Actualités :: Crise au REN-LAC : La part de vérité du secrétaire permanent

La sixième assemblée générale ordinaire du Réseau national
de lutte anti-corruption (REN-LAC) tenue les 3 et 4 juin derniers,
a été l’occasion pour une partie du personnel ainsi que pour les
partenaires techniques et financiers , de dénoncer la gestion du
REN-LAC, telle qu’elle est faite par le secrétaire permanent.

Ainsi naquit une situation que certains ont appelé "crise de
croissance". Que s’est-il passé pour que le REN-LAC en
arrive à un tel état de dysfonctionnement ? Comment les
responsables du réseau entendent ils juguler ce malaise ?
C’est en substance l’objet de l’entretien que Moktar Zonou,
secrétaire permanent du REN-LAC a bien voulu nous accorder.

"Le Pays" : Quels sont les rapports de collaboration que le
secrétariat permanent entretient avec le reste du personnel et
les partenaires techniques et financiers (PTF) ?

Moktar Zonou : (MZ) . Cette question trouve sa réponse dans les
statuts et règlement intérieur du réseau. Au nombre des
organes du REN-LAC, il y a le secrétariat permanent qui
représente le REN-LAC dans tous les actes de nature civile.
C’est aussi lui qui entretient les relations avec l’extérieur. Il est
responsable de la bonne marche des activités du REN-LAC et
ordonne le budget. Le secrétaire permanent a donc des
prérogatives statutaires clairement définies par les textes.
Lorsque le REN-LAC mène des activités, le secrétariat
permanent élabore des rapports qui sont ensuite examinés par
les partenaires techniques et financiers. Aussi, en accord avec
nos bailleurs de fonds, nous choisissons régulièrement un
audit qui se charge d’auditer nos comptes. Les rapports d’audit
sont également transmis aux bailleurs de fonds avec nos
observations. Nous nous réunissons donc autour du rapport
d’audit et cette rencontre est assortie d’un procès verbal. En
dehors de ces types de rapports qui nous lient aux partenaires,
si nous avons des problèmes particuliers, nous les saisissons
et vice versa. Il y a donc un dialogue bilatéral entre les
partenaires et nous.

La 6e assemblée générale du REN-LAC a été mise à profit par
certains participants pour dénoncer une situation de
dysfonctionnement qu’ils ont imputée au secrétariat permanent.
Qu’est-ce qu’ils vous reprochent concrètement ?

Je veux bien répondre à toutes vos questions, mais il faut que
le choses soient précises. De quels participants parlez-vous ?

"Le Pays" : Il s’agit d’une part des partenaires techniques et
financiers qui ont publiquement décrié une situation
préjudiciable au bon fonctionnement du REN-LAC et d’autre part,
les membres du réseau qui, au cours de l’AG, ont distribué des
tracts appelant à un "changement d’entraîneur"...

Effectivement, ces tracts ont été distribués dans la salle , mais
moi, je n’étais pas au courant, je n’en avais pas reçu. Après
l’ouverture de l’AG, j’ai été interrogé par la presse sur nos
rapports avec les partenaires techniques et financiers. J’ai
répondu que nous avions été les premiers à saisir les
partenaires à la suite d’un écrit du journal "Le Pays" daté du 13
septembre dernier. Nous avons donc discuté avec les bailleurs
de fonds, notamment avec celui que nous appelons chef de file
des partenaires financiers. A la réunion du 11 mai 2005, les
bailleurs de fonds ont souhaité nous rencontrer avec le
personnel, mais de façon statutaire, nous ne pouvions pas
rencontrer les bailleurs de fonds avec tout le personnel. Nous
avons alors parlé de la gestion du personnel qui se plaignait
d’un certain nombre de choses. Mais bien avant la rencontre du
11 mai, il y avait un manuel de procédure qu’il fallait mettre en
application. Je crois d’ailleurs que tout tourne autour de
l’application de ce manuel. Le personnel même a reconnu que
ce document n’était pas adéquat et qu’il ne pouvait pas être
appliqué au regard des incohérences qu’il comportait. Nous
avons donc engagé un consultant pour la mise en application
de la partie administrative parce que la partie comptable ne
posait pas problème. Le consultant a fait le travail et nous nous
sommes réunis le 24 mai avec le personnel autour des
propositions du consultant. C’est donc sur cette lancée restée
inachevée que l’assemblée générale s’est tenue. Les bailleurs
de fonds nous ont donc reprochés de n’avoir pas mené les
activités comme il se devait. Et nous en sommes conscients, la
faute nous incombe entièrement et le secrétariat permanent en
assume la responsabilité.

Que vous reprochent les bailleurs de fonds du point de vue
comptable et financier ?

Sur ce plan, il n’y a pas eu d’observations majeures. Le seul
reproche qu’ils nous ont fait, c’est de n’avoir pas mené à terme
nos activités.

On a tantôt parlé de factures qui n’auraient pas été conformes à
la procédure, dans le cadre d’un projet du REN-LAC...

Il s’agit en fait d’un projet qui a été négocié avec le PNUD avant
que je n’arrive à la tête du secrétariat permanent. Dieudonné
Yaméogo (NDLR : ex-secrétaire permanent du REN-LAC) m’en
avait parlé depuis que j’étais secrétaire permanent adjoint.
J’avais d’ailleurs notifié auprès du PNUD notre incapacité de
conduire ce projet. Mais face à l’insistance des uns et des
autres, nous avons été obligés de réaliser le projet. C’est en
cours de réalisation que nous avons rencontré des problèmes
parce que le personnel tout entier était contre la réalisation du
projet par le REN-LAC.

En quoi consistait le projet ?

C’est un clip musical. Il est même déjà réalisé par Kémayo et
parrainé par Mgr Jean Marie Compaoré. C’est là qu’il y a eu ces
questions de fausses factures qui n’ont rien à voir avec les
bailleurs de fonds.

Y-a-t-il eu des revendications sociales émanant du personnel ?

Oui, j’en ai connu à mon arrivée. Certains estimaient qu’il fallait
une espèce de motivation pour le personnel.

Quelle (s) résolution (s) la 6e Assemblée générale a-t-elle prise
(s) dans le sens de la résolution de tous ces problèmes ?

L’AG a adopté deux résolutions et une motion que nous avons
d’ailleurs dispatchées par courriel à tous les organes de
presse. Nous allons élaborer des textes de recentrage des
activités du REN-LAC en vue d’assainir le réseau.

Un dernier mot ?

Nous souhaitons tous que les choses évoluent bien au
REN-LAC. Mais quand il y a des mésententes au sein du
personnel, rien ne peut marcher.
Je voudrais enfin inviter la presse à ne pas se précipiter pour
diffuser des informations qui ne sont pas exactes ou qui ne sont
qu’en état de rumeur.

Propos recueillis par Paul-Miki ROAMBA et Parfait SILGA
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