Actualités :: District Koudougou : 12 cas de choléra dont 1 décès

Le jeudi 25 août 2005, nous avons fait la situation de l’épidémie de choléra dans le district sanitaire de Koudougou. C’était avec le médecin-chef du district, M. Issaka Ouédraogo. Ce district compte 59 formations sanitaires publiques et partage avec le district sanitaire de Nanoro la province du Boulkiemdé.

Bonjour M. Issaka Ouédraogo. A ce jour, comment se présente la situation épidémiologique du choléra dans le district sanitaire de Koudougou ?

A ce jeudi 25 août, nous sommes à 12 cas notifiés, avec un décès. La répartition de ces cas donne : 2 cas enregistrés au Centre hospitalier régional de Koudougou (CHR), mais ces 2 cas viennent de l’aire sanitaire de Sabou ; 5 cas enregistrés au CSPS de Sabou ; 1 cas au CSPS de Sogpelcé ; 2 cas avec 1 décès au CSPS de Loaga dans le département de Poa ; 1 cas au Centre médical de Koudougou, et 1 cas au CSPS du secteur 7 de Koudougou.

Quand avez-vous enregistré le premier et le dernier cas ?

Le premier cas signalé remonte à la date du 16 août et le dernier cas a été enregistré dans la nuit du 24 au 25 août 2005.

Sabou étant la zone de votre district la plus touchée, quelle explication donnez-vous à cela ?

Sûrement parce que Sabou est situé sur un grand axe, notamment l’axe Ouaga-Bobo, et qu’il y a de perpétuels va- et-vient, des arrêts de passagers entraînant des contacts humains. Ceci peut expliquer la fréquence des cas, sinon nous n’avons pas d’autres raisons particulières.

Comment se fait la prise en charge des cas déclarés ? Est-elle gratuite ?

La prise en charge est entièrement gratuite pour tout cas suspect ; de même qu’elle l’est pour les personnes qui ont été en contact avec le malade. Ceci jusqu’à la fin du traitement.

Peut-on savoir comment se manifeste le choléra ?

Les signes majeurs sont la diarrhée. Les selles sont liquides et afécales, c’est-à-dire sans matières fécales. La diarrhée peut s’accompagner de vomissements, d’une faiblesse musculaire et d’une déshydratation rapide. Si rien n’est fait, cette déshydratation peut causer la mort dans les 24 heures ; ce qui implique une prise en charge rapide du malade afin d’éviter le pire.

Quelles sont les mesures que vous avez prises pour prévenir ou ralentir, voire stopper le phénomène ?

Les mesures de prévention passent d’abord par la surveillance au jour le jour, c’est-à-dire faire chaque jour la situation des cas enregistrés ; le renforcement des moyens de prise en charge ; l’information des agents de santé sur les manifestations et les directives de prise en charge. Au niveau provincial, la structure chargée de la gestion des épidémies (COPROSUR) s’est réunie pour faire l’état de la situation et adopter des mesures de lutte.

Nous avons des messages de sensibilisation qui passent dans les radios locales, et une émission a été organisée sur les antennes d’une de ces radios. Je n’oublie pas les autres mesures d’éducation sanitaire que font les agents auprès du malade, ses accompagnateurs et son entourage pour l’hygiène individuelle et collective. Quand le malade arrive, il est mis en isolement et on limite les visites au strict minimum.

Le choléra étant une maladie liée au manque d’hygiène, est-ce que des sorties sont organisées auprès des restaurateurs en vue de les sensibiliser ?

Oui, des sorties ont été organisées, surtout à Sabou, auprès des différents restaurateurs.

Au quotidien, quelles sont les précautions que la population doit prendre pour éviter cette maladie ?

C’est notamment le respect des mesures d’hygiène. il faut manger des aliments propres, de préférence, manger des repas chauds ; dans le cas contraire, il faut les réchauffer avant de les consommer. Avant de manger, il faut bien se laver les mains au savon, faire de même après les selles.

Eviter de faire les selles à l’air libre car, cela peut être source de contamination. Il faut aussi que les restaurateurs s’entourent des normes d’hygiène, que le repas soit couvert, les récipients bien propres et bien laver les fruits et légumes avant consommation.

Le choléra ayant un vaccin, y a-t-il des mesures précoces pour son administration à la population ?

Il y a bien un vaccin, mais il ne protège pas pendant une longue période. Aussi, il n’est pas financièrement accessible. Il est surtout recommandé pour les voyageurs. Son coût et sa faible durée de prévention font qu’il n’est pas envisageable de l’administrer à la population comme c’est le cas d’autres maladies.

Avez-vous un appel à lancer ?

C’est demander à l’ensemble de la population de se mobiliser, car cette lutte est multisectorielle. Elle n’est pas seulement l’affaire des seuls agents de la santé. Il faut une action collective. Que ce soit à travers les organes de presse, les lieux de prière, les lieux de travail, tout lieu de rassemblement ou à la maison, chacun doit contribuer à la sensibilisation. Avec les actions déjà entreprises par les autorités provinciales et régionales, chacun en y mettant du sien, nous pouvons vaincre le choléra.

Interview réalisée par Cyrille Zoma

L’Observateur

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