Actualités :: Jeûne et laïcité : Un mois pour tendre vers la sainteté

Le mois de Ramadan est un moment important pour le musulman dans sa marche vers la sainteté. L’islam préconise à ses adeptes, un certain nombre de conduites et de règles à observer durant cette période surtout. Le respect de ces recommandations peut avoir un impact sur la société notamment dans un pays laïc.

Pays laïc, le Burkina Faso compte environ 60% de musulmans. Le jeûne constitue un des cinq piliers de l’islam auxquels tout musulman doit se soumettre. Le jeûne consiste à se priver d’aliments et de boissons du lever au coucher du soleil. Il est recommandé durant le jeûne d’avoir des attitudes et des comportements assez sains. C’est le moment où le musulman doit faire plus de bien, être généreux, tolérant, charitable et sociable. Il doit éviter de regarder des choses qui peuvent l’amener à développer des pensées malsaines, il ne doit pas dire des insanités ou proférer des injures à l’endroit de son prochain et le calomnier.

Pour l’iman Tieogo Tiemtoré, le mois de Ramadan est une période où chaque adepte de l’islam doit poser des actes positifs, mener des actions qui renforcent la laïcité. Le musulman ne doit pas se livrer au gaspillage. Il ne doit pas transformer les soirs de rupture du jeûne en festin pendant qu’il y a des personnes qui n’ont rien à manger. A cet effet, il incombe aux musulmans en période de jeûne d’être rationnels, c’est-à-dire de préparer ce qui suffit pour la famille et de faire plus l’aumône afin de permettre à ceux qui n’ont pas à manger d’avoir leurs repas quotidiens.

Le mois de Ramadan est une période où chaque pratiquant doit faire l’effort d’être sociable, il doit consacrer plus de temps aux autres. Pour cela, il peut augmenter ses heures de travail ; le musulman peut par exemple, durant le mois de Ramadan rester à son lieu de travail afin de rendre plus de service à la nation. Aussi, il peut aller vers les démunis et les pauvres pour partager avec ceux-ci leur quotidien au mieux, être charitable à l’égard de ces derniers. Il ne s’agit pas de faire du bien aux musulmans uniquement mais plutôt à tous les hommes sans distinction de religion car tous sont des créatures de Dieu.

Par ailleurs, le non-musulman doit avoir des attitudes qui favorisent la mise en pratique de ces recommandations. Pour cela, il doit accepter l’aumône du musulman et admettre le fait que durant ce mois, les pratiquants de cette religion s’abstiennent de fréquenter certains lieux ou même de prendre part aux débats sur des sujets donnés.

Le musulman doit respecter les cinq piliers de l’Islam. Une application correcte des recommandations de cette religion passe par une prise en compte des valeurs sociales, notamment le respect de la laïcité.

Régine ZERBO


Marché de l’habillement : Un tour chez des tailleurs

A l’occasion des fêtes, l’affluence chez les tailleurs est très visible. Les couturiers sont souvent débordés par le travail si bien qu’il leur est parfois difficile de pouvoir respecter les rendez-vous donnés aux clients. Mais cette année, l’affluence est moindre. Pourquoi cela ?

Chez le président de l’Association des couturiers et couturières du Kadigo/(ACCK), M. Yacouba Paré, des ouvriers sont au travail. Ils cousent à leur rythme, sans pression aucune, dans une ambiance détendue, la mine visiblement joviale. Chacun s’exerçant dans un domaine précis, le choix se fait entre la coupe, le montage ou la confection, la finition et la broderie.

M. Yacouba Paré justifie la séparation des tâches en ces termes : "Comme les gens viennent à la dernière minute, nous avons organisé le personnel de façon à ce que chacun puisse s’occuper du domaine qu’il maÎtrise le mieux, même si pour l’instant il n’y a pas d’affluence". Concernant les modèles qui sont en vogue et qu’il confectionne fréquemment, il cite la "taille princesse", le "coupé-décalé", "développer-progresser", les "bas d’eph" etc. Toutefois, l’accent est mis sur la couture masculine et aussi sur les boubous et "grand-mère" pour les femmes.

Promouvoir l’art vestimentaire

M. Yacouba Paré rêve de voir chaque citoyen burkinabè porter des tenues et costumes "made in Burkina". Dans cette logique, il lance un appel aux autorités pour qu’ils donnent l’exemple aux populations. , Et pourquoi ne pas habiller les hôtesses en tenues traditionnelles modernisées lors des cérémonies ? Et que dire des rideaux et des draps des hôtels ?", s’est-il interrogé. M. Paré sollicite par ailleurs le soutien des bonnes volontés pour pérenniser la semaine de la mode et du textile.

Les difficultés que rencontrent les couturiers

"Les Burkinabè veulent ce qui est bien fait mais leur revenu ne leur permet pas de se payer ce luxe", a souligné M. Paré. Il fait ainsi allusion aux clients qui lui envoient des modèles extérieurs et lui demandent de leur coudre le même modèle. En revanche, face à la facture à payer, ces mêmes clients se retirent où alors demandent de substituer les "ingrédients" inclus dans le modèle afin qu’ils puissent payer moins cher. Dans ce second cas, c’est très difficile de réussir le modèle (initial) et ces mêmes clients vont encore se plaindre parce qu’ils ne sont pas satisfaits.

Cette difficulté, tous les couturiers la vivent, comme l’a si bien confirmé ; M. François Sawadogo, secrétaire général de l’ACCK : "Quand les clients exigent un modèle dont ils ne sont pas capables de payer le prix, nous substituons les éléments qui coûtent chers et les remplaçons par d’autres si bien qu’à la fin, nous ne réussissons pas le modèle. Nous perdons des clients de cette façon", M. Sawadogo s’exerce particulièrement dans la coupe féminine : coupe tailleur, grand-mère, marinière, tunique, coupé-décalé etc. Cette année, nous ne sommes pas trop bousculés, comme les années précédentes. La diminution de nos clients est due à la crise que vit notre voisin, la Côte d’Ivoire.

El Hadj Idrissa Cissé abonde dans le même sens en disant que : "Habituellement, les gens viennent d’ailleurs, particulièrement de la Côte d’Ivoire, coudre des vêtements pour les membres de leur famille vivant ici au Faso. Mais hélas, avec la crise, il ne peuvent plus rien faire pour leurs familles, puisque les affaires ne marchent plus".

El Hadj Idrissa Cissé pense également que la rentrée scolaire y est pour quelque chose dans le peu d’affluence de la clientèle.

El Hadj Idrissa Cissé qui est spécialiste en coupe hommes et dames estime que malgré le peu d’affluence, la clientèle se présente mieux que dans les jours ordinaires. "Depuis la semaine dernière, ceux qui travaillent dans mon atelier veillent pour pouvoir respecter les rendez-vous. Et ça ce n’est que le début, car les gens viennent toujours à la dernière minute. C’est ce qui nous fatigue", a-t-il soutenu.

Aimée Florentine KABORE (kaborette@yahoo.fr)


La retraite spirituelle : Dix jours à la mosquée pour se rapprocher de Dieu

A partir du 3 novembre 2004 à 4 heures du matin, a commencé la période de retraite spirituelle pour certains musulmans.

La retraite spirituelle consiste à rester "cloîtré’’ sur place afin de mieux prier et se rapprocher de Dieu. Elle a lieu les dix derniers jours du mois de Ramadan. La personne qui effectue la retraite intègre la mosquée au petit matin du premier jour. C’est là qu’elle poursuit son jeûne et n’en ressort plus jusqu’au dernier jour, jour de l’Aïd el Fitr.

Le mérite de la retraite est qu’elle permet de mieux se consacrer à Dieu, se concentrer sur la prière, sans se laisser distraire par quoi que ce soit. El Hadj Mahamoudou Bandé ajoute : "Quand on est en retraite, on ne sort plus de la mosquée, en tout cas pas de la cour de la mosquée. Pour cela, l’on se prépare en conséquence et tout problème qui surviendrait en dehors telle la mort ne doit vous y extraire’’. Sauf quand l’on est soi-même malade.

Afin de ne pas avoir à se préoccuper des problèmes quotidiens et familiaux, l’homme qui fait sa retraite aura à s’assurer qu’à son absence, quelqu’un de responsable pourrait le suppléer. Il s’organisera aussi à ce qu’on puisse lui apporter de quoi manger. Toute chose qui favorise l’accomplissement de la retraite.

Comment se passe le temps pendant la retraite ? Le musulman prie avec les autres. S’il est fatigué, il dort, se relève, se purifie et continue de prier. Jusqu’à la fête.

Souleymane SAWADOGO


Religions révélées : Le temps des vaches maigres

Que ce soit l’islam ou le catholicisme, les religions révélées s’appuient sur les sacro-saints principes de la piété, de l’amour du prochain, de la charité et de la foi. Rien que de beaux principes qui sont battus en brèche quotidiennement par les croyants de toutes obédiences.

Avec le culte du dieu Mammon (l’argent) qui prend une ampleur inégalée, c’est la loi de la jungle, les coups bas et les intrigues qui rythment notre vécu quotidien. Parler de charité et d’amour du prochain dans cette occurrence est une vue de l’esprit, les moyens "d’embrouiller’’ ce dernier pour mieux le "taper’’ étant le leitmotiv de chacun. Une société sans foi ni loi entraîne la perte des valeurs les plus élémentaires tel que le respect de soi. Les individus sont devenus des sacs poreux, desséchés spirituellement. Qui pis est, avec la mondialisation qui véhicule une pensée unique (le mode de vie occidentale pour ne pas dire "l’american way of life’’), nos sociétés sont devenues des lupanars à ciel ouvert où l’indécence et la prostitution ont pignon sur rue.

Avec les jeunes filles qui ont transformé les dessous en dessus et qui ont érigé le "haut sauté’’ en vêtement-culte, plus besoin de conquérir une femme pour avoir "accès’’ à son intimité. La dérive est telle que le grand imam de Ouagadougou, El Hadj Aboubakar Sana avait, lors d’une interview accordée à Sidwaya, affirmé qu’il ne pleuvait plus à Ouagadougou parce que les jeunes filles avaient des tenues suggestives, voire indécentes. C’est vrai que quand le sexe s’étale dans la rue, la nature perd ses repères.

Et, pour corser le tout, les faux prophètes et les "politiciens-bigots’’ sont venus ébranler la foi des citoyens les plus convaincus. Pasteur "bénissant’’ l’argent de conjurés, président prétextant la religion pour guerroyer à son nom, dépravation des mœurs dans le clergé catholique et l’Eglise anglicane (souvenez-vous de ce pasteur pédophile), c’est à croire que la fin des temps annoncée dans la Sainte Bible est pour bientôt. Surtout que les églises et les mosquées se vident au profit des bars et buvettes où un autre "dieu’’, Bacchus est célébré avec force rasades. Dans cette occurrence, le saint mois de Ramadan que nous venons de vivre doit servir non seulement de mois de pénitence, mais aussi de répentance. Les musulmans (en tout cas la plupart d’entre eux) doivent saisir cette opportunité pour "naître à nouveau’’. Car, l’abstinence n’est qu’une punition, si elle n’est pas accompagnée d’une "élévation’’ spirituelle. Si donc "la chair est faible’’, l’esprit doit rester "vaillant’’. C’est là, la voie du salut.

Boubakar SY


Message du président de la Communauté musulmane du Burkina Faso

La célébration de la fête de l’Aïd El Fitr marquant la fin du jeûne du mois de Ramadan m’offre l’occasion de m’adresser à l’ensemble des fidèles musulmans de notre pays ; je félicite par la même occasion, les membres de la commission d’observation de la lune qui ont permis à l’ensemble des fidèles d’entamer le jeûne le même jour.

Chers frères et sœurs en Islam,

L’Assemblée générale statutaire a été tenue les 8, 9 et 10 octobre 2004 ; par la grâce d’Allah Soub hanhou wa taala, vos prières et les différentes contributions à tous les niveaux de notre pays ont permis à la communauté de tourner une page critique de son histoire et de se donner un souffle nouveau par le rajeunissement de son instance dirigeante.

Aussi, notre engagement à la tête du nouveau bureau se traduira, s’il plaît à Dieu, par un dynamisme à la hauteur des ambitions exprimées par les congressistes. Je vous exhorte à plus de dynamisme et à plus de resserrage de nos rangs, pour un avenir radieux de l’Islam au Burkina Faso.

Qu’Allah dans sa miséricorde absolue vous renouvelle à tous, plusieurs autres mois de jeûne, et comble les vœux de tout un chacun ; qu’il accorde prompt rétablissement à tous nos malades.

A l’ensemble de nos dirigeants, qu’Allah raffermisse leurs pas et les guide dans la gestion des affaires de notre cher pays.

Qu’Allah accorde à notre chère patrie le Burkina Faso, la stabilité, la tranquillité et surtout la paix... Il est certes celui qui entend et exhausse les prières.

Assalam Aleïkoum
Wa rahmatou lahi wa barakatouhou

El Hadji Oumarou KANAZOE
président de la CMBF


Le sucre, un produit prisé pendant le mois du carême

Pendant le mois de Ramadan, le sucre et certaines boissons telles que le zom-koom, le yamakoudji... s’achètent comme de petits pains. Témoignages de deux commerçants spécialisés dans la vente de ces produits. Il s’agit de El Hadj Boureima Nana, grossiste dans la vente du sucre et "Tantie propre," propriétaire du restaurant-buvette "Tantie propre", spécialiste dans la vente du bissap, du zom-koom etc.

Le mois de Ramadan, c’est aussi la période de très bonnes affaires. Et ce n’est pas "Tantie propre" qui dira le contraire. Chaque soir, son restaurant-buvette est pris d’assaut par une multitude de gens dont la majorité est musulmane. Pour "casser" leur carême, beaucoup de jeûneurs préfèrent soit le zom-koom, soit le yamakoudji (jus de gingembre) de Tantie propre. Ces clients qui viennent de divers quartiers de la ville de Ouagadougou, apprécient à leur juste valeur, les boissons produites par cette Tantie. "C’est la qualité et c’est vraiment propre. En outre, le goût de son zom-koom que je préfère, ne change pas", a estimé M. Salif Ganemtoré, comptable. Cet avis est partagé par M. Rasmané Ouédraogo (dit Raso) : "Chaque soir, je viens acheter du "yamakoudji" chez Tantie propre. Ici, la propreté est de mise et l’accueil est chaleureux". Par ailleurs, M. Oumar Ouédraogo confie qu’il n’y a pas de regret en s’y rendant. M. Oumar Ouédraogo également client, va plus loin en disant que le "yamakoudji" de Tantie propre est indispensable à l’organisme surtout après la rupture du jeûne. "Ma femme fait du zom-koom à la maison et moi j’envoie du yamakoudji pour compléter" , a ajouté M. Oumar Ouédraogo. Pour l’une des vendeuses du restaurant-buvette "Tantie propre", Maï Ouédraogo, leurs clients sont variés (hommes, femmes, célibataires). Cependant, les hommes mariés sont les plus nombreux. " Nous ne vendons que de la sucrerie et de l’eau minérale, et nos clients sont compréhensifs", a dit Maï Ouédraogo avant de conclure que leur chiffre d’affaires a triplé pendant ce mois de Ramadan même si dans ces derniers jours, le nombre de leurs clients a diminué.

Le sucre, denrée très sollicitée

Le président directeur général du groupe Nana, El Hadj Boureima Nana affirme qu’avec le mois de carême musulman, le sucre est extrêmement sollicité. Présentement, ses magasins manquent de stock de sucre. La SN-SOSUCO, selon El Hadj Nana, n’arrive pas à honorer les demandes des commerçants grossistes. Et pourtant le mois de Ramadan est une période où sa société réalise un bon chiffre d’affaires dans la vente du sucre. Ce ne sont pas les musulmans seulement qui payent le sucre pendant ce mois. "Même les catholiques font partie de mes clients". En ce temps de mois de pénitence, ceux-ci offrent généralement du sucre à leurs amis, parents musulmans.

Aïssata BANGRE
Charles OUEDRAGO


La Zakat el fitr : Une pratique recommandée mais non obligatoire

Les musulmans, au-delà du jeûne de 30 jours pratiqué pendant le mois de Ramadan, font une aumône appelée aumône de rupture ou Zakat el fitr. Qui doit enlever cette aumône ? Qui doit en être bénéficiaire ? Comment elle se pratique ? Autant de questions adressées à l’imam Tiégo Tiemtoré de la mosquée de l’Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (AEEMB) sise à Wemtenga, secteur 29 de Ouagadougou.

Sidwaya (S). : Qu’est-ce que la Zakat el Fitr ?

Imam Tiégo Tiemtoré (ITT). : La Zakat el Fitr est une aumône spécialement remise lors du mois de Ramadan. En islam, il y a deux types d’aumônes. Il y a l’aumône légale ou obligatoire qu’est la Zakat (un des piliers parmi les cinq en islam) et la Zakat el Fitr qui est l’aumône de la rupture. Elle est donnée au moment de rompre le jeûne du mois de Ramadan. Elle a été instituée par le prophète Mohamed comme une pratique recommandée. Ce n’est pas une pratique obligatoire mais une pratique recommandé pour plusieurs raisons. Il y a une raison purement spirituelle. Le prophète Mohamed a dit qu’en dépit de tous nos efforts pour maintenir notre jeûne dans un bon état, il arrive que l’on ait fait des erreurs. La Zakat el Fitr a une dimension spirituelle en ce sens qu’elle permet de purifier le jeûne. Sans elle, notre jeûne reste suspendu entre ciel et terre comme le prophète l’a dit. La Zakat el Fitr purifie le jeûne et lui permet d’avoir un aspect assez acceptable.

La deuxième dimension est une dimension sociale, communautaire. La Zakat el Fitr permet de venir en aide à ceux qui n’ont pas les moyens de fêter le jour du Ramadan. Il s’agit de faire en sorte que d’autres ne soient pas en train de mendier le jour de la fête qui est un jour de joie, de réjouissances. Le prophète a donc recommandé qu’on vienne en aide aux personnes qui sont autour de nous pour leur permettre de vivre la joie le jour du Ramadan.

S. : Quelle quantité de vivres ou quelle somme d’argent recommande-t-on pour la Zakat el Fitr ?

ITT. : La Zakat el Fitr est constituée de l’aliment le plus répandu dans une contrée donnée. Si vous êtes au Ghana, c’est l’aliment le plus consommé dans ce pays qu’il faut donner, si vous êtes en Chine, c’est également l’aliment le plus consommé. Au Burkina Faso, on a affaire au maïs, au mil, au riz... C’est donc l’aliment que chaque individu a l’habitude de manger, qui est répandu dans sa contrée.

Sa mesure va de 2,5 kg à 2,8 kg en moyenne par personne. Le chef de famille l’enlève pour tous ceux dont il a la charge. On dit que même s’il y a un nouveau-né le jour de la fête, si le bébé arrive avant la prière, le chef de famille est tenu d’enlever la Zakat pour lui. Mais il faut rappeler que ce n’est pas obligatoire. Il peut arriver que le père de famille ait des contraintes financières réelles. En ce moment, il n’est pas tenu d’enlever la Zakat el Fitr. On n’enlève pas la Zakat el Fitr quand on a des problèmes. C’est une pratique recommandée, elle n’est pas obligatoire comme le jeûne que nous faisons actuellement.

Il est permis dans l’école de l’un des quatre (4) imams de l’islam appelé Abu Hanifa de donner la Zakat en argent. Par exemple, si l’on doit enlever dix (10) kilogrammes de riz, on peut évaluer cette quantité de riz en argent pour le donner aux pauvres. D’autres savants permettent même cela, ou l’encouragent pour la simple raison que si l’on remet par exemple dix kg de maïs à un pauvre, cela peut créer d’autres problèmes. Mais en lui remettant par exemple 5 000 FCFA, il saura gérer cette somme comme bon lui semble. Ce qui est sûr, c’est une Zakat el Fitr et de plus en plus, beaucoup de savants recommandent que selon les réalités locales l’on puisse donner la Zakat el Fitr en argent. Cela permet aux nécessiteux de faire beaucoup de répartitions.

S. : Qui doit enlever la Zakat el Fitr ?

ITT. : Tout musulman pubère qui a fait le mois de Ramadan ou qui est sous la charge d’un chef de famille doit enlever la Zakat el Fitr.

Par exemple, un enfant de cinq (5) ans qui n’a pas jeûné parce qu’il n’a pas encore l’âge mais qui est sous la responsabilité d’un chef de famille qui a fait le jeûne, est concerné par la Zakat el Fitr. Le chef de famille doit enlever sa Zakat el Fitr. Tous ceux qui sont musulmans doivent enlever la Zakat el Fitr. Qu’on ait jeûné ou pas, on doit enlever la Zakat el Fitr parce que c’est lié au mois et non forcement à l’état de l’individu. Par exemple, le malade ou le voyageur qui n’a pas jeûné, on peut enlever la Zakat pour lui.

S. : A qui remet-on la Zakat el Fitr ?

ITT. : On remet principalement la Zakat aux nécessiteux. Il ne faut pas la remettre à quelqu’un qui n’en a pas besoin. On remet la Zakat el Fitr à quelqu’un qui visiblement a des difficultés pour joindre les deux bouts, pour qu’il puisse avoir de quoi manger le jour de la fête.

On regarde dans l’entourage s’il y a des nécessiteux parce que ce n’est pas juste de parcourir des kilomètres pour aller remettre sa Zakat el Fitr pendant que dans le quartier où habite le donateur il y a des nécessiteux. Il faut d’abord regarder dans son entourage immédiat. Ce n’est pas lié à la famille. Il y a des gens qui donnent leur Zakat dans leurs familles mais il n’y a pas une règle qui dit cela. On peut venir en aide à sa famille mais la Zakat el Fitr c’est vraiment pour les nécessiteux.

S. : Doit-on confier la Zakat el Fitr à une structure qui sera ensuite chargée de sa répartition ou faut-il le faire personnellement ?

ITT. : Dans l’ancien temps, les gens remettaient la Zakat à l’imam du quartier parce que tout le monde se regroupait autour de lui. Il avait donc la charge de répartir cette Zakat aux nécessiteux. Aujourd’hui avec le développement des associations ou des structures caritatives, il est mieux d’organiser la Zakat de sorte qu’elle soit confiée à une commission qui se charge de la distribuer. Si individuellement chacun doit sortir pour remettre sa Zakat cela peut être source de problèmes. Il y a un délai de remise de la Zakat el Fitr. Ce délai est de deux (2) jours avant jusqu’au matin de la prière. Après la prière, la période est déjà terminée. On ne donne plus la Zakat el Fitr. Au sein de la mosquée de l’AEEMB par exemple, il y a la fondation Omar Ben Khatab qui depuis 7 à 8 ans fait ce travail. Les gens viennent remettre leur Zakat à la fondation qui se charge de la distribution parce qu’ayant auparavant identifié des familles nécessiteuses.

S. : Y a-t-il des différences de pratiques selon les confréries musulmanes ?

ITT. : Non. Peut-être seulement dans le mode d’organisation, sinon les volumes sont les mêmes. C’est 2,5 à 2,8 kg pour tout le monde et c’est à donner dans les mêmes délais. Mais chaque communauté a son mode d’organisation. A l’AEEMB c’est la fondation qui s’en occupe, dans d’autres communautés, la charge revient aux imams. Chaque communauté s’organise selon ses méthodes qu’elle juge plus efficaces mais le principe reste qu’il faut donner la Zakat el Fitr et qu’elle aille aux nécessiteux.

S. : N’y a-t-il pas de risques de détournement de cette Zakat au détriment des nécessiteux ?

ITT. : Tout à fait. Tant que ce sont des hommes qui s’en chargent, il y a ces risques. C’est pour cela qu’il faut confier la tâche à une structure digne de confiance, à une communauté organisée. Quand on confie la Zakat à un individu, il peut y avoir risque de détournement. Mais quand c’est une structure, on se dit que c’est l’émanation de beaucoup de personnes et il y a une marque de confiance encore plus poussée.

S. : Quelle différence existe-il entre la Zakat normale et la Zakat el Fitr ?

ITT. : L’aumône normale ou habituelle n’est pas forcément liée au mois de Ramadan. L’islam recommande que l’on vienne en aide à tous ceux qui vivent avec nous, d’être solidaires d’eux. Cette aide ne s’adresse pas forcément aux musulmans mais à tous ceux qui vivent autour des musulmans. Quand un musulman voit un humain, une créature divine qui est dans des problèmes, il est tenu de lui venir en aide dans la mesure de ses possibilités. C’est peut-être un vêtement, une chaussure ou de la nourriture, la prise en charge de son ordonnance dont il a besoin. Quelle que soit la nature de son besoin, le musulman est tenu de lui apporter un soutien. S’il ne peut pas, il est recommandé qu’il lui fasse des invocations. L’islam recommande qu’on fasse beaucoup d’aumônes. Le prophète Mohamed a recommandé dans beaucoup de ses hadiths de faire beaucoup d’aumônes, de venir en aide aux gens. Et il a même dit que celui qui vient en aide à son semblable, Dieu lui vient en aide sur terre et dans l’au-delà. L’islam est donc une religion sociale et sociable et il recommande de venir en aide à tous ceux qui ont des difficultés et qui vivent autour de nous. La Zakat el Fitr quant à elle, s’enlève uniquement au cours du mois de Ramadan pour permettre même au plus pauvre musulman de faire la fête dans sa famille. Ce qu’on peut souhaiter c’est que la Zakat soit bien comprise et remise à qui de droit. Quand elle arrive à remplir correctement son rôle, c’est un moyen de lutter contre la pauvreté, contre la misère. Il y a des familles qui grâce à la Zakat el Fitr, peuvent s’assurer le repas d’un mois. C’est une pratique qui permet de lutter contre la pauvreté et elle cultive même la solidarité, l’amour du prochain. Quand on accepte donner, c’est une éducation, c’est une école parce que tout le monde n’accepte pas donner. On prie que la pratique perdure et qu’elle devienne une habitude même après le mois du Ramadan.

Enok KINDO
enokkindo@yahoo.fr


La nuit du destin : A la recherche de la perfection

Depuis le 15 octobre 2004, les musulmans burkinabè, à l’instar des musulmanes du monde entier sont en carème ou Ramadan. Un regard sur la nuit particulière dite nuit du destin.

Le mois du carême est défini par l’islam comme une période privilégiée où l’adoration de Dieu tend vers la perfection. Ce mois, est un mois de pénitence : abstinence, persévérance, longues prières nocturnes, bref des actes de dévotion. Parmi ces actes de dévotion, il y a la sacrée "nuit du destin’’. Qu’est-ce que la "nuit du destin’’ ? Comment se pratique-t-elle ?

Quelles sont les récompenses d’une telle nuit ? Pour trouver des réponses à ces questions, nous avons rencontré El Hadj Boukari Kouraogo, membre du Cercle d’étude, de recherche et de formation islamiques, président de la communauté musulmane du secteur 2 de Ouagadougou.

Nuit du destin ou "Leila toul qadri’’, la nuit du destin est une veillée de prières. Plusieurs sources expliquent ce qu’est cette nuit bénie des musulmans : le Coran et les habiths (faits et gestes du prophète Mohamed). Pour le Coran, la sourate (chapitre) "qadri’’ est consacrée à la nuit du destin. On y décrit, les actes de dévotion auxquels sont invités les humains mais également les anges depuis le début de cette fameuse nuit jusqu’aux premières lueurs de l’aube.

Les hadiths, c’est-à-dire, les faits et gestes du prophète rapportés par ses compagnons les plus proches, indiquent que chaque mois de Ramadan dans les dix derniers jours contient une nuit sacrée, la nuit du destin. El Hadj Kouraogo, précise que la nuit du destin est très sacrée car c’est dans cette nuit que le sublime Coran est descendu chez Mohamed.

Il faut tomber juste sur la nuit bénie

La nuit du destin se situe, selon l’homme de Dieu, par rapport au Ramadan. Le jeûne est un des piliers de la religion musulmane. C’est au cours du jeûne que la nuit du destin survient. C’est précisément le 27e jour du jeûne qui est consacré à la nuit du destin. Cependant, souligne El Hadj Kouraogo, il est difficile de rencontrer la 27e nuit avec précision. En effet, il est recommandé de la rechercher dans les dix (10) derniers jours du jeûne, c’est-à-dire consacrer les dix (10) dernières nuits aux veillées de prières et à la dévotion. Celui-ci ajoute qu’il est même conseillé aux musulmans de se retirer dans les mosquées pendant cette période afin de se consacrer à Dieu.

Dans la religion musulmane, le prophète Moïse, appelé Moussa, dans sa mission s’est consacré durant 83 ans à adorer Dieu. Mohamed a envié cette manière dont Moussa se consacrait à Dieu. Il s’est demandé pourquoi pas mes adeptes ? Pourquoi mes adeptes ne se consacrent-ils pas à Dieu comme l’a fait Moussa ? Il a alors demandé à Dieu de lui donner une nuit entière pour se consacrer à lui.

Allah a exaucé ses vœux en lui donnant la fameuse nuit du destin.

Une nuit de récompense

La nuit du destin "Leila toul qadri’’ est pleine de récompenses pour les musulmans qui l’a consacreront à l’adoration de Dieu. Pendant cette nuit du destin, il s’agira pour les fidèles musulmans de faire des veillées de prières, des aumônes, bref tous les actes de dévotion. El Hadj Kouraogo : "le chapitre "qadri’’ précise que la nuit du destin équivaut en récompense à mille mois de dévotion soit 83 ans et 6 mois d’existence. Le Ramadan est si important en islam qu’il constitue avec le Coran une des rares causes d’intercession des faveurs de Dieu". Aussi a-t-il ajouté qu’il n’a pas la prétention de tout connaître et ce qu’il a expliqué n’engage que lui et non aucune des associations musulmanes auxquelles il fait partie. Par ailleurs, il a appelé les musulmans à bien profiter de cette période bénie pour se rapprocher de Allah.

Boureima SANGA


Jeûne du Ramadan : Histoire et principes

Les fidèles musulmans ont observé un mois de jeûne. Mois de solidarité et de pénitence, il est celui de la piété, mois qui rapproche l’homme de Allah, le tout-puissant. Nous avons rencontré un membre du collège des imams du Cercle d’étude, de recherche et de formation islamiques (CERFI) Issouf Zampaligré et un fidèle, Moussa Bambara. Ils évoquent les origines, les vertus et les principes du jeûne.

Le jeûne a été révélé à la 2e année de l’Hégire (en 624). C’est au mois de Chabban (8e mois du calendrier lunaire) que Dieu a révélé le verset : "Oh, vous qui portez la foi, le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été aux générations antérieures afin que vous atteigniez la piété’’. C’est à partir de ce moment que le jeûne est devenu obligatoire pour le prophète et ses compagnons. Selon Issouf Zampaligré, membre du collège des imams du Cercle d’étude, de recherche et de formation islamiques (CERFI), le jeûne trouve non seulement "son fondement dans le Coran mais aussi dans la sunna (la parole du prophète). Pour Moussa Bambara, un fidèle musulman, "on retrouve également les origines du jeûne dans les Anciennes Ecritures comme la Bible, la Torah.C’était en fait, une tradition des prophètes...’’. Donc au temps de Mohamed, on a fait que réinstaurer une pratique qui a déjà existé, a-t-il précisé. Moïse, Jésus, Abraham ont tous jeûné et le prophète Mohamed est venu pour parachever le message qui a été entrepris par les prophètes antérieurs.

Des vertus sociales, médicales et de piété...

Les vertus du jeûne sont nombreuses. Pour Issouf Zampaligré du CERFI,"le premier décade du jeûne symbolise la clémence et la miséricorde. Le second est relatif au pardon de Dieu et le troisième concerne l’affranchissement du feu de l’enfer". Selon lui, c’est le mois où les portes du paradis sont ouvertes. Quant au fidèle musulman, Moussa Bambara, il pense que la première vertu du mois de Ramadan est la piété. Une piété qui consiste à rapprocher l’homme de Dieu. Il y a aussi la vertu sociale. Ce mois consacre la culture de la solidarité au sein des musulmans. Celle-ci se matérialise par la Zakat (l’impôt de la fête). C’est dire que le jour de la fête, aucun musulman ne doit manquer de repas. C’est pourquoi, il est recommandé aux fidèles de prélever une partie de leurs biens pour la redistribuer aux pauvres. Le jeûne a aussi des vertus médicales. "Il a été établi que pour soigner certaines maladies cardio-vasculaires ou même l’obésité, le jeûne est conseillé’’, a souligné M. Bambara.

Une dimension extérieure et surtout intérieure

Le jeûne a une double dimension. Il est d’abord extérieur. C’est-à-dire qu’il consiste pour le fidèle musulman à s’abstenir de boire, de manger, de faire des rapports sexuels de l’aube au coucher du soleil. Mais, le jeûne va au-delà de ces concepts, a indiqué le fidèle M. Moussa Bambara. Selon lui, "l’importance du jeûne est d’amener l’homme à quitter les pesanteurs sociales ou les maladies du cœur pour s’élever vers la spiritualité divine’’. C’est pourquoi le musulman doit faire jeûner tous ces sens (bouche, oreilles, yeux) et ses organes. C’est celui-là qui élève l’homme vers la spiritualité et non le jeûne mécanique. S’adressant à ses fidèles, le prophète a dit ceci : "Plus d’un parmi vous ne va récolter du jeûne que la faim et la soif’’. En clair, cela voudrait dire que des gens souffriront de faim et de soif sans avoir au final, la bénédiction divine. Cela parce qu’ils n’auraient pas fait jeûner leurs sens. Donc, "la dimension intérieure du jeûne est fondamentale’’, selon M. Moussa Bambara, il est important que les fidèles musulmans aient aussi à l’esprit que les cinq prières sont obligatoires alors que celle de la nuit ne l’est pas.

Saturnin Nadoun COULIBALY


Le jeûne de rattrapage : Mode d’emploi

Pour plusieurs raisons, le fidèle musulman peut manquer d’observer le jeûne durant tout ou partie du mois de Ramadan. Alors, il lui est permis de se rattraper... Le cheick Mahamoudou Bandé nous en parle.

Le musulman en âge de jeûner, qui n’est pas en voyage, et qui est en bonne santé... doit observer le carème pendant les 30 jours du mois de Ramadan. Pour celui qui voyage, et Dieu seul sait qu’un voyage peut se révéler pénible, le jeûneur est autorisé à reporter son jeûne, le temps de le reprendre après le Ramadan, suivant le nombre de jours qu’a duré le voyage.

Les vieilles personnes, qui ont besoin de s’hydrater toutes les deux ou trois heures, ou les personnes malades (diabète, tension, etc) ne sont pas astreintes au jeûne. Cependant, si ces personnes guérissent de leur mal, à bref délai, elles doivent se "dédouaner’’. Si ce sont des souffrances qui ne sont pas près de s’arrêter, le musulman doit, chaque soir durant le Ramadan, trouver des provisions (3 à 4 kilos de riz par exemple) et faire offrande à un jeûneur afin que celui-ci puisse accomplir son carême. Cela devrait durer tout le mois. Le meilleur, c’est de faire cette offrande avant le Ramadan.

D’autres situations peuvent amener à faire le jeûne de rattrapage. En effet, selon le cheick Mahamoudou Bandé, le prisonnier qui n’arrive pas à prendre son repas aux heures dues n’est pas tenu de jeûner. Mais un tel prisonnier, s’il recouvre sa liberté dans la même année, est soumis au rattrapage s’il est en bonne santé.

Quant au condamné à mort, qui est détenu dans des conditions ne favorisant pas le jeûne, il est pardonné.

Souleymane SAWADOGO


La femme musulmane en période de jeûne : Tâches et obligations

Le mois de Ramadan est une période spéciale pour la femme musulmane. La réussite du jeûne, quatrième pilier de l’islam, dépend particulièrement d’elle.

Durant le jeûne, la femme accompagne et facilite à l’homme, l’accomplissement des prescriptions de Dieu. C’est pourquoi, Dieu l’a déclarée vêtement pour l’homme : "Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles...’’.

Pendant cette période, en plus de ses tâches quotidiennes, elle doit accomplir des tâches ménagères supplémentaires. Malgré le sommeil et la fatigue, la femme s’évertue à assurer à la famille, le repas du début de jeûne (le Souhour) qui a lieu aux environs de quatre heures du matin. A la rupture, elle doit veiller à ce que le repas (iftar) soit prêt afin que les jeûneurs puissent rompre convenablement leur jeûne. Ces deux activités, c’est-à-dire la préparation du "souhour’’ et de l’"iftar’’ demandent beaucoup d’efforts et d’endurance. Mais cela doit constituer pour la femme musulmane une source de motivation, car c’est le moment propice pour elle de se faire pardonner du Tout-puissant.

Un moment pour améliorer la spiritualité

Toutefois, les tâches ménagères ne doivent pas faire perdre de vue à la femme l’aspect sprirituel du jeûne. Selon Awa Séré, secrétaire à la mobilisation et à la formation des sœurs de l’AEEMB (Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina), "la femme doit redoubler d’effort sur le plan moral, sprituel et social. Elle doit profiter de ce mois pour améliorer sa spiritualité’’.

Tout comme l’homme, "la femme musulmane doit se lancer dans la recherche de la miséricorde, de l’affranchissement et du pardon du Seigneur’’, ajoute-t-elle.

Au même titre que l’homme, le jeûne est obligatoire pour la femme. En cas d’empêchement (menstrues, allaitement...), elle doit rembourser ce jeûne avant le début de la prochaine période de Ramadan.

Comme les femmes du prophète Mahomed, la femme musulmane doit participer aux prières de nuit, à la lecture du Coran, suivre les prêches surtout pendant les dix dernières nuits du jeûne.

C’est également pour elle, l’occasion de discipliner ses sens en évitant la calomnie, la médisance. Elle doit aussi garder son corps pour ne pas transgresser les ordres divins.

A l’endroit de son mari, "la femme doit être plus respectueuse et dévouée à son mari. Elle doit être prête à répondre à ses sollicitations’’ (cf le journal An-nasar du vendredi n° 041 du 29 octobre 2004).

Pendant la même période, elle doit apprendre à endurer la faim et la soif, à modérer ses désirs, à dominer sa colère, à servir les autres et surtout à s’éloigner de la jalousie. Elle doit faire en sorte que le jeûne apporte un plus dans le climat familial.

A toute femme musulmane, le mois de Ramadan est offert pour se ressaisir, pour se racheter afin d’espérer en retour, la miséricorde de Dieu.

Fatouma Sophie OUATTARA


La bouffe au rendez-vous !

C’est jour de Ramadan. Entre la prière à la mosquée, la sape et les visites tous azimuts, il y a au centre, la bouffe. Musulman ou pas, seul, en famille, dans les associations, c’est parti pour une journée de ripaille. Et chacun y trouve son compte.

A quelques jours de la fête de l’Aïd El Fitr communément appelée Ramadan, le petit sifflote, l’air très heureux en jonglant son ballon. "Qu’est-ce qu’il y a petit, t’es très content ?’’ dis-je. "Oui, parce que dans deux jours, c’est Ramadan et je vais bien manger et boire". Très normal comme explication. En effet, les jours de fête comme le Ramadan, l’idée qui hante les esprits de la plupart des mortels, c’est le "manger-boire’’ à sa guise. On aime beaucoup plus à soigner le corps que l’esprit. Dans les familles musulmanes, l’énergie n’est pas mise en réserve pour faire plaisir à tous les membres de la famille, amis et visiteurs. "Chacun y va selon ses moyens", explique Issaka Rouamba, habitant du secteur 28. Les mets proposés sont variés, viande de bœuf, de mouton, de poulets, frite ou cuite, crudité, gâteaux, riz, couscous, garnissent les tables à manger. Au niveau des boissons, c’est le zom-koom, le bissap, la sucrerie, la bière. Les quantités sont renforcées car les visiteurs, il y en aura de toute part : amis, voisins, parents se rendent visite ce jour pour se souhaiter mutuellement la bonne fête et partager le repas.

Les autres confessions religieuses ne sont pas en reste dans l’activisme festif. L’on prépare pour offrir un plat au voisin musulman accompagné d’une ou de caisses de boisson. Parce qu’il y a comme depuis un certain temps du donna-donna entre confessions religieuses les jours de fête.

Après donc la prière, c’est la tournée dans les familles. Au milieu d’un morceau de viande et d’une bouteille, on déguste en écoutant la musique. Pendant ce temps, les enfants crient et chantent, le ventre plein, l’air content avec en poche, 50 ou 100 F CFA reçu du tonton ou de la tantie. Certains El Hadj offrent à leur domicile ou au sein des mosquées, des repas communautaires pour faire partager la joie de la fête aux plus démunis.

Tout le monde est servi ; même les hommes célibataires n’ont pas besoin de faire la cuisine ce jour. Mamadou Yaméogo, étudiant et célibataire souligne que les familles musulmanes autour de lui, lui amènent à manger. Il en reçoit tellement que même les amis qui viennent lui rendre visite sont servis à satiété.

Ismaël BICABA (bicabai@yahoo.fr)


Les bonnes recettes de l’Aïd

Riz au lard et aux épinards

Préparation : 20 minutes

Cuisson : 30 minutes

du riz

1 Kub,

150 g de lard de poitrine,

1 kg d’épinards ou 4 paquets de feuilles,

2 œufs,

1 pincée de muscade râpée,

50 g de gruyère,

1 cuillerée de beurre,

2 cuillerées de chapelure

sel, poivre ou piment

Faire cuire le riz en ajoutant à l’eau de cuisson 1 cube fondu. Faire fondre le lard coupé en dés.

Laver les épinards ou les feuilles de taro ou folo, faire cuire 8 minutes à l’eau bouillante, les égoutter, les presser et les hacher finement. Les faire revenir dans la graisse chaude du lard fondu. Couvrir et laisser cuire, puis mélanger au riz cuit.

Ajouter, hors du feu, les œufs battus et les assaisonnements, ainsi que du fromage râpé si on le désire.

Verser dans un plat à gratin beurré. Saupoudrer de chapelure. Laisser à four chaud pendant 10 à 15 minutes. Servir très chaud.

Riz sénégalais

Préparation : 45 minutes

Cuisson : 2 heures 20

du poisson

2 poireaux,

6 piments doux,

1 petit bouquet de persil,

1 verre d’huile,

2 oignons,

4 tomates,

6 carottes,

1/2 chou,

1 racine de manioc doux,

2 patates douces,

1 courgette,

1/4 de courge,

1 aubergine,

6 gombos,

350 g de riz,

sel.

Préparer le poisson en laissant la tête. Hacher très finement les blancs des poireaux, deux piments doux et le persil. Mélanger et saler. Farcir le poisson avec ce "roff".

Chauffer l’huile dans une cocotte minute et y faire revenir le poisson pendant 10 minutes de chaque côté. Ajouter les oignons émincés et les faire blondir. Ajouter les tomates, couvrir et laisser cuire pendant 10 minutes.

Retirer le poisson et mettre dans la sauce de cuisson. carottes, chou, manioc et quatre piments entiers. Recouvrir d’eau, saler, laisser mijoter à feu doux pendant 1 heure. Ajouter alors. patates douces, courgette, courge, aubergine, gombos et un peu d’eau si cela est nécessaire.

Poser le poisson sur les légumes. Il ne doit pas être recouvert d’eau. Laisser cuire pendant 30 minutes.

Prélever le bouillon nécessaire pour faire cuire le riz et écraser dedans les piments et de la tomate déjà cuite. Faire cuire pendant 17 minutes.

Servir chaud dès que la cuisson est achevée : le riz au centre, les légumes autour, le poisson sur les légumes.

Salade melangée

Ingrédients

50 g de mâche

1 petite branche de céleri

1 endive

2 pommes acides

1 citron

1 yaourt

2 grands carrés de demi-sel ou 80 g de comté

1 oeuf dur

1 cuil. à café de moutarde aux herbes sec poivre

Préparation

Faites cuire l’oeuf dans de l’eau froide salée pendant 10 mn (à partir de l’ébullition).

Dans de l’eau vinaigrée nettoyez soigneusement les salades. Pelez les pommes et coupez-les en quartiers fins.

Arrosez de suite avec le jus d’un demi-citron

Râpez le céleri Ecallez l’oeuf refroidi.

Mélangez le yaourt, la moutarde, le céleri râpé le jus du demi-citron restant, salez et poivrez Dans un saladier mettez les salades et les quartiers de pommes.

Coupez le fromage en dés ainsi que l’oeuf dur puis mélangez le tout délicatement.

Arrosez avec la sauce au moment de servir.

Cuisine

Couscous simple

Préparation : 1 heure.

Cuisson : 2 heures 30.

- 800g de viande de mouton,

- 4 cuillerées d’huile,

- 300g d’oignons,

- 100g de concentré de tomates,

- 250g de tomates fraîches,

- 1 litre d’eau,

- 1 bouquet garni,

- 400g de chou,

- 300g de navets,

- 300g de courgettes,

- 300g de manioc,

- 300g de patates douces,

- 200g de citrouille,

- 100g d’oignons verts,

- 600g de couscous de mil,

- sel, poivre

Couper la viande en morceaux. Faire chauffer l’huile. y faire revenir la viande, puis les oignons émincés. Quand le tout est bien doré, ajouter le concentré de tomates délayé dans un peu d’eau, puis les tomates pelées et coupées.

Verser l’eau, mettre le bouquet garni, Je sel et le poivre. Faire cuire. A ébullition, ajouter les légumes pelés et coupés en morceaux. laisser cuire doucement 2 heures 30 au moins et plus si cela est nécessaire.

Quand le tout est cuit, mettre la viande et les légumes dans un plat chaud. Disposer l’ensemble avec goût. Tenir au chaud.

Mouiller le couscous avec la sauce. Servir chaud, accompagné du plat de viande et de légumes.

Cidre d’ananas

Couper le bouquet de feuilles qui couronne les ananas. Couper les folioles qui entourent les "yeux". Laver et brosser les fruits. Les découper en quartiers, sans les éplucher et les mettre dans une jarre avec l’eau et le sucre. Couvrir le récipient avec un linge. Laisser macérer pen­dant 4 ou 5 jours.

Retirer alors les quartiers d’ananas et les presser. Recueillir le jus et le mélanger au liquide de la jarre. Le filtrer et le mettre dans des bouteilles teintées et très résistantes. Bien boucher et ficeler le bouchon pour éviter qu’il saute.

Consommer froid.

Cette boisson ne se conserve pas très long­temps.

Préparation : 15 minutes

Macération : 5 jours.

4 gros ananas

12 litres d’eau,

2 kg de sucre

Limonade

Peler les ananas. Laver les pelures, ainsi que les citrons et les feuilles d’oranger. Couper les citrons en rondelles et les pelures d’ananas en morceaux.

Mettre le tout dans un récipient ouvert. Ajoute le sucre, le vinaigre et l’eau. Laisser macérer pendant 3 ou 4 jours.

Passer dans un linge très fin, verser dans des bouteilles solides et très bien bouchées. Les coucher dans un endroit frais.

Remarque : Ne pas faire macérer la préparation dans un récipient vernissé.

Préparation : 15 minutes

Macération : 3 ou 4 jours

2 gros citrons,

3 ananas,

3 poignées de feuilles d’oranger,

1 kg 500 de sucre,

1/2 verre de vinaigre

30 litres d’eau.

Citronnade

Laver les fruits, les peler, hacher finement les zestes. Verser l’eau bouillante dessus, couvrir et laisser infuser pendant 30 minutes.

Passer l’infusion, ajouter le sucre et faire bouillir 1 ou 2 minutes. Retirer du feu. Presser les fruits et ajouter le jus au mélange sucré. Laisser refroidir et servir bien glacé.

Préparation : 15 minutes.

Infusion : 30 minutes.

Cuisson : 2 minutes.

1 citrons,

1 orange,

1 litre d’eau,

100 g de sucre.

Zoom-koom enrichi aux fruits I

Ingrédients

- Petit mil

- Epices (féfé, canafi, gingembre, alcafou, kanafoura)

- Sucre,

- Sucre vanillé

- Tamarin, citron

- Menthe

- Fruits (oranges, papayes, bananes,

pastèques, mangue séchées.

Préparation

Pile : le petit mil pour enlever le son. Le laver, le laisse tremper, le sécher et le moudre en farine avec ces épice. Eplucher les bananes, la papaye, les pastèques. Malaxer la farine avec les bananes, la papaye et les pastèques préalablement réduites en purée.

Piler les mangues séchées, presser les oranges et les citrons.

Tamiser la far/ne délayée.

Ajouter les jus de citron et d’orange, la menthe, le sucre et le sucre Vanillé, la glace à volonté et servir.

Zoom-koom enrichi aux fruits II

Ingrédients

- Petit mil

- Gingembre
- Banane
- Citron
- Pastèque

- Menthe (sirop)

- Jus d’ananas

(conserve)
- Sucre
- Papaye

Préparation

Faire tremper le petit mil pendant 24 heures. Le laver et le débarrasser de toute impureté. Ajouter gingembre + camphre puis faire moudre finement. Délayer la farine, passer au tamis fin. Laisser reposer une nuit ; enlever une quantité de l’eau qui surnage et délayer en ajoutant de l’eau nouvelle (moins Importante que l’eau initiale).

Presser le jus de citron et d’orange, découper la pastèque, banane, papaye en petits morceaux et les mettre dans le zoom-koom. Sucrer, ajouter la menthe et le jus d’ananas et servir frais.

Source Rinoodo
Par Hamsétou OUEDRAOGO

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