trop longtemps les effets cumulatifs des conflits, du changement climatique, de la pauvreté et de l’exclusion sociale », a relevé le gouverneur du Sahel, Abdoul Karim Zongo.
« Notre réponse doit être coordonnée, solidaire et transfrontalière », Abdoul Karim Zongo. gouverneur du Sahel au Burkina
C’est dans cette optique que le Burkina Faso, désigné à Bamako en décembre 2024 pour assurer la présidence du CRC au titre de l’année 2025, accueille cette session. Elle va permettre notamment d’évaluer la mise en œuvre du plan d’actions 2024, de valider les principales recommandations de la session précédente, de discuter les résultats de la revue à mi-parcours dans les trois pays et de poser les jalons pour les futures actions. 285 000 kits d’articles ménagers pour le relèvement des communautés Déjà, au Burkina Faso, la revue à mi-parcours du PCRSS a permis d’évaluer l’état d’avancement des activités sur le terrain. À ce stade, le taux de réalisation physique dépasse les 50%, tandis que le taux d’exécution financière avoisine les 48%, a souligné le coordonnateur dudit projet, Boulaye Sanogo.
« Le financement du PCRSS au Burkina Faso est estimé à 75 milliards de francs CFA pour une durée de 5 ans », Boulaye Sanogo, coordonnateur du PCRSS au Burkina
Selon lui, les actions menées ont porté sur plusieurs axes. L’on note la distribution de plus de 285 000 kits d’articles ménagers pour le relèvement des communautés, l’appui aux activités génératrices de revenus (dotation en animaux, équipements de tissage, savonnerie, etc.), la construction et l’équipement d’infrastructures scolaires et sanitaires. À cela s’ajoute la dotation de centres de santé en produits essentiels. Des réalisations ont également été enregistrées dans le domaine de l’hydraulique (forages, AEPS) avec des perspectives d’extension à travers la création de boulis et de châteaux d’eau. En appui à la reconstitution du capital productif, des intrants agricoles ont été fournis pour soutenir les campagnes agricoles. Un bilan jugé globalement satisfaisant par le coordonnateur du projet, qui va servir de base pour intensifier les interventions dans les mois à venir.
« Le PCRSS répond aux besoins réels des communautés pour créer de la stabilité dans nos zones frontalières », Hawa Aw, secrétaire exécutive de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma
Un espace de dialogue et de vision partagée « Le CRC se positionne désormais comme un véritable organe stratégique pour aligner les priorités nationales, construire une vision partagée du développement local et de la sécurité humaine dans nos territoires », a insisté le gouverneur Abdoul Karim Zongo. L’édition 2025 entend donner une impulsion nouvelle aux dynamiques transfrontalières en renforçant la synergie des actions, la complémentarité des investissements et l’impact des interventions sur les populations. En effet, au-delà de l’évaluation des avancées, la rencontre ambitionne d’outiller les acteurs avec des instruments modernes. Il est notamment question de présenter la plateforme régionale de gestion des connaissances du Liptako-Gourma, un outil destiné à mutualiser les données, à favoriser le partage d’expériences et à renforcer la redevabilité autour des actions menées dans le cadre du projet.
Conscients des enjeux majeurs, les participants sont appelés à mobiliser toute leur expertise, leur engagement et leur sens du devoir pour examiner avec rigueur les points inscrits à l’ordre du jour
Les travaux de cette première session du Comité régional de coordination s’annoncent d’une importance stratégique capitale pour l’avenir du PCRSS. Il sera aussi question de faire le point sur la validation de la note conceptuelle de la 2ᵉ édition du Forum international annuel sur le développement du Liptako-Gourma (FIA-LG), prévu au cours de cette année. Une solidarité concrète entre États Le gouverneur Abdoul Karim Zongo a salué l’engagement sans faille des représentants des États, des collectivités territoriales, de la société civile et des services déconcentrés qui œuvrent chaque jour à la transformation concrète des territoires, souvent au prix de grands sacrifices. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’endroit de la Banque mondiale, partenaire stratégique du PCRSS, pour son accompagnement technique et financier constant, et à l’ALG pour sa coordination efficace.
La présence remarquée des gouverneurs des régions frontalières, des secrétaires généraux des ministères concernés au Mali et au Niger témoigne de l’importance accordée à cette démarche intégrée et inclusive
La rencontre s’est ouverte sous le sceau d’un espoir partagé, celui de poursuivre la marche vers un Sahel apaisé, solidaire et tourné vers un avenir de dignité et de souveraineté partagées. Car face à des crises qui transcendent les frontières, la réponse doit être régionale, coordonnée, et surtout enracinée dans la résilience des communautés elles-mêmes. Le Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) est une initiative des gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avec leurs partenaires internationaux pour le relèvement économique, la paix et la sécurité aux bénéfices des populations, surtout les plus affectées par ces crises. Avec un financement global de 352,5 millions de dollars, le PCRSS a été conçu pour contribuer au relèvement et à la résilience des communautés dans les zones cibles de la région du Liptako-Gourma à travers une approche régionale soutenant des services et infrastructures socio-économiques intégrés, des moyens de subsistance et du développement territorial, des données et de la coordination régionale. Hamed Nanéma |