Actualités :: Aéroports du Burkina : les vingt-neuf licenciés reviennent à la (...)

Vingt-neuf travailleurs de la Régie administrative d’assistance en escale (RACGAE) des aéroports du Burkina affirment avoir été licenciés "abusivement" le 31 mai 2004. Ils ont protesté contre ce fait lors d’une conférence de presse.

Vingt-neuf travailleurs de la Régie administrative d’assistance en escale (RACGAE) des aéroports du Burkina affirment avoir été licenciés "abusivement" le 31 mai 2004, au regard de la procédure édictée par la législation du travail au Burkina. Selon les termes de leur lettre de licenciement, il est évoqué "des raisons économiques et financières de la structure". Eux, n’adhèrent pas à ces motifs.

D’abord, parce qu’ils étaient sous réquisition de l’Etat (depuis le 6 décembre 2001) pour toute la durée de vie de la régie. En clair, ils sont censés rester à leur poste tant que la régie existe. Ils s’interrogent alors sur l’utilité et la validité des contrats invoqués par la régie pour mettre un terme à cette réquisition gouvernementale.

Deuxième raison avancée par les ex-travailleurs : le contrat signé avec l’employeur, qui ne se justifiait d’ailleurs pas à cause de ladite réquisition, n’a jamais été visé par l’Inspection du travail, tel que stipulé par les textes réglementaires. Ils relèvent qu’ayant été renouvelé à plusieurs reprises, le contrat devient à durée indéterminée. Pourquoi ont-ils signé un contrat individuel quand celui-ci n’était pas nécessaire ? C’était sous la contrainte, font-ils remarquer.

Car, à les en croire, la direction de la RACGAE leur a imposé des contrats individuels de travail à durées déterminées. Et "c’est à l’un des termes de ces contrats que la Direction a décidé de ne pas renouveler les contrats". Ils précisent qu’"une note de service que la direction avait affichée, leur fixant un délai de 48 heures. Sinon, ils ne seraient plus considérés comme membres du personnel", ce qu’ils ont "dénoncé" à l’époque.

Des augmentations de salaires injustifiées

S’ils jugent ces licenciements abusifs, c’est aussi parce que, malgré la prétendue situation économique de la régie, la direction a procédé "à des augmentations salariales et à de nouveaux recrutements", faisant remarquer que cette entreprise résiduelle de Air Afrique a pourtant " généré plus de 800 millions de F CFA en deux ans". Ces travailleurs dont les contrats n’ont pas été renouvelés se demandent finalement si, en fait, la compression n’a pas "été faite à la tête du client".

C’est au vu de tout ce qui précède qu’ils exigent leur réintégration sans condition. Ils recommandent par ailleurs un audit administratif et financier de la structure. Un audit qui permettrait de savoir si cette compression du personnel était nécessaire. A propos de compression, il y avait lieu, estiment-ils, que l’employeur et les agents s’asseyent "autour d’une table" pour voir ensemble ce qu’il fallait faire pour éviter d’en arriver là. Pour l’heure, l’Inspection du travail a été saisie du dossier.

Une liberté syndicale remise en cause

Quelle démarche comptent-ils mener, s’ils n’obtiennent pas gain de cause ? Ils n’hésiteront pas à recourir au tribunal du travail. Ils comptent également relayer l’affaire au plan sous-régional et international à travers les syndicats affiliés à la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF). Ils exigent par ailleurs que leur droit syndical soit respecté. Car, pour eux, la liberté syndicale a été étouffée au niveau de la régie. " Ce qui laisse supposer des dessous qui compliquent la recherche de solution au conflit du travail".

Le 25 octobre 2004, les représentants des 29 agents de la Régie ont sollicité l’intervention de l’ITF dans ce différend. Son coordinateur Afrique francophone, Nazie Kaboré qui était présent à la conférence n’a pas fait dans la dentelle. Pour lui, si on en est arrivé là, c’est que la régie "compte (en son sein) des rapaces qui veulent s’en accaparer pour la vendre". Les travailleurs licenciés ont exprimé leur mécontentement au cours d’une conférence de presse, le 17 février 2005 à la Cantine de l’aéroport.

Par Cheick Beldh’or SIGUE


Tiemtoré Saré, délégué du personnel,licencié de la Régie :
"Le dossier suivra son cours"

"Après le dépôt de bilan d’Air Afrique, il y avait un certain flottement au niveau de l’activité aéroportuaire. En tant que délégués des travailleurs, nous avons approché le ministère de tutelle en charge des transports pour réorganiser l’activité résiduelle au niveau de l’aéroport. Cela a été accepté. Un arrêté ministériel a été pris, qui réquisitionne l’ensemble du matériel et du personnel local de l’ex-compagnie pour, dans un premier temps, assurer le service public au niveau de l’aéroport et dans un second temps régler un problème social.

Il va s’en dire que l’acte posé le 31 mai 2004 par le directeur général de l’Aviation civile et de la météorologie, c’est-à-dire le licenciement des 29 travailleurs le 31 mai 2004 pour raisons économiques et financières, est totalement contraire aux règles et usages. Ces raisons sont injustifiées parce que le personnel était réquisitionné pour toute la durée de vie de la régie.

En outre, ces raisons ne tiennent pas, étant donné qu’après nous, il y a eu des recrutements, des augmentations de salaires, des primes de fin d’année, etc. Alors, nous estimons que ces licenciements sont abusifs et à la tête du client. Depuis le 22 novembre, nous avons engagé une procédure au niveau de l’Inspection du travail qui a constaté les mêmes failles. Si la conciliation n’a pas lieu, le dossier suivra son cours jusqu’au tribunal du travail".

Propos recueillis par Cheick Beldh’or SIGUE
Le Pays

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