Actualités :: L’éducation bilingue : une alternance sûre pour l’intégration de l’école dans (...)

Dans le cadre de ses activités culturelles et sportives, la circonscription d’Education de base de Bobo II a organisé une conférence sur le thème de "Education bilingue". C’était le 28 mai dernier au ciné Sanyon. Cette conférence a été animée par M. Paul Taryam Ilboudo représentant de l’Œuvre suisse entraide ouvrière" (OSEO) qui est le premier partenaire de l’Etat dans l’édification de l’éducation bilingue.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, Paul T. Ilboudo a fait une brève présentation de l’OSEO. Cette ONG suisse a été créée par le parti socialiste suisse en 1936. Sa philosophie est d’œuvrer à éliminer les discriminations, les privilèges et créer un monde plus juste. Elle s’engage à donner aux hommes et aux femmes vulnérables la conquête des outils de leur devenir.

Engagée au Burkina depuis 1947, l’OSEO travaille dans les domaines de l’éducation de base formelle et non formelle, du développement rural, de la promotion des droits humains et du renforcement des capacités institutionnelles. Pour aborder le thème à l’ordre du jour, le conférencier a fait savoir qu’une étude scientifique et les états généraux de l’enseignement en 1994 avait mis à nu toutes les faiblesses et insuffisances du système d’éducation classique. Sur 1000 enfants inscrits au CP1, seulement 250 arrivent au CM2 et 120 ont le CEP. Ce système éducatif, a été jugé inadapté, déracinant et discriminatoire. Il est en plus très coûteux.

Avec ce système le Burkina enregistre un taux d’alphabétisation de seulement 31,11%. Or des études ont montré que pour un pays qui n’atteint pas 40% de taux d’alphabétisation il lui est très difficile de décoller économiquement. Après ce constat amer, l’Etat a lancé un appel à la société civile dans le but d’un changement positif du système éducatif. Des propositions ont été faites et c’est ainsi qu’il y a eu création des écoles satellites, des CEBNF et de l’éducation bilingue. Cette dernière a été développée par l’OSEO en collaboration avec le MEBA. Son développement s’est fait en trois phases.

De 1994 à 1998 il y a eu la phase pilote avec le recrutement d’enfants de 9 à 14 ans qui étaient perdus pour l’école classique. Pour cette phase il y avait deux classes pour 55 élèves et une seule langue nationale, le mooré en plus du français. C’était une expérimentation réduite, et contrôlable. La deuxième phase s’est déroulée de 1998 à 2000 avec un plus grand nombre d’enfants, quatre langues du Burkina (mooré, dioula, fulfuldé et lélé en plus du français) et huit écoles. Présentement c’est la troisième phase caractérisée par la poursuite de l’extension géographique, l’expérimentation dans les zones urbaines (Kaya, Koudougou, Ouagadougou), l’extension linguistique (actuellement on en est à sept langues) et la mise en œuvre du continuum éducatif.

Pour les enfants de 9 à 14 ans, l’éducation bilingue peut se faire en quatre ans. Les enfants apprennent d’abord dans leur langue maternelle et ensuite en français. Pour le conférencier, l’acquisition et la consolidation des compétences académiques dans la langue que l’enfant maîtrise bien facilite les autres tâches d’apprentissage dans la langue seconde et un meilleur succès des apprentissages. Il a affirmé que ce n’est que dans les ex colonies françaises qu’on commence à éduquer les enfants dans une langue qu’ils ne comprennent pas. Utilisée pour relever le taux d’alphabétisation, l’éducation bilingue n’a pas failli à ses missions depuis sa mise en œuvre. En effet, elle a considérablement amélioré les taux de succès au CEP et permet aux enfants d’être utiles au développement pour les différentes activités qu’ils apprennent pendant leurs cursus. Ce système éducatif réduit notablement les coûts de l’enseignement. Tout au long de l’exposé, l’efficacité de l’école bilingue n’a cessé d’être démontrée. Les résultats obtenus aux examens sont plus que satisfaisants. A titre d’exemples en 2002, les écoles bilingues ont obtenu les taux de succès au CEP suivants : Goué 75,86%, Nongana 80%, Tanyoko 8,21% et Danfinso 100% avec une moyenne générale de 85,02.

Cependant tout ce travail ne se fait pas sans difficultés. Seulement ces difficultés ne font pas peur à l’OSEO et ses partenaires (MEBA, Coopération suisse, OXFAM, Eglise catholique,...) qui se sont engagés dans la lutte contre l’analphabétisme, avec ferveur. Les perspectives sont la généralisation progressive de l’éducation bilingue avec beaucoup plus de langues, d’enfants et d’écoles et la création d’aires pour les enfants de 3 à 6 ans comme dans le préscolaire. Le public a pu voir un film sur les écoles bilingues après l’exposé. Les enseignants qui sont les plus concernés, n’ont pas hésité à poser les questions qui leur tenaient à cœur, questions auxquelles le conférencier a donné des réponses satisfaisantes.

Clarisse HEMA

Sidwaya

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