Actualités :: Assises criminelles : la mort pour Saule

C’est aux alentours de 22h30 que la cour a rendu son verdict. Le principal accusé, Saul de Tarse Traoré a été condamné à la peine capitale tandis que 4 de ses coaccusés étaient purement et simplement acquittés. Seul le marabout Balima Ibrahim écope d’un an ferme pour recel de la moto de Kouanda Adissa.

La session de la chambre criminelle de Ouagadougou s’est poursuivie hier avec le défilé des témoins dans l’affaire Saul de Tarse. Au nombre des personnes entendues dans la matinée par la cour présidée par M. Robert Zerbo, Mme Lingani née Lamizana Safiatou, mère de Salma Jeanne Marie la deuxième victime de Saul, âgée seulement de 20 ans.

Pour la mère de la victime, Saul n’a pas pu agir seul cette nuit là. Appelé à son tour à la barre, l’accusé s’avance tandis que la mère de sa victime s’écarte évitant soigneusement de poser le regard sur l’assassin de sa fille. Bien que ne se rappelant pas exactement les circonstances de son crime, Saul confirme avoir bel et bien été seul ce soir là avec la défunte Salma.

Appelé également à la barre lui aussi en tant que témoin, M. Benjamin Traoré, détective privé et père de Saul de Tarse. Interrogé sur la tentative de parricide, M Traoré s’est dit convaincu après enquête de la culpabilité de son fils. Pour lui, les faits son clairs et il fallait s’attendre désormais au pire car « ce garçon n’est pas normal ».

M. Traoré père a déclaré n’avoir jamais eu aucun problème avec son fils, mis à part pour ce qui concerne le travail. « Je l’ai éduqué dans les valeurs du travail...je voulais en faire un homme mais pas çà ! ». Pour lui, son garçon qui était incapable d’égorger même un poulet est devenu ce qu’il est à cause de mauvaises fréquentations.

C’est un père déçu qui a avoué n’avoir jamais rendu visite à son fils depuis un an qu’il est en prison. Pour le procureur général, malgré les crimes que Saul a commis, il reste le fils de son père. Et pour cela, il aurait été bon que le père rende visite à son fils à la MACO, ne serait-ce qu’une fois.

Saul qui a toujours nié avoir voulu tuer son géniteur reconnaîtra a posteriori les tentatives d’assassinat sur les personnes d’Irène, l’employée togolaise du ranch, ainsi que sur Karine Ouédraogo qui n’a dû son salut qu’à un coup de fils passé à son ami. En effet, cette dernière n’a eu la vie sauve que parce qu’elle avait été bien inspirée de composer discrètement le numéro de téléphone d’un ami qui a ainsi pu suivre sa conversation avec Saul. L’ami a appelé Saul sur son portable, lui intimant de garantir la sécurité de Karine.

Après une suspension, l’audience a repris en milieu d’après-midi avec l’examen de certaines pièces du dossier et les plaidoiries.

« Saul a fauté, Saul va payer »

Ce sont les avocats de la partie civile qui les premiers ont pris la parole au nom des victimes. Ils ont tour à tour décrit en Saul le criminel qui prémédite ses actes, « le monstre froid », un démon aux allures d’ange.

Me Farama qui défendait les intérêts de la victime Kouanda Adissa, est revenu sur le prénom de l’accusé : Saul de Tarse. Un nom biblique de triste mémoire. En effet, lorsqu’on lapidait à mort St Etienne, c’est Saul enfant qui gardait les habits des bourreaux.

C’est encore Saul qui maltraitait les premiers chrétiens et les jetait en prison jusqu’à ce que sur le chemin de Damas, il soit transformé et devienne le bon chrétien qui parcourut le monde pour annoncer la Bonne nouvelle du Christ.

Dans ses réquisitions, l’avocat général a simplement requis la peine de mort contre Saul. A l’encontre des autres accusés, il a demandé à la cour, qu’à défaut de la peine capitale, il leur soit appliquée la perpétuité.

Les avocats des accusés ont plaidé l’acquittement de leurs clients. Le plus attendu de tous, Me Issaka Ouattara, avocat de Saul. Pour Me Ouattara, « Saul a fauté, Saul va payer. Saul est coupable de crimes. Mais ce n’était pas inscrit dans ces gènes.

Les crimes ont été commis seulement après l’ingurgitation des mixtures à lui administrées par le marabout Diallo Sanda ». Et l’avocat de Poursuivre qu’ « après 23 ans sans un seul crime, sans un seul délit, comment comprendre qu’en l’espace de 2 semaines, Saul commette 2 crimes ? Forcément, il était sous l’emprise maléfique des produits du marabout ».

C’est pour cela que l’avocat a demandé la cour de « condamner gravement Saul, mais de ne pas lui appliquer la peine de mort, car elle est réservée aux criminels endurcis, les criminels que la société ne veut plus voir ».

Après les plaidoiries, on a donné la parole à chaque accusé pour qu’il se défende une dernière fois. A la cour, Saul a déclaré : « Je m’adresse d’abord aux familles Kouanda et Lingani. Je regrette ce qui s’est passé. Je ne l’ai pas souhaité mais c’est arrivé. Je demande sincèrement pardon. Sur 23 ans de ma vie, je n’ai pas commis de gaffe. C’est une mésentente familiale qui m’a amené à consulter un marabout qui m’a transformé ainsi. Je suis désolé ».

Sur ce, la cour s’est retirée pour délibérer et c’est après trois bonnes heures qu’elle s’est prononcée sur le sort des accusés. C’est ainsi que Compaoré Ismaël, Diallo Sanda, Adamou Amadou et Bilakoro Mamadou ont été acquittés. Balima Ibrahim, coupable du recel de la moto d’Adissa Kouanda, la première victime, a écopé d’un an ferme et de 100 mille FCFA d’amende. Etant à la MACO depuis près d’un an, il ne tardera pas à être libéré. Par contre, c’est la peine de mort qui a été prononcée contre Saul.

Décision bruyamment applaudie par le public. Il devra payer 1 FCFA symbolique aux ayants droits de chacune de ses victimes. La mère de Lingani Salma Jeanne Marie, approchée à l’issue du verdict par la presse, a refusé de se prononcer.

H. Marie Ouédraogo
L’Observateur Paalga

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