Actualités :: Excision : 3 ans ferme pour Adama Barry
A. Barry

Le lundi 16 août 2004, sous une pluie battante, les lames de l’exciseuse Adama Barry, récidiviste, expédiaient 16 fillettes à la clinique El Fateh-Suka.

Elle avait été aidée dans sa triste besogne par douze complices. Hier, le Tribunal correctionnel de Ouaga l’a condamnée à 3 ans de prison ferme, tandis que ses acolytes ont écopé chacune de 3 mois ferme.

Seul relaxé dans cette affaire qui a défrayé la chronique au mois d’août, Rahamané Tiendrébéogo, le propriétaire de la cour où les fillettes ont été excisées (Koulwéoghin, secteur 23). Absent du domicile au moment des faits, l’accusé a bénéficié du doute.

Quant à l’actrice principale de ce feuilleton dramatique, Adama Barry, déjà condamnée à quatre reprises pour les mêmes faits, elle retrouvera la Maison d’arrêt et de correction de Ouaga (MACO) pour avoir été encore reconnue coupable du chef d’accusation qui lui est reproché.

A 55 ans, l’exciseuse vient d’écoper de la peine maximale au regard de l’article 380 du Code pénal, qui stipule : « Est puni d’un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d’une amende de 150 000 à 900 000 FCFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque porte ou tente de porter atteinte à l’intégrité de l’organe génital de la femme par ablation totale, par excision, par infibulation, par insensibilisation ou par tout autre moyen. Si la mort en est résultée, la peine est un emprisonnement de 5 à 10 ans ».

Pour Aoua Sanfo, Zalissa Bougouma, Assita Tapsoba, Sétou Tiendrébéogo, Assita Tiendrébéogo, Mariam Tiendrébéogo n°1 et n°2, Fatimata Zoungrana, Ami Tiendrébéogo, Rasmata Nikiéma, Rasmata Sawadogo et Mariam Nikiéma, dont la complicité a été établie lors de ce procès, elles ont toutes été condamnées à 3 mois d’emprisonnement ferme. Au cours de l’audience, Adama Barry, qui a reconnu les faits, s’est maintes fois confondue en excuses, soulignant que c’est Aoua Sanfo qui lui a forcé la main.

Argument qui ne convaincra personne, pas plus le Parquet qui, dans son réquisitoire, a demandé 18 mois de prison ferme à l’encontre de l’exciseuse récidiviste et de ses complices. Autant dire que le tribunal a eu la main plus lourde puisqu’il a affligé aux inculpés la sanction maximale, « pour que cela serve d’exemple aux autres ».

Mais c’est à se demander si, avec une multirécidiviste comme dame Barry, ces procès et ces condamnations servent de leçons dans un environnement socio-culturel où les pesanteurs sont tenaces et les mentalités encore rétrogrades. Car si ça se trouve, ces exciseuses doivent se dire dans leur for intérieur qu’elles sont victimes d’une injustice, convaincues qu’elles sont d’agir pour le bien des fillettes.

12 mois ferme pour le sosie de Mano Sniper

Autre affaire jugée hier, "l’Affaire Mano Sniper", leader du Groupe de rap 2KAS, victime des conséquences d’actes malveillants de son sosie, Yacouba Ky. Ce dernier, lui aussi musicien, a profité du succès de ces jeunes rappeurs burkinabé pour écumer les maquis, les restaurants, les télécentres, les hôtels et même racketté certaines autorités, à qui il a extorqué des centaines de milliers de francs CFA.

Ces actes de l’imposteur ont entaché l’image du groupe et ont plongé son leader Mano Sniper dans l’insécurité. Yacouba Ky a reconnu les chefs d’accusation d’usurpation d’identité et d’escroquerie. Ce dernier, pour sa défense, a invoqué des problèmes de santé pour justifier son attitude.

Selon lui, il souffrirait d’une hépatite B, une maladie qu’il n’a pas pu du reste justifier lorsque le tribunal lui a demandé un document certifiant son mal. Le Parquet a donc requis 18 mois de prison ferme à l’encontre de l’inculpé, qui, selon les témoignages d’un de ses proches, préparait la sortie de son album. Mais le tribunal l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement ferme. Yacouba Ky avait déjà été condamné, il y a un an de cela, à 3 mois ferme pour vol de portable.

A l’issue du procès, le plaignant, Mano Sniper, a pris acte du verdict et s’est réjoui que justice ait été rendue, car il fallait que la lumière soit faite sur les agissements de son collègue et sosie avec qui il avait signé d’ailleurs un pacte pour qu’il arrête ses activités malsaines. Mais Yacouba Ky n’avait jamais respecté ce pacte et avait poursuivi son « deal » malhonnête. En voici les conséquences.

Cyr Payim Ouédraogo
Simplice Baro(stagiaire)
L’Observateur

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