Actualités :: Opération "Coup de poing" : Cinq mineures prises au Calypso

Dans la fermeté et la courtoisie, l’équipe de Norbert Ouédraogo a fouillé le Calypso bar night club de fond en comble : ici, une vue de l’ambiance qui régnait à l’arrivée de la mission “coup de poing”.

24 h 20 mn, une équipe de l’opération coup de poing conduite par l’officier Norbert Ouédraogo entre dans l’enceinte du Calypso bar night club, sis au secteur N°4 Koulouba, rue Houari Boumedienne à Ouagadougou. L’opération aura duré une vingtaine de minutes. Après quelques échanges verbaux avec “le patron des lieux”, quitus est donné aux policiers de procéder au “contrôle spécial”. Dans le night club, l’ambiance était au couper-décaler, version David Tayrault, Doug Saba, Dj Serpent noir...

La boîte de nuit est pleine comme un œuf. Les uns esquissent des pas de danse, les autres, tout en écoutant “les bons sons”, lèvent plutôt le coude.

D’autres encore observent la bouteille de bière ou de vin “moussé” déposée sur la table. La salle dégage une odeur de fumée et d’alcool.

Une atmosphère qui n’entamera en rien le travail de l’officier Norbert Ouédraogo et ses hommes. Entre musique, alcool et accoutrement “sexy”, c’était la traque aux mineures, aux racolleuses et aux sans papier d’identification. Au terme d’une fouille “munitieuse”, cinq mineures sont interpellées.Le débat faillit s’échauffer quelque peu avec la cinquième jeune fille, interpellée.

“Montrez-nous, vos pièces mademoiselle”, a demandé un policier à l’infortunée. “J’ai ma pièce avec moi. Je me suis retirée pour la prendre dans mon sac”, a-t-elle laissé entendre d’une voix affectée. “Ecoutez, nous ne sommes pas là pour nous amuser. Elle a fui pour se cacher dans la salle du night club”, a martelé un élément de la mission.

Au Calypso, comme dans la plupart des boites de nuit, c’est la parole libre, sans sujet tabou. Et le sexe est au rendez-vous, des conversations. “Mon frère, tu as quel préservatif. Avec le temps qu’il fait aujourd’hui (NDLR, il a plu) il vaut mieux se préparer”, a dit un client au tablier posté devant le Calypso. L’homme repartira avec un paquet de “condoms” pour ...

“L’opération coup de poing” entend interpeller tous mineurs non accompagnés qui fréquentent les débits de boisson. “Nous avons constaté que des mineurs fréquentent les débits de boisson. Les moins de 18 ans, ne sont pas autorisés à fréquenter ces lieux. Parmi les interpellées, du Calypso, existent des filles ayant l’âge majeur qui ne possèdent pas de carte d’identité.

Prises dans les filets, ces filles ont été conduites au commissariat de police de Ouagadougou.

A 1 heure du matin, cela est inadmissible, certains parents ne se rendent même pas compte de l’absence de leur enfant”, a expliqué l’officier Norbert Ouédraogo. Intérreogé,sur la nuit de l’opération, il a affirmé que cela relève des prérogatives de la hiérarchie des services de sécurité burkinabè.

S. Nadoun COULIBALY
coulibalynadoun2002@yahoo.fr


“ La plus belle avenue de Ouaga ” entre les bras des “ bambinos”

Le Jimmy’s fermé, l’Avenue Kwamé N’Krumah continue d’accueillir ses visiteurs hors pairs. Professionnelles de sexe, et autres noctambules rejoints par des tout petits, des “ bambinos “ d’à peine quatorze ans animent chaque soir les restaurants Shoz-biz, les maquis Taxi-brousse, Pili-Pili et la boîte de nuit Le Papagayo. Sept de ces gamins ont été “ cueillis “ vendredi nuit par les agents de la police.

Dans cette nuit du vendredi 1er au samedi 02 juillet, l’opération coup de poing menée par le ministère de la Sécurité, irrite les clients des lieux. Mais les policiers n’en ont cure. “ Allez, embarquement ! “ ordonne le plus jeune des policiers. Celle qui, la première à tomber dans les mailles des plats des flics, trémoussait quelques instants plus tôt entre les jambes d’un quinquagénaire européen au physique d’un rugbyman. A peine habillée, la jeune fille est montée sans sourciller à l’arrière de la pick up de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS). Quatre jeunes gens, puis deux autres seront embarqués au bout de quatre va-et-vient des CRS.

Le maquis Taxi-brousse, à cause de la pluie qui s’est abattue sur Ouagadougou cette nuit, n’a pas accueilli comme de coutume, les bambins. La boîte de nuit, le Papagayo n’a rien rapporté aux flics non plus. Seuls les employés ont été soumis au contrôle des cartes nationales d’identité.

A Pili Pili, le danger est vite perçu. Deux professionnelles du sexe ont pris la clef des champs à chaque apparition des CRS. Les toilettes sont des refuges dorés pour ses “ sans papier “. Pendant ce temps, quelques mineurs jouent au “yoyo “ avec les flics. Ils changent de maquis à chaque fois que les CRS les rejoignent.

Pendant ce temps, le gérant de la boite de nuit le Papagayo, Souleymane Kaboré ne cache pas sa colère de n’avoir pas été préalablement informé de l’opération . “C’est une propriété privée, et je ne comprends pas pourquoi on peut venir entrer dans une boite à cette heure-ci sous prétexte de contrôler les pièces d’identité “ se plaint-il. Deux de ses camarades acquiescent de la tête, comme pour partager les reproches formulés par le gérant contre la police.

Qu’à cela ne tienne, le problème explique un habitué des maquis, c’est que les mineures filles viennent toujours en boite en compagnie des personnes adultes.

“ Comment voulez-vous qu’un gérant de maquis jette à la porte un “ vieux père “ qui a amené une petite fille de 16 ans en boîte “, interroge le jeune maquisard, Alain Tapsoba. Pour lui, il faut arrêter les enfants et les hommes qui les amènent en boite.

Tous ces enfants qui devisent chaque nuit dans les maquis et autres bars dancings ont passé une mauvaise nuit de 1 er juillet, mais leurs camarades vendeurs de cartes de recharge de téléphones mobiles, commerçants de kleenex eux-aussi sont des enfants en divagation à Ouagadougou. Le combat est à mener à tous les niveaux en commençant par la cellule familiale, la société et enfin l’Etat.

Romaric Ollo HIEN


Kadama bar dancing

Les « sans » pièces de Kadama bénéficient de transpport « gratuit » pour le camp CRS . « Pas de mineurs chez nous ! » Et pourtant

R. N. ne comprend pas ce qui lui arrive. Agé de moins de 13 ans, il se trouvait ce samedi matin à 00 h 40 au bar dancing Kadama ex 14.9 au secteur n°17 (Pissy) de Ouagadougou. Une heure où normalement les enfants de son âge ne doivent plus se trouver dehors.

L’ambiance était loin d’être bon enfant dans la nuit de vendredi à samedi au bar Kadama, bar dancing ex-14.9. En effet, une escouade de policiers de CRS et de police municipale menait cette nuit-là une opération spéciale destinée à traquer tous les mineurs. C’est-à-dire tous ceux qui étaient âgés de moins de 18 ans et qui se trouvaient hors du domicile paternel. Tout comme les racoleurs n’étaient pas épargnés par cette opération. A Kadama bar dancing ex-14.9 donc, à minuit passé, le bar était bouclé. A l’intérieur les forces de l’ordre conduites par l’assistant Yaya Tarnagda procédaient aux vérifications. Tous ceux et toutes celles qui n’avaient pas leurs pièces d’identification étaient mis de côté. Tous ceux et celles qui avaient les leurs mais âgés de moins de 18 ans également. A ce jeu de sélection près de 24 filles sont tombées dans les nasses de la police.

Avec elles quelques mineurs dont le jeune R. N. qui avoue être là depuis seulement deux mois. « Tous les soirs, je viens ici pour aider à nettoyer les verres » dit-il. Pour les policiers, il n’y a pas le temps. Surtout qu’une pluie s’est abattue sur la ville et gêne un peu l’opération. Néanmoins le ton reste ferme. Les agents ordonnent à toutes les filles arrêtées et embarquées de « bien vouloir quitter les sièges pour leur laisser leur place. A côté, des amis courent chercher les pièces de celles qui sont obligées de suivre la police. A partir de cellulaire, des parents sont informés. Des responsables du bar tentent une négociation, arguments « massu » à l’appui. Puis après le départ des policiers, c’est la colère. « Nos filles ne sont pas des mineures. Elles ont toutes plus de vingt ans. Pour des questions de sécurité, elles viennent au boulot sans leurs pièces », avoue impuissamment Kafando qui fait office de gérant. Cela paraît tout de même paradoxal que les filles laissent leurs pièces à la maison pour raison de sécurité et partir de chez elle à 18 h pour travailler toute la nuit. Mais enfin... Et le jeune R. N. alors ? Pour le gérant, il ne fait pas partie de son personnel. « Ce sont des jeunes qui viennent voir leurs amis. Sinon il ne travaille pas chez nous. Epuis tout furieux, il assène » pourquoi c’est chez nous seulement qu’ils viennent arrêter les serveuses. Ils ont bien dépassé des bars sans intervenir ? Ce n’est que de la jalousie soupire-t-il. A défaut de s’en prendre à la flicaille, les badauds s’échauffent un peu sur notre photographe. « S’il fait il faut arracher son appareil photo ». La prudence est mère de sûreté dit-on pour avoir épousé cette maxime, notre équipe a sagement quitté les lieux avant que ce ne soit trop tard. La police, elle, était partie depuis une dizaine de minutes pour se séparer de ses « compagnons » d’un soir. Et certainement continuer la randonnée.

Jean-Philippe TOUGOUMA
jphilt@hotmail.com


Le Lido bar : l’exception qui rassure

Combien de gérants de bar, maquis, boîte de nuit, buvette ou autres estaminets ont-ils paniqué à la vue des policiers sortis contrôler la fréquentation des débits de boisson par des mineurs ? Très nombreux certainement. Le besoin de « faire rapidement de l’argent » a poussé beaucoup de gérants à recruter des mineures comme serveuses pour attirer des clients en quête de « chair fraîche » et à ouvrir grandement leurs portes à de très jeunes délinquants venus claquer le fruit de leurs rapines. Certains débits de boisson connaissent quotidiennement ainsi un « foisonnement » de gosses effrontés, de minettes exposant déjà ce qu’on ne peut pas encore appeler formes et de très petites vendeuses ambulantes que les clients n’hésitent pas à tripoter au passage. La descente de la police dans la nuit du 1er au 2 juillet est éloquente à ce sujet.

Quelle ne fut donc pas la surprise de Sidwaya en arrivant au Lido bar à la trame d’accueil. Au lieu du branle-bas constaté dans plusieurs bars après le passage de la police, c’était le calme plat qui régnait au Lido bar. L’heure tardive et l’abondante pluie qui s’était abattue sur la ville avaient certainement eu raison des derniers clients et c’est un bar presque vide que nous avons trouvé.

Le employés rangeaient déjà les chaises mais nous prenant pour des clients, un homme nous invita à prendre place et nous faire servir. Après présentation et à notre question « la police n’est pas passée ici pour contrôler la fréquentation de votre bar par des mineurs ? », la réponse vint calmement d’un employé avec un haussement d’épaule : « Bof ! ici nous on est un peu vieux-jeu. Nous n’employons que des femmes d’un certain âge et les enfants ne fréquentent pas notre bar. Cela est connu depuis que nous étions à Zangouettin avant le déguerpissement du projet ZACA. C’est pour cela peut-être que la police n’a pas trouvé nécessaire de faire une descente ici. Quand nous avons déménagé ici, nous avons initié des soirées dansantes pour un peu créer de l’animation dans ce nouveau quartier qui est quand même un peu reculé de la ville. Nous avons arrêté très vite cette expérience car ces soirées attiraient des jeunes qui arrivaient déjà « bourrés » de pastis, éperon ou autres tord-boyaux des kiosques. Nous avons compris que nous risquons de perdre notre clientèle. Notre patron a su fidéliser des clients respectables et il n’accepte pas la fréquentation de notre bar par des enfants ».

Dans une ville où les gosses deviennent de plus en plus les rois des bars et les petites filles, les reines des trottoirs, il est réconfortant de savoir qu’il existe encore ce genre de « lieux vieux-jeu » qui ferment leurs portes aux enfants.

Hamado NANA


« Bagdad » déserté

L’alerte avait certainement été donnée à temps et la faune de Bagdad était descendue rapidement dans les abris avant le bombardement, pardon la descente de police. Quand l’équipe de Sidwaya est arrivé peu après minuit, elle n’a vu que des ruelles étrangement désertes pour tous ceux qui connaissent ce secteur chaud de la Patte d’Oie. Dans Bagdad I qui est en fait un célibatorium, il n’y avait que quelques hommes (certainement des souteneurs) ayant les pieds dans l’eau et se tenant devant des portes mi-closes. Devant Bagdad II, appelé encore cité universitaire, il n’y avait qu’un taxi qui semblait désorienter dans cet environnement désert ce soir mais habituellement grouillant. La pluie qui venait d’arroser Ouagadougou ne pouvait pas expliquer ce dépeuplement soudain de Bagdad. Bien au contraire ! Les fraîcheurs accompagnant les pluies nocturnes déversent toujours dans Bagdad tels des éphémères, des belles de nuit grossièrement plus maquillées les unes que les autres. Il faut savoir que Bagdad n’est en fait qu’un paté de maisons de passe autour desquelles pullulent des prostituées de tous les âges et de diverses nationalités. Aux professionnelles « importées » du Ghana et du Nigéria par des proxénètes viennent s’ajouter des fillettes de la Patte d’Oie et d’autres quartiers de la ville qui apprennent sur le tas le plus vieux métier du monde. C’est ça Bagdad, une gangrène qu’une descente ponctuelle de police ne saurait perturber. On ne prend pas le non Bagdad pour rien !

H. NANA A. BANGRE


« Pêche » peu fructueuse au New Jack

Du maquis à la bâchée de police, c’est passer de l’extase au désastre. Il est 23 h 47 mn lorsque nous arrivons devant la boîte de nuit baptisée New Jack International sur l’avenue du Dr Kwamé N’Krumah.

Ce n’est pas la grande affluence qu’on connaît de ces lieux les week-ends. La pluie du vendredi nuit venait de reprendre de plus belle, obligeant certaines personnes à se réfugier sous les auvents des immeubles de l’avenue. Au même moment, les véhicules de la police effectuaient des va-et-vient devant la boîte de nuit. Mais la « pêche » aux mineurs n’a pas été bonne. Seulement quelques « sans - papier » sont tombés dans les filets de la police. Ce sont des usagers de l’avenue et des occupants de la boîte de nuit. Oui, après des contrôles d’identité effectués sur l’avenue, la police est entrée dans le dancing. Toute chose qui a suscité de vives discussions avec les gérants du New Jack. Seul les policiers en tenue civile ont finalement été admis dans la boîte pour le contrôle. Ils en sont ressortis avec des « sans - papier » qui brandissaient la même excuse : « J’ai oublié mes pièces à la maison... ». Des arguments qui n’ont pas désarmé les agents de police qui les ont tout simplement conduits au commissariat central.

Les gérants du New Jack pour leur part, ont qualifié d’ »illégal et d’abusif », le contrôle à l’intérieur de la boîte de nuit. Le New Jack, ont-ils clamé, a toujours fermé ses portes aux mineurs (moins de 18 ans) pour les soirées des adultes. Même si certains reconnaissent la difficulté à gérer des situations où la mineure est accompagnée d’un adulte, comme on le voit de plus en plus à Ouagadougou .


Calme précaire au maquis Ali Baba

Les lampes éteintes, les portes rabattues, un silence de « cimetière », telle est la situation que nous avons constatée à notre arrivée aux environs de minuit au maquis Ali Baba, l’un des débits de boisson les plus réputés du quartier Dapoya. Cette situation s’explique en partie par les averses de pluie en cette soirée. Une pluie qui a submergé presque tout le maquis. L’opération de la police qui visait à traquer les mineurs en cette soirée n’a donc pas fait tache d’huile à Ali Baba. Aussi, ce calme pourrait être dû au fait que les forces de sécurité soient passées rafler dans les environs (Casino, Garde plus, club Afuni). Ayant reçu l’alerte de ce qui se passe dans le voisinage, le maquis peut vite rabattre ses portes. En tous les cas, c’est une atmosphère calme, inhabituelle dans une soirée de vendredi dans ce maquis que nous avons constaté.

Un riverain sans doute ignorant l’opération en cours nous a dit à peu près ceci quand nous l’avons approché : après la pluie, il y aura du monde. On veille jusqu’au matin ici. Mais quand nous quittions les lieux vers 2 heures du matin, aucun signe ne laissait croire que ce maquis allait s’ouvrir encore cette nuit.

Léopold YE


Au maquis Casino : Le couper-décaler fait place au sauve-qui-peut

L’une des rues les plus animées de la ville de Ouagadougou se trouve au quartier Dapoya. C’est celle qui abrite les maquis

La pharmacie de garde, le Club Afuni et le Casino. Ces trois maquis sont à peine séparés l’un de l’autre de dix (10) mètres.

La razzia de mineurs orchestrée par les éléments de la sécurité au maquis le Casino a porté fruit, au moins trois charges du véhicule de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS).

Le quatrième passage n’a eu qu’une seule fille.

La majorité des personnes embarquées étaient des filles. Ce sont des filles, qui la nuit venue, font le plein du maquis dans l’alcool, la cigarette et la musique en attente des clients avides du sexe féminin.

En file indienne, chacun devrait passer devant les policiers pour le contrôle d’identité.

Cigarette à la main, elles sont soit arrêtées devant les entrées, soit sur la piste de danse ou encore assises en quête d’une éventuelle proposition.

La descente des hommes de sécurité qui a surpris plus d’une personne a donc fait tache d’huile et a permis de donner une leçon sinon un avertissement à ces mineurs qui prennent des airs de grandes filles et à qui tout est permis.

Ce vendredi nuit aura donc été un cauchemar pour certaines. D’autres par contre ont avec la complicité des gérants et des « gros bras », pu se cacher dans les coins sombres du maquis en attendant le départ des hommes de tenue.

Ceux-ci, qui n’ont pas voulu forcer la fouille dans le maquis, ont permis à certaines d’emprunter rapidement les taxis pour rejoindre la maison.

En lieu et place d’une ambiance surchauffée, c’était la panique. Les perpétuels pas du couper-décaler ont fait place aux pas du sauve-qui-peut.

Ismaël BICABA (bicabai@yahoo.fr)


Le bar-dancing New-Look a-t-il été oublié ?

Pendant que l’équipe de Sidwaya s’apprêtait à regagner sa rédaction, des clients s’affairaient toujours. Les forces de sécurité nationales ont fait une descente musclée dans la ville de Ouagadougou dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 juillet 2005. Nous nous sommes rendus au bar-dancing New-Look, situé sur l’avenue Bassawarga. C’est un New Look plein, malgré la pluie qui a commencé aux environs de 23h 30, que nous avons trouvé. Une musique tonitruante tenait les clients en haleine. Certaines serveuses animaient la causerie, dans l’espoir d’obtenir une consommation ou un pourboire. D’autres se trémoussaient entre les tables où trônaient majestueusement des bouteilles pour la plupart de bière. De 24h à 1h 30, le temps qu’a duré notre attente à cet endroit, les forces de sécurité ne se sont pas manifestées. Peut-être sont-elles passées avant notre arrivée. Le Pacha, le dancing du New Look, n’a enregistré aucun client. Le gérant a trouvé mieux de le fermer vers 1h du matin.

Charles OUEDRAOGO


Bar dancing le « Pouvoir d’achat » : Quelques filles interpellées non loin

Avenue Dimdolobsom, à quelque 300 mètres du Rond-point des Nations unies, il est 23 heures 45 au maquis « Le Pouvoir d’achat » Au parking, une dizaine de cyclomoteurs et motocyclettes.

De l’autre côté de la route deux véhicules sont stationnés. A l’intérieur du bar, l’ambiance était soutenue par des sonorités en vogue. Mais le maigre public était plutôt préoccupé par la pluie qui tombait depuis un quart d’heure.

A 23 h 55, assis à la porte du maquis en compagnie d’autres jeunes, le vigile de service était à observer les navettes des véhicules des forces de l’ordre. « Cela fait la troisième fois que les policiers passent en direction du commissariat central de police et en provenance de Zogona » a-t-il lancé.

Quelques instants plus tard, les navettes ont continué, avec, à chaque fois, des filles assises à l’arrière des véhicules bâchés. En ce soir du 1er juillet 2005, tout était tranquille au Pouvoir d’achat. En temps « normal », la devanture du bar était bondée de monde.

Des filles sont tombées dans les mailles de la police

Pire, de la bretelle du Rond point des Nations unies jusqu’aux feux tricolores jouxtant la station Tamoil (Dapoya) en passant par le siège de la BIB, les racoleuses se comptent, la nuit venue, par dizaines.

Cependant, malgré les incessants va-et-vient de la police, à minuit et 44 minutes, deux filles allaient être prises dans la cour du Projet Education IV juste en face du siège de la BIB.

A la vue des véhicules de patrouille, elles avaient trouvé refuge dans l’enceinte de ce service.

Mais, comme démangée par cette soudaine claustration, l’une d’elles sortit sous les caïlcédrats au bord du goudron et mal lui en prit. Surprise par la police, elle se précipite à l’intérieur.

Les policiers, la poursuivent et ressortent avec les deux filles. Il y avait déjà quatre autres filles à l’arrière du véhicule. Embarquement immédiat sous la pluie, à la recherche d’autres et en direction de la Garde Plus...

Souleymane SAWADOGO


Ex Gazeta Plus : Trois mineures embarquées

L’opération coup de poing menée par les forces de sécurité dans la nuit du vendredi 1er juillet 2005 n’a pas épargné le bar dancing Inter Gayous, l’Ex Gazeta Plus, situé au secteur n° 5 de Ouagadougou (Koulouba). Selon des témoignages recueillis sur place sous le coup de minuit, l’opération aurait été menée aux environs de 23 heures.

Trois à quatre « maquisards », en l’occurrence des filles mineures, seraient tombées dans les filets des forces de sécurité. Venues savourer le couper-décaler avec leurs copains, (copines) ou boire à gogo l’alcool et croquer à belles dents du poulet braisé à l’entrée du bar, les filles n’auraient pas eu le temps de vivre l’ambiance de ce début de week-end. « Il fallait être là pour voir les filles courir », explique un gérant de télécentre.

La descente des forces de sécurité aurait provoqué une véritable panique à Inter Gayous. Même des adultes auraient pris leurs jambes au cou en apercevant le véhicule « embarquer sans payer » de la police. L’opération terminée, les amateurs de sensations nocturnes ont poursuivi la fête jusqu’à l’aube. Aux dires de certains, la prise des forces de sécurité aurait été plus importante si l’opération avait été conduite un samedi nuit et s’il n’y avait pas eu de pluie.

Enok KINDO

Sidwaya

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