Actualités :: Yaar du soir : Marché des fonctionnaires

Pour faire leurs emplettes, des Ouagalais préfèrent faire un détour, à la descente du boulot le soir, dans les marchés installés pour l’occasion aux abords des grandes artères de la capitale. On y vend des condiments.

Vendeuses et clients se donnent rendez-vous dans les "yaars du soir" pour de bonnes affaires. Ambiance d’une soirée marchande à Boinse yaar, au secteur sis côté-Est Rue Houari Boumedienne...

14-19 h, soit 5 heures d’horloge durent d’un marché du soir dans la capitale burkinabè. Les Ouagalais, chaque soir, qui pour rattraper le temps, qui pour faire "ses emplettes, prendre d’assaut ces marchés de fortune, installés le long des grandes rues. Ces ’’yaars’’ comme l’appellent d’aucuns poussent comme des champignons. Avenue Charles De Gaulle, route de Fada (RN14), circulaire, la nationale n° 1, etc., autant de rues dont les abords servent à étaler des condiments frais. Les tenancières y exposent choux, persil, tomates, feuilles de baobab, aubergines... A Boees yaar, elles sont peut-être une centaine postées autour du mur de l’aéroport dont l’activité consiste à vendre des légumes.

A 18 heures, le site grouille de monde. Les vendeuses, elles, sont en place depuis 14 heures. Leur activité consiste à desservir la capitale en légumes frais. Pour cela, elles doivent s’approvisionner dans les contrées environnantes. Sur leur vélo, elles parcourent des dizaines de kilomètres à la recherche de condiments tant "recherchés par les Ouagalais’’. Cette activité est le fruit de leur persévérance.

Par petits groupes, les femmes discutent, entassent leurs produits. L’ambiance est au marchandage. Mme Tapsoba Abibou, vendeuse de condiments, assise, elle, affirme tirer son épingle de ce commerce. "Je réinvestis mon bénéfice de 2500 F dans l’achat et la vente des feuilles’’, dit-elle les bras croisés à l’arrière. Le commerce des légumes fait vivre de nombreuses famille à Ouagadougou

Pour Derra Mariam, cette activité constitue un gagne-pain. "Je suis vendeuse de légumes à Boees yaar depuis 3 ans. Par jour, j’encaisse en moyenne 1000 frs de bénéficie’’. Même si, regrette-t-elle, "le marché est timide’’.

Elle dit s’approvisionner en marchandises à la cité An III. Leurs produits viennent d’horizons divers. Kokologo, Kombissiri... sont autant de points qui desservent la capitale en légumes destinés à la consommation familiale.

Un détour au yaar du soir, ça fait toujours "du bien’’. C’est selon,.... D’autant plus que les prix sont relativement abordables. Pour 50, 100, 150 F, les clients peuvent se procurer du gombo frais, des feuilles d’oseille, de la tomate. Et les clients y accourent pour faire leurs emplettes. "Quand je ne peux rattraper mon marché du quartier, je viens à Boees yaar me ravitailler en condiments frais’’ affirme Tiéné Mana

Tout en reconnaissant que les produits sont chers, elle note que le marché du soir permet aux femmes employées dans les administrations publiques ou privées de se ravitailler en condiments à la descente du boulot. "On rattrape le temps’’, dit-elle les mains chargées de sachets contenant des condiments qu’elle vient de payer. "J’ai dépensé 500 F pour des feuilles de haricot, du poisson...’’.

Si certains fréquentent le marché du soir en raison du manque de temps, d’autres par contre, y viennent du fait de la proximité. "Je viens faire les emplettes à Boinse yaar, pour éviter de parcourir de longues distances. C’est une occasion pour voir s’il y a des condiments de qualité’’, déclare Mme Touré. Entre vendeuses de condiments et clients, les discussions vont bon train.

L’ambiance est, on ne peut plus bon enfant. Les gens discutent de prix, les autres circulent pour observer les condiments disposés sur des sacs étalés pour la circonstance. Histoire de se procurer des condiments de qualité. Une qualité que les clients apprécient d’ailleurs diversement. Tout en dénonçant la cherté des prix des condiments, la plupart des clients s’accordent à dire qu’ils sont "de bonne qualité". "Côté qualité des conditions, pas de problème", affirme Mme Touré, le sourire aux lèvres, satisfaite d’avoir fait une bonne affaire. "Pour le repas du soir, c’est gagné", semble dire Mme Touré. "J’ai payé des feuilles à 500 frs’’, a-t-elle poursuivi.
Un marché en voie de déguerpissement...

Pour Mme Kaboré, "les prix des condiments sont abordables’’. Venue payer des feuilles pour la sauce de tô à oseille au gombo, elle affirme ne pas vouloir dépenser plus de 500 F. Sa recette : 250 F de feuilles, 150 poissons et 100 F de gombo. Et le tour est joué pour un repas familial "bien réussi" Avouant qu’à Boinse yaar, "on réalise de bonnes affaires’’, Mme Kaboré regrette que ce marché du soir soit en voie de déguerpissement.

Car dit-elle, avec force conviction, "A Boees yaar, on a tout frais. Chacun trouve son compte". Une satisfaction vécue diversement de part et d’autre. Si les vendeuses se frottent les mains au regard des bénéfices réalisés, les clients eux, sont plutôt satisfaits d’avoir des condiments frais et de qualité, à passer dans leur casserole. "Je viens souvent faire le marché à Boees yaar par manque de temps’’, affirme une dame qui a requis l’anonymat.

Selon elle, avec les bonnes de maison, il faut elle-même planifier. Voilà pourquoi, celle-ci préfère faire ses emplettes. Une manière de s’assurer du contenu du repas familial. Le marché du soir, quoi qu’il en soit, s’est imposé par la nécessité de supplanter le manque de temps. Pour une tomate ou un chou, plus besoin de parcourir des distances.

Les vendeuses sont dans toutes les rues exerçant leur commerce. Une activité qui rapporte en dépit des vicissitudes. Mme Antina, vendeuse, liquide une grosse caisse de tomates qu’elle achète à 10 000 F, en trois jours. Même si elle affirme réaliser un bénéfice moyen de 2000, il n’en demeure pas moins qu’il y a souvent des invendus. "Les tomates pourrissent parfois. Nous sommes obligées de les jeter. Ce qui cause d’énormes pertes" relève-t-elle, assise devant ses marchandises. "Euh, monsieur que voulez-vous ? Ici des tomates de qualité", dit-elle à un client de passage.

Des clients qui viennent faire leur achat en fonction du menu. "Avant de venir au marché du soir, je dresse une liste. Je dépense 1000 F pour une sauce de pâte d’arachide", a expliqué Issouf Nikièma, venu faire ses emplettes. A l’image des "Boees yaar’’, des installations de fortune, devenues par la force des choses, de véritables tribunes d’approvisionnement de la capitale en condiments frais, se sont érigées le long des rues.

Une activité qui discrètement, est en passe de devenir un métier permanent pour des milliers de femmes de la capitale. Avec ce métier, l’informel gagne en notoriété et les frontières du chômage et de la pauvreté reculent d’un cran. Pour cela, les femmes parcourent des kilomètres à la recherche de légumes frais. Le prix de la fraîcheur.

S. Nadoun COULIBALY (coulibalynadoun@yahoo.fr)
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