Actualités :: Mutilations génitales féminines : Adama Barry, une exciseuse récidiviste aux (...)

Le 16 août dernier dans le quartier Tanghin ( au secteur 23 ) de Ouagadougou sous une pluie battante, Dame Adama Barry une exciseuse récidiviste notoire ( condamnée à quatre reprises par la justice ) se livrait à son exercice macabre favori : l’excision de 16 fillettes âgées de deux à dix ans.

Grâce à une bonne volonté qui a alerté le Comité national de lutte contre la pratique de l’excision ( à travers le SOS excision 50 31 15 71 ), la coupable a été arrêtée avec ses complices ( pour la cinquième fois ) et retenue à la Brigade territoriale de gendarmerie du Kadiogo.

La vieille Adama Barry est notoirement connue des arcanes de la justice, de la gendarmerie et du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision ( CNLPE ) qui l’a sensibilisée sur les conséquences de l’excision. Pourquoi cette exciseuse au courant donc des conséquences de ses actes, récidive-t-elle ? Les punitions sont -elles légères ? Pour Madame Hortense Palm, secrétaire permanente du Comité, " l’intéressée à tous les coups, purge ses peines avec paiement d’amendes. Cette fois-ci la justice tiendra compte de ses récidives. Elle est âgée, mais cela n’empêchera pas qu’on lui inflige le maximum ". Quatre (4) fois condamnée à des peines allant de 4 à 6 mois de prison ferme, Mme Adama Barry est à sa cinquième arrestation pour excision de 16 petites filles.

A la Brigade territoriale de la gendarmerie du Kadiogo, l’exciseuse en chef, Adama Barry et douze (12) autres dames du même acabit pour la plupart d’entre elles des mamies de petites filles répondent de leurs méfaits depuis le 16 août. Tiendrébéogo Rahamane cultivateur et réparateur de vélos au Théâtre populaire a prêté sa maison pour la chirurgie macabre de Adama Barry . Interpellé par la gendarmerie et une de ses femmes, il avouera ne pas être au courant de l’opération. Difficile à croire car on imagine mal comment seize (16) fillettes peuvent subir ce sacrifice d’un autre âge dans l’ignorance d’un chef de famille africain.

Une lame et un tampon de poudre noir pour bloquer l’hémorragie

Pour son opération, " le docteur " Adama Barry avait dans son trousseau, une lame-rasoir et une poudre noire issue d’un arbre pour arrêter les hémorragies. " Ce sont les femmes qui m’ont suppliée de leur venir en aide pour exciser leurs enfants. Je n’ai pas demandé à le faire ... ", dira le " docteur " Adama Barry qui déclare avoir 55 ans ( l’âge de la retraite) alors qu’on lui donnerait facilement 70 à 75 ans. En outre l’opération selon l’exciseuse, coûte 250 FCFA pendant que, selon les enquêtes, il faudrait débourser 100 à 1250 FCFA pour une mutilation génitale.

Comment Adama Barry s’y prend-elle ? " J’enlève un peu au bout ", dira-t-elle en connaisseuse. En enlevant un peu au bout elle a envoyé à la clinique El Fateh Suka , 16 pauvres innocentes dont les lamentations sont à fendre l’âme. Une de ces bébés de 2 ans et demi est arrivée au bloc opératoire de cette clinique souffrant d’une lésion au stade 2, c’est -à -dire que le clitoris et les petites lèvres ont été arrachées. "

Arrivées le 16 août à la clinique El Fateh Suka vers 17 heures, les 16 petites filles souffraient d’une lésion du stade 1 (ablation du clitoris) à " l’exception d’une d’elles qui souffrait d’une lésion au stade 2 que nous avons tout de suite conduite au bloc opératoire pour une réparation. Les premiers soins ont été faits. Elles ont été vaccinées et des visites ultérieures seront faites ", nous confiera l’assistante du professeur Akotionga, le docteur Adjani.

Dala Salamata, jeune mère d’une jeune excisée avoue ne rien comprendre. " C’est le jour de l’excision que j’ai été informée par la maman de mon mari. Ce dernier n’étant pas là, je ne pouvais que me soumettre ", nous dira-t-elle. Heureusement que ces mamies tiennent compagnie à Barry Adama dans les locaux de la gendarmerie. Le Comité national de lutte contre la pratique de l’excision a déboursé plus de deux cent mille pour les soins des 16 fillettes. " Le téléphone SOS Excision 50 31 15 71 doit mieux fonctionner pour dénoncer et punir des cas similaires et la collaboration de la population doit être constante.

Si le comité n’avait pas été interpellé le 16 août, une des fillettes allait mourir ", lança la secrétaire permanente du comité en guise d’appel.

Fernando GUETABAMBA


La secrétaire permanente du CNLPE : " La justice tiendra compte des récidives de Adama Barry "

Docteur Adjani (avec en arrière-plan les filles excisées) : " Les premiers soins ont été faits ".

Adama Barry, l’exciseuse récidiviste doit être punie à la hauteur de son forfait.

L’exciseuse et Rahamane Tiendrébéogo dont la cour a servi à l’opération. Derrière eux, les mamies des enfants.

Ce bébé souffrait de lésions au stade 2 : ablation du clitoris et des lèvres.


Article 380

Est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 150 000 à 900 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque porte ou tente de porter atteinte à l’intégrité de l’organe génital de la femme par ablation totale, par excision, par infibulation, par insensibilisation ou par tout autre moyen.

Si la mort en est résultée, la peine est un emprisonnement de cinq à dix ans.

Sidwaya

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