Actualités :: Saul Traoré : "Je ne suis pas un criminel"

Le dossier Saul de Tarse Traoré, l’un des plus attendus à cette session de la Chambre criminelle, a été examiné hier 16 février, au Palais de justice de Ouagadougou. Ibrahim Balima, Mamadou Bilakoro, Amadou Adamou, Sanda Diallo et Ismaël Compaoré ont comparu à la barre pour expliquer leur implication dans les assassinats de deux jeunes filles, en l’occurrence Adissa Kouanda et Salma Jeanne Marie Lingani. L’un des accusés, Sagnan Zouma, est décédé en décembre dernier.

11 février et 24 février 2004. Deux dates qui resteront gravées dans la mémoire de nombre de Burkinabè. Adissa Kouanda et Salma Lingani étaient respectivement découvertes mortes dans des espaces vides. Les enquêtes menées par les forces de l’ordre permettront de remonter le fil des événements.

Saul de Tarse , 23 ans, travaillant dans le campement de chasse de son père à Diapaga, Benjamin Traoré, est entré en conflit avec ce dernier, à cause, dit-il, de sa copine (une nommée Irène) devenue la maîtresse de son géniteur.

Le climat tendu, courant l’année 2004, amène le père à écarter son fils de la gestion du ranch. C’est à ce moment qu’entre en scène un marabout résidant à Diapaga, Sanda Diallo : celui-ci a pour mission d’aider Saul de Tarse à retrouver l’entente avec son père et à faire prospérer ses affaires. Pour faire son travail, il exige du sang de jeunes filles.

Le principal accusé, pour ce faire, se déplace à Ouaga et après une première tentative d’assassinat sur Carine Ouédraogo (qui a été un échec grâce à la ruse de la victime), arrive à tuer Adissa Kouanda et à recueillir son sang. Avec son butin, il retourne à Diapaga pour voir le marabout qui lui répond que la quantité est insuffisante.
Cet élément sera à la base du deuxième assassinat, celui de Salma Lingani. Mais le sang ne sera pas recueilli à cause des phares d’une voiture.

Saul de Tarse Traoré est aussi accusé de tentative de parricide et de vol aggravé.Il s’emparait des mobylettes des jeunes filles après les meurtres. Ismaël Compaoré et Ibrahim Balima (un marabout handicapé) sont, eux, concernés par ce dernier chef d’inculpation.

"Je n’étais pas maître de moi-même"

Mais avant que la Cour ne commence l’audition des accusés, l’avocat de Amadou Adamou, Me Christian Méda, a soulevé une exception concernant la non citation de son client dans l’arrêt de renvoi. En termes clairs, l’accusé ne pouvait comparaître devant la Chambre criminelle.

Après une suspension de près d’une heure, l’audience a repris avec la décision du Tribunal de juger amadou Adamou en évoquant une omission matérielle de son inculpation dans l’arrêt de renvoi.

On retiendra par la suite les dépositions devant le tribunal de Ismaël Compaoré, Ibrahim Balima et de Saul de Tarse Traoré. Le principal accusé dans ce dossier a reconnu tout de suite les faits à lui reprochés, à l’exception de la tentative d’assassinat de son père et de la maîtresse de ce dernier. Il réfute aussi l’hypothèse selon laquelle les meurtres commis ont pour mobile le matériel (les mobylettes).

Il a plutôt confié à la Cour que le marabout Sanda Diallo lui a fait boire des mixtures bizarres ayant eu pour conséquences de lui faire perdre la raison. "Je n’étais pas maître de moi ; je vivais tout cela comme des crises et en ces moments, j’avais envie de tuer des femmes".

Saül Traoré a par moment refusé de donner les détails des assassinats, affirmant que cela lui était difficile. Il a enfin exprimé ses regrets en se disant prêt à assumer les conséquences de ses actes. "Je ne suis pas un criminel", a-t-il déclaré au procureur général. "Quand je tuais les jeunes filles, je ne me contrôlais pas".
Hier, au moment où nous bouclions cette édition, le procès battait son plein. Nous y reviendrons.

Par Parfait SILGA

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