Actualités :: Larlé Naba Tigré, 1er prix national de producteur de fourrage

Chef coutumier, banquier, député, agriculteur, le Larlé Naba Tigré porte bien ses quatre casquettes. Son intervention dans le secteur agropastoral lui a valu le premier prix national de producteur de fourrage à la 9e édition de la Journée nationale du Paysan (JNP).

Il situe son engagement pour le monde rural, apprécie l’agriculture burkinabè et tire les leçons de sa participation à la JNP.

Sidwaya (S.) : Situez-nous votre intervention dans le secteur agro-pastoral qui vous a valu le premier prix national de producteur de fourrage à la 9e Journée nationale du Paysan ?

Larlé Naba Tigré (L.N.T.) : Le Burkina Faso est un pays agropastoral par excellence. Toutes les richesses nationales reposent en partie sur ce secteur. Ainsi, il est tout à fait indiqué que chaque Burkinabè contribue à son développement en s’y investissant activement. S’adonner à l’agriculture et à l’élevage représente pour moi un devoir citoyen. Depuis 1991, un an après mon intronisation, je suis dans l’élevage.

De plus, je suis une autorité coutumière dont la majorité des citoyens à ma charge sont des agriculteurs. En tant que leader, mon intervention dans le secteur agropastoral doit leur servir de modèle. Aussi, en ma qualité d’élu national, œuvrer dans ce domaine m’offre l’opportunité de connaître d’une part les avantages et les difficultés de ce secteur d’activité et de dégager d’autre part des perspectives pour l’améliorer. Par la pratique, on apprend mieux les choses.

Toutes ces raisons ont fait que je possède aujourd’hui un nombre important de têtes d’animaux, des dizaines d’hectares de terres cultivables et de périmètres irrigués. Inutile de rappeler que l’agriculture et l’élevage sont deux domaines complémentaires. Je suis présent dans le Kadiogo, l’Oubritenga, le Houet et le Boulgou. J’interviens pour créer des richesses personnelles, offrir des emplois locaux et participer au progrès agricole. Il faut nécessairement accroître la production, créer un surplus important, assurer l’autosuffisance alimentaire et amorcer la transformation des produits. Et les autorités gouvernementales ne ménagent aucun effort pour susciter l’essor agropastoral et dégager un excédent.

Mon engagement pour le monde paysan a bénéficié de crédits des structures financières telles la BACB, le PAPME, la BCB et la BSIC pour promouvoir l’embouche bovine et l’irrigation. Les résultats obtenus ont permis au jury mis en place par ces trois ministères (Agriculture, Ressources animales, Environnement) de me retenir au plan régional puis national comme meilleur producteur de fourrage du pays. Le prix que j’ai obtenu du président du Faso renferme divers matériel qui aidera à accroître mon rendement.

S. : Chef coutumier, banquier, agriculteur, député, comment arrivez-vous à concilier toutes ses fonctions ?

L.N.T. : C’est un choix que d’apporter ma touche au secteur agropastoral. Je suis banquier de profession. Par la suite, j’ai fait la politique et suis devenu élu du peuple depuis la première législature.

Enfin, ma position de chef coutumier me commande des obligations dont les activités agricoles. J’essaie au mieux d’être une référence dans l’exercice de ces quatre fonctions. Ce sont des expériences toutes différentes. J’ai le devoir de continuer l’œuvre ancestrale par la sensibilisation et l’information sur les us et coutumes. En tant que parlementaire, je participe également à la consolidation et à l’expression de l’Etat de droit. Aux Etats-Unis ou en France, les grands richissimes sont ceux qui se sont investis tôt dans l’agriculture et l’élevage. L’industrie du vin qui génère d’importants chiffres d’affaires est dérivée de l’agriculture.

Le Burkina Faso a plus de 8 millions de têtes de bovins et l’on continue d’importer des produits laitiers à des milliards de FCFA. Il faut œuvrer à renverser la tendance. Donc participer à l’épanouissement du monde paysan devient à nos yeux comme un devoir que tout Burkinabè doit accomplir. S’il y a des moyens conséquents dans l’agriculture et l’élevage, l’on peut créer des emplois et lutter efficacement contre la pauvreté en milieu rural où se trouve la majorité des populations.

S. : Quel est votre jugement sur l’agriculture burkinabè ?

L.N.T : L’agriculture burkinabè bénéficie ces dernières années de l’attention particulière des plus hautes autorités du pays. Le peuple est courageux, travailleur et laborieux. Toutes les conditions sont réunies pour asseoir une agriculture performante. Ces dernières années, celle-ci est citée en exemple dans la sous-région car notre pays arrive à dégager bon an mal an des excédents céréaliers. Cependant, il faut continuer à promouvoir l’irrigation. Cette forme de culture a été introduite ici il y a 50 ans seulement.

Ailleurs comme en Tunisie, l’irrigation se pratique depuis des centaines d’années. Et l’on n’a pas toujours besoin de grands moyens pour s’y adonner. Parfois, ce sont des animaux qui remplacent les motopompes. Aussi avant que les moyens modernes ne soient acquis, il faut que les agriculteurs locaux développent des initiatives pour les cultures d’intersaison et accroître leur rendement. Il faut diversifier les formes de fumier organique et les outils. Au lieu d’une fosse par ménage, il faut une par membre de famille. Les outils aussi ne s’arrêtent pas à la charrette que nous avons toujours connue ici. Il y a le pionnieur, le boussolet, le rayonneur qui permettent de mieux ameubler le sol.

C’est un leurre de penser que sans engrais chimiques on ne peut pas améliorer la productivité. Il faut cultiver une autre expertise qui amoindrit le coût des facteurs de production. En Tunisie où j’ai été, l’on a développé plusieurs qualités de fourrages qui peuvent être utilisés au Burkina Faso. Il est inadmissible que l’on ne trouve pas un seul tracteur dans certaines localités du pays. Il faut que chacun mette du sien pour permettre l’adhésion du monde rural aux nouvelles technologies. Les groupements paysans, les coopératives et l’Etat doivent ensemble trouver les voies et moyens pour assurer une meilleure mécanisation de l’agriculture.

S. : Que retenez-vous de votre participation à la dernière édition de la Journée nationale du paysan (JNP) ?

L.N.T. : Cette tribune m’a beaucoup édifié dans mon engagement. Le fait que le chef de l’Etat séjourne pendant 48 heures en province aux côtés des paysans représente déjà un signal fort et toute importance accordée à ce secteur. C’était ma première participation. Et j’avoue que j’ai été surpris de voir des paysans qui ne sont pas allés à l’école avoir une grande capacité d’analyse et mener des réflexions poussées. Le président du Faso a aussi échangé avec eux en toute simplicité.

Tout porte à croire que le paysan est l’instrument de mesure du développement, du progrès et du mieux-être. La JNP a été un temps fort de ma vie. Le Burkina Faso n’a ni forêt, ni pétrole, ni mer mais il a des hommes courageux capables de fructifier ses trésors à travers l’essor du secteur agropastoral. Le chef de l’Etat est convaincu de cela et a tracé le bon chemin en octroyant des moyens modernes de production aux paysans.

Interview réalisée par
Jolivet Emmaüs Sidibé PAG BELEGUEM


"Meilleur producteur de fourrage".

- Une (1) charrette à traction asine,

- Quatre (4) faux complètes

- Deux (2) botteleuses PDISAB

- Une (1) hache paille

- Deux (2) botteleuses métalliques

- Une (1) tonne de tourteaux de coton

Valeur totale du prix : 750 000 F CFA

JESP

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