Actualités :: Au Palais de justice : Trois bergers poursuivis pour vol de 44 (...)

Au rôle de l’audience du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, mercredi 22 juin 2005, étaient inscrits des affaires de vol et de complicité de vol, de détention illégale d’arme....

8 h 30 mn, le président du Tribunal accompagné de ses assesseurs entre dans la salle d’audiences. Il commence l’instruction du dossier. A la barre, sont appelés trois jeunes bergers, Boubacar Barry, Amado Barry et Boureima Barry respectivement prévenus pour détention illégalez d’armes et vol de 44 bœufs et détention illégale pour les deux derniers Interrogés tour à tour par le Président du Tribunal, les prévenus ont reconnu les faits à eux reprochés. Alors, place aux plaidoiries.

Boureima Barry, 30 ans est poursuivi pour vol de 44 bœuf appartenant au sieur El Hadj Tiemtoré. Déjà, condamné en 2003 pour vol, il s’est évadé au cours d’une "corvée de bois" alors qu’il purgeait sa peine à Nioko. Barry célibataire et père de trois enfants, est prévenu pour vol et détention illégale d’arme. Quant à Barry Boubacar, il est également poursuivi pour détention illégale d’arme à feu. Après la présentation des chefs d’accusation, le procureur entame son réquisitoire. Mme le procureur note que Boureima Barry a déjà été condamné. "Devant le procureur tu avais reconnu le vol des 44 bœufs.

Aujourd’hui tu le renies. Tu sais bien ce qu’est le vol", a-t-elle martelé. En réponse, le prévenu, les bras croisés, debout, d’une voix basse explique. "C’est un Mossi du nom de Madi qui a amené les bœufs à Sapouy où il nous a demandés de les conduire au Ghana" s’est-il défendu. Avez-vous ou non volé les bœufs, interroge le président du Tribunal."Oui", mais lorsque nous conduisions les bœufs, nous ignorions qu’ils étaient volés, dit-il d’autant, qu’il soutient n’avoir aucun rapport avec le prétendu Madi.

A ces mots, le procureur relève qu’après leur arrestation, il ont reconnu avoir volé 44 bœufs. Maintenant, Boureima prétend que c’est Madi qui lui a demandé de les conduire au Ghana. A quel jeu joue-t-il ? Se demande le procureur. D’où vient ce Madi ? On ne saurait le dire avec exactitude. Quant à Boubacar, le procureur retient que les populations du village avaient constaté la présence de deux individus suspects.

Elles ont dénoncé leur présence. Boureima et Amado interpellés par les autorités qui, en procédant à des fouilles ont retrouvé des armes chez Boubacar. Selon leurs propres déclarations, ils étaient dans le village pour conduire des bœufs avec Boubacar, a poursuivi le procureur. Et de conclure que "Barry Boureima et Barry Amado ne sont pas des enfants". Ils ont dit avoir volé les 44 bœufs qu’ils sont allés vendre au Ghana. Chose confirmée par l’enquête, a indiqué le procureur.

Au regard des faits : soustraction frauduleuse de biens d’autrui, évasion, détention illégale d’arme, le procureur requiert en répression, le tribunal a condamné Barry Boureima à 36 mois de prison ferme, 24 mois ferme pour Amado pour vol et détention illégale d’arme et 8 mois ferme pour Boubacar.

En réplique, Me Sombié le conseil de Boureima et Amado a dit qu’au départ, il avait cru avoir à faire a des coupeurs de route, des voleurs de bœufs. Mais, poursuit-il avec conviction "il n’en est rien au fur et à mesure des visites à la MACO, je les ai compris".

Les bœufs leur ont été remis à Sapouy par Madi pour être conduits au Ghana. Ils avaient conscience de leur origine "douteuse" mais ont accompli leur mission en allant les rétribuer au destinataire, a expliqué Me Sombié au tribunal. "Si mes clients étaient des voleurs, je vous assure que les bœufs n’allaient pas être retrouvés. Heureusement, ils n’étaient qu’un maillon d’une chaîne de vol". a-t-il plaidé. Par conséquent, Me Sombié demande au tribunal de prendre une décision tendant à sanctionner ses clients, mais de façon modérée. Donnez-leur une chance de se racheter, a supplié Me Sombié.

Pour lui, "Boureima et Amado sont prêts de s’amender". Tout en plaidant coupable pour les faits d’évasion, Me Sombié est convaincu que son client a agi sous la fougue de la jeunesse. A-t-il vieilli maintenant ? Interroge le président ? Oui, il a "mûri", renchérit le conseil de Boureima pour qui la condamnation sévère de ses clients ne fera d’eux que des "bandits" de demain. Voià pourquoi, il a requis 12 mois ferme pour Boureima, 3 mois pour Amado.

Après avoir pris note des plaidoiries du ministère public et de la défense, le président du tribunal a renvoyé le délibéré au 29 juin prochain.

Nadoun S. COULIBALY (coulibalynadoun2002@yahoo.fr)
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