Actualités :: Adama Bologo, coordonnateur du CMLS du MEBA : « Le VIH/Sida est une menace (...)

Le forum de Dakar sur l’Education pour tous tenu du 13 au 15 juin 2005 a recommandé expressement le renforcement de la lutte contre la pandémie dans le système éducatif.

Sidwaya a échangé sur la question avec M. Adama Bologo, le coordonnateur du Comité ministériel de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (CMLS) du ministère de l’Education de base et de l’alphabétisation (MEBA).

Sidwaya : (S). : Quel est aujourd’hui l’impact du VIH/Sida sur les systèmes éducatifs de nos pays ?

Adama Bologo : (A.B.). : Le VIH/Sida constitue une menace pour le système éducatif des pays de l’Afrique subsaharienne et en particulier du Burkina Faso. Ce fléau joue négativement sur l’organisation, le fonctionnement et la performance de notre système éducatif. D’abord au niveau de l’offre éducative, nous avons des enseignants malades, qui s’absentent beaucoup, ce qui fait que nous avons des programmes inachevés avec des élèves qui ne reçoivent pas une éducation de qualité. Quant à la demande éducative, il est évident que le VIH/Sida a un impact négatif parce que les enfants de parents malades, les orphelins ont des difficultés socioéconomiques pour leur scolarisation. Le VIH/Sida est donc une menace pour l’atteinte de l’éducation pour tous.

S. : Existe-t-il des données sur le problème ?

B.A. : Au niveau national, une enquête réalisée en 2003 par le projet virus a donné un taux de séroprévalence dans le milieu enseignant qui est de 2,8%. Nous avons aussi 160 000 orphelins du Sida de moins de 15 ans selon le rapport 2003 de l’ONU Sida.

S. : Quelles sont les actions que vous menez pour faire face à la situation ?

A.B. : Chaque année, nous élaborons un plan d’action de lutte contre le Sida au niveau du ministère de l’Education de base et de l’Alphabétisation et du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de Recherche scientifique. Dans le volet prévention de ces plans, nous avons depuis 2001 mis l’accent sur les séances de sensibilisation et de formation sur les modes de contamination et de prévention jusqu’au conseil dépistage volontaire. Pour cette année 2005, nous avons mis particulièrement l’accent sur le conseil dépistage volontaire.

Nous allons donc organiser des campagnes de dépistages volontaires tout en poursuivant la formation des enseignants. Faute de moyens pour toucher tous les enseignants, nous avons commencé avec la formation des directeurs d’école, des animateurs des centres d’alphabétisation et des encadreurs pédagogiques sortant de l’ENSK. La formation de tous les enseignants est nécessaire parce que l’enseignant de par sa position peut jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le VIH/Sida. L’enseignant est en effet, l’agent de développement le plus proche des populations.

Concernant la prise en charge socioéconomique des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida, il y a une avancée significative parce que de 20 personnes recensées en 2003, nous sommes passés à 82 personnes infectées en 2004. Cette année nous sommes à plus de 120 personnes infectées que nous prenons en charge au niveau du MEBA. Quant aux personnes affectées, notamment des enfants des personnes infectées, des orphelins, des veuves ou veufs de conjoints agents du MEBA, nous sommes à plus de 200 personnes que nous prenons en charge cette année. Cela se fait dans la stricte confidentialité.

S. : Y a-t-il une collaboration entre les ministères quand on sait que notre système éducatif est géré par plusieurs départements ?

B.A. : Aujourd’hui nous sommes en train d’expérimenter un curricula qui va prendre en compte le primaire et le 1er cycle du secondaire sur l’enseignement des IST/VIH Sida. Il faut dire aussi qu’au niveau du programme pilote intégré « éducation, VIH/Sida et NTIC » lancé par le PNUD, il y a une expérimentation sur l’enseignement des IST/VIH/Sida au niveau du primaire et de l’Education non formelle. Dans nos actions, nous faisons en sorte qu’il y ait toujours une articulation entre les différents cycles.

Il s’est tenu dernièrement à Ouagadougou sous l’égide de la Banque mondiale, de l’UNICEF et du groupe de travail sur l’éducation, un atelier national sur la réponse du secteur de l’éducation au VIH/Sida. Nous avons élaboré un plan d’action dans ce sens avec le MEBA, le MESSRS et le ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité nationale pour les questions du préscolaire, du primaire, du secondaire et du supérieur. Ce plan va être soumis aux partenaires pour financement.

Il y a eu aussi en 2004 au Sénégal un atelier sous-régional sur l’accélération de la réponse du secteur éducation à l’épidémie du VIH/Sida dans les pays francophones de la CEDEAO plus la Mauritanie. Une des conclusions de cette initiative de la CEDEAO a été la mise en place d’un réseau de points focaux VIH/Sida du secteur de l’éducation. Ce réseau va nous permettre de partager nos expériences et de faire le point sur la lutte.

Propos recueillis par Hamado NANA
Sidwaya

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