Actualités :: Chambres de passe : Une activité florissante à Ouagadougou mais…

Le commerce de sexe est devenu un secteur d’activités comme les autres dans le paysage économique burkinabè. En témoigne la multiplication des chambres de passe, le lieu principal de son exercice.

« On n’a plus besoin de se marier ou d’avoir une régulière pour satisfaire ses besoins masculins », ainsi ironisait un vieux dont la maison est située non loin d’une des nombreuses chambres de passe de Ouagadougou. Notre sexagénaire ne croyait pas si bien dire. A peine le soleil disparu, les belles de nuit sont à la recherche de taxi pour rejoindre leur lieu de travail. Généralement, elles vont loin de leur domicile pour se soustraire au regard des connaissances. D’ailleurs l’abondance des lieux d’exercice permet cette migration.

Un détournement
Selon des informations des services techniques de la mairie, ces chambres de passe sont érigées sur des parcelles dont la destination était la construction de maisons d’habitation.

On doute d’ailleurs que les services de Simon COMPAORE puissent attribuer une petite portion de cette terre du Faso avec pour motivation l’érection de lieu de si mauvaise réputation. Le détournement est donc réel. Et il faut prendre des mesures pour rétablir les honnêtes citoyens dans leurs droits. Des gens ont été contraints de retourner au village ou d’aller dans une zone d’habitation spontanée par manque de parcelles. Tandis que d’autres, parce qu’ils en ont plusieurs en font la plus mauvaise utilisation qui soit. « Les chambres de passe génèrent de l’argent, beaucoup d’argent », dit-on, mais est-ce une bonne voie pour le décollage d’une économie ? Assurément non.

Promoteurs riches et maladies à gogo
Un jeune qui travaille dans un de ces lieux peu recommandables avouait un jour qu’il empochait entre cinquante et cent mille F CFA les week-ends, le double les nuits de fête. Avec une telle manne, ce n’est pas demain que le promoteur de cette « boite » fermera la boutique. La multiplication des chambres de passe est assurément une catastrophe pour la ville. Quel que soit l’argumentaire que l’on peut avancer pour justifier la prostitution, il est clair que personne n’ose ouvertement la défendre. Or c’est le plus vieux métier du monde qui nourrit les maisons closes. Le maire Simon COMPAORE, lors de son premier mandat, avait déclaré la guerre au commerce du sexe.

Face à la forte résistance des animateurs du secteur, il a levé le pied et promettait de revenir à la charge en temps opportun. Depuis on attend toujours. A sa décharge, il y a de gros intérêts. Si on en croit certains, ce ne sont pas des quidams qui font la promotion de ces lieux. Il y en aurait de vrais bonzes dans le milieu et qui sont prêts à tout pour défendre leur source d’enrichissement. Puisqu’il faut du carburant pour qu’un moteur tourne, il faut des femmes pour l’occupation de ces lits.

C’est pourquoi, on les retrouve dans les réseaux de proxénétisme entre certains pays voisins et le Burkina. Certes les filles burkinabè sont dans le circuit depuis longtemps, mais leur présence semble aléatoire.
Ce qui est sûr, l’existance de ces chambres favorise la propagation des infections sexuellement transmissibles, avec à leur tête le Sida. Le ravage de ce fléau ne laisse personne indifférent, en témoignent les sommes colossales dépensées pour son éradication ou du moins la réduction de ses effets. Ces efforts resteront vains, si on ne traite pas le mal à la racine.

La fermeture de ces maisons n’effacera pas comme un coup de baguette magique le fléau de la prostitution mais il constituera un signal fort pour ceux qui pensent qu’ils peuvent vivre éternellement du malheur des autres. La pharmacie de garde, Bagdad, Kampala city, Amitié…sont des noms de célèbres « sex shop » de Ouagadougou. Nous ne faisons que tirer le tocsin pour éviter un jour de sonner le glas. Cette activité florissante que constituent les chambres de passe est un de nos endroits de repos éternel.

Ahmed NAZE
L’Opinion

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