Actualités :: Cérémonies coutumières au Parc urbain Brangr Weogo

Le chef coutumier de Toukin, un quartier de l’arrondissement de Nogr-Massom a organisé le samedi 3 juillet au Parc urbain Bangr Weogo à Ouagadougou, des cérémonies coutumières pour invoquer la pluie et bénir la saison hivernale 2004.

Sacrifices de poulets et de moutons, libations et même des animations populaires ont constitué les activités essentielles de cette cérémonie, réinstaurée il y a de cela trois ans.

L’ambiance était exceptionnelle ce samedi soir au Parc urbain Bangr Weogo. Outre les habituels promeneurs amoureux de la nature, les lieux avaient été pris d’assaut des visiteurs peu ordinaires : des chefs coutumiers, des responsables administratifs et une foule de gens venus parfois de loin pour assister aux cérémonies annuelles de sacrifices au Parc urbain Bangr Weogo.

"Je suis né trouver cette cérémonie. Mes parents l’ont hérité de leurs pères. Nous la célébrons chaque année au début de l’hivernage pour demander aux ancêtres de nous accorder paix, santé, pluie et surtout de bonnes récoltes. Nous demandons aussi que soient éloignées de nos populations, les catastrophes et autres calamités naturelles", nous apprend le chef de Toukin, gardien principal de cette tradition.

Toujours est-il que les lieux sont réputés avoir des pouvoirs bénéfiques. Ce qui explique que l’on accourt de toutes parts pour implorer santé, bonheur, mariage, maternité et même argent. "Quand les gens ont des problèmes, ils viennent souvent demander le secours de cette forêt.

Il précise le délai dans lequel il souhaite voir son problème résolu et offre un animal (poulet, mouton) selon ses moyens en sacrifice.

Lorsque son vœux sera exhaussé, il revient l’année suivante remercier avec un autre animal (poulet, mouton). Nombre de ceux qui sont venus ce soir entendent remercier..." indique le chef de Toukin qui est garant de la pérennité de cette coutume. Il croit pour sa part que depuis la reprise des sacrifices au Parc urbain, il y a eu beaucoup d’effets bénéfiques tant pour la forêt que pour les populations.

Des effets bénéfiques...

"Il se passe des choses inexplicables ici. Malgré la présence abondante du couvert végétal, je n’ai pas encore vu un serpent dans ce parc. J’ai souvent vu des traces. Je n’ai jamais entendu aussi qu’un agent ou un visiteur a été mordu par un reptile. Même les crocodiles et autres varans ne s’en prennent pas aux gens. C’est à ne rien comprendre", rapporte un employé du Parc urbain Bangr Weogo qui dit avoir eu des appréhensions lorsqu’on l’a affecté dans ces lieux.

De nos jours, il affirme être rassuré et souhaite que les coutumes soient perpétuées. Il pense en effet que la bonne entente nature/homme dans le parc est due aux coutumes.

Un jeune homme affirme lui avoir arrêté de fumer après avoir invoquer la forêt. Il tenait en main un coq pour dit-il remercier les esprits et solliciter autre chose dont il garde pour lui le secret.

Pendant les sacrifices, nous entendons les sacrificateurs remercier pour des gens qui désiraient avoir des enfants et dont les femmes venaient d’avoir des jumeaux. Pour d’autres, c’était la santé qu’ils avaient recouvrée. En tout, l’événement mobilise à en croire l’affluence qu’il y avait le samedi dernier au Parc urbain Bangr Weogo.

Un tenancier de bar y a dressé pour l’occasion, une tente où la bière s’achetait comme de "petits pains". Il n’est pas le seul à avoir fait de bonnes affaires. Les vendeurs de volailles et même de moutons ont eux aussi fait de bonnes affaires au regard de la quantité de bêtes sacrifiées.

Coïncidences ou hasard des choses, la pluie a repris ces jours-ci.

Signalons que cette pratique avait été arrêtée lorsque le colon avait érigé cette forêt en parc urbain. Les sacrifices s’étaient poursuivis selon le chef de Toukin au village, mais avec moins de réussite.

Le retour sur le site depuis maintenant trois (03) ans ouvre de nouvelles perspectives qui augurent au moins de la sauvegarde d’une dimension vivante de notre culture.

Victorien A. SAWADOGO (visaw@yahoo.fr)
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