Actualités :: Les petites vendeuses ambulantes : De gros risques pour de petits (...)

Elles sont des milliers à arpenter les rues de Ouagadougou (surtout pendant les vacances scolaires), une assiette "de marchandises" sur la tête qui, pour proposer des mangues, arachides, qui, pour vendre des oranges, des papiers jetables etc.

Ces filles surnommées "assiettes Kamba " ou les enfants des assiettes mènent une activité périlleuse livrées qu’elles sont aux diverses agressions. Il faut étudier pour certaines d’entre elles, d’où ce risque pendant que pour d’autres, il faut tout simplement vivre "même en compagnie du risque". Reportage

Les objectifs premiers de ces petits vendeurs et vendeuses sont les mêmes au départ : participer activement à entretenir la marmite familiale et subvenir à d’autres petits besoins. Jeunes ou moins jeunes, elles battent le pavé à longueur de journée bravant canicule et orages nom un chiffre d’affaires de trois cents (300) à sept cents (700 F CFA) par les plus chanceuses.

Françoise est une gamine de 13 ans. Elle passe de porte en porte et propose des produits "Mosquito" contre les moustiques. Fraîchement reçue au Certificat d’études primaires (CEP, session 2003-2004), son résultat semble l’avoir ragaillardie dans son "activité commerciale" qu’elle exerce depuis le CE2 "pour aider ma maman et payer mes cahiers dira-t-elle. Elle attend avec impatience et inquiétude les résultats de l’entrée en sixième. "Je serais obligé de redoubler si je ne suis pas reçue à l’entrée en sixième car mes parents n’ont pas les moyens de m’inscrire au privé" avouera-elle avec fatalisme.

Azara. K. semble plus ancienne dans le métier. En classe de 5e au lycée Songtaaba, elle affirme sûrement passer en 4e avec une moyenne de 13/20. Elle habite le secteur 16 à Cissin et nous l’avons accostée au secteur 10 à Larlé, son assiette d’arachides grillées et fraîches sur la tête. Le père de Azara est chauffeur et s’occupe des frais de scolarité, à charge pour sa fille de subvenir à ses autres besoins (cahiers, habillement...).

Au-delà des dizaines de kilomètres qu’elle parcourt, ne mène-t-elle pas une activité risquée ? Je reçois des propositions indécentes du genre : Je t’achète tes arachides au triple de son prix, mais à la maison chez moi. Quelle est la réponse à ses propositions indécentes ? lui avons-nous demandé.

"Je poursuis mon chemin...."

La jeune Aïssata est ce qu’on pourrait appeler une petite vendeuse professionnelle à la différence des autres qui mènent leurs activités juste le temps des vacances.

Vendeuse de mouchoirs jetables au départ en classe de CE1, elle abandonne l’école en classe de CM2 (pour des raisons économiques) pour se livrer à son commerce qui a pris un petit coup de fouet. Des mouchoirs jetables, elle vent aujourd’hui des produits de luxe (parfums) et autres marchandises. Je crois pouvoir bientôt m’installer dans un lieu fixe car les risques du commerce ambulant sont énormes . "Un jour saus l’intervention des bonnes volontés, ç’allait chauffer pour moi". Elle nous avouera avoir été victime de plusieurs tentatives de viols).

Femme au foyer avant l’âge, Aïssata s’occupe de ses trois petits frères. Orpheline de mère, son père s’est remariée avec les conséquences que cela suppose pour les enfants du premier lit. Si Françoise, Azara, Aïssata confessent pratiquer le rude et dangereux métier des vendeuses ambulantes, certaines d’entre elles, il faut l’avouer, prennent l’assiette comme un prétexte.

Le prétexte de l’assiette

En effet, il n’est pas rare de voir de ces vendeuses richement habillées, portant une assiette de fruits dont la valeur n’excède pas cinq cents (500 F CFA) et faire les yeux doux aux clients. Une de ces filles qui n’ont pas froid aux yeux", nous lancera :

"J’ai des copains comme tout le monde qui s’occupent de moi. Je ne suis pas une fille au hasard moi." Nous avons compris : les clients sont sélectionnés. Si certaines personnes a scrupules profitent de ces innocentes sans défense, il faut reconnaître que d’autres filles vont carrément verts les hommes et avec "deux bananes sur l’assiette" trouvent le prétexte de se prostituer. Les risques sont grands et nombreux pour les "assiettes kamba" et beaucoup d’entre elles sont victimes de grossesses non désirées, de maladies sexuellement transmissibles et du Sida.

"On s’en fout"

Les pères de familles (aucun n’a voulu témoigner) "de guerre lasse " semblent s’en foutre et les mères "plus proches des victimes" se lamentent quand les choses vont mal pour leur rejeton. Quand les choses vont mal car "quand tout se passe bien" et que la marmite bout, "rien à signaler". La misère est certes un élément fondamental ayant poussé les jeunes filles à se lancer dans "le gouffre", souvent poussées par des parents dépassés par les événements. Il faut de plus, en plus de la dignité dans la gestion des affaires familiales. Les autorités devraient songer à des mesures pour empêcher ces filles d’errer jour et nuit dans nos rues.

Il est toujours mieux pour une fille comme Azara de rester dans son Cissin au secteur 16 où elle est relativement connue que de se lancer dans la gueule du loup dans un quartier étranger comme Larlé au secteur 10. La vie est dure au Faso et il faut bien vivre. Seulement faut-il vivre exposé à tous les périls possibles ?

Fernand GUETABAMBA
Sidwaya

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