Actualités :: Fait divers : Un enfant, une mère,"deux pères"

Béatrice est une enseignante affectée à Boussé depuis plus de quatre ans. Avant Boussé, notre jeune enseignante était en service à Ouagadougou où elle avait rencontré l’homme à qui tout le monde collait l’étiquette de "mari de Béatrice". Nos deux amoureux avaient fini par adopter une vie commune.

Même si l’état civil n’était pas informé, cela n’était pas un obstacle pourvu que les conditions d’une vie en couple soient réunies. Tout allait bien jusqu’au jour où Béatrice fut affectée comme enseignante à Boussé. Pour éviter les va-et-vient entre Ouagadougou et Boussé, elle avait décidé de rester sur place à Boussé et de passer les week-ends en ville. Cette décision pouvait être bien exécutée si Béatrice était restée sage dans sa résidence.

Mais quelques mois après son arrivée, elle s’est tout de suite liée des amitiés et des relations parmi lesquelles celles avec un commerçant de la localité. Ainsi elle pouvait se faire entretenir sans compter sur Ouagadougou. Tout semblait bien réussir pour notre enseignante qui avait réussi à satisfaire les deux hommes.

A Boussé, elle était connue comme étant Mme la commerçante. A Ouaga, elle portait le nom de Mme la fonctionnaire. Personne ne pouvait imaginer qu’elle portait une double casquette. Mais à force de livrer "sa marchandise" à nos deux hommes, elle ne tarda pas à piquer une grossesse. Elle voulut garder sa grossesse et ses deux hommes en attribuant à l’un comme et à l’autre la paternité de son futur enfant. Après 9 mois de souffrance un joli bébé de sexe masculin vit le jour à la maternité Pogbi de Ouagadougou.

Les choses se déroulaient dans de meilleures conditions et Béatrice rejoignit son poste après la maternité. Un jour elle se rendit au marché pour y effectuer quelques achats et éventuellement dire bonjour à son commerçant. Ils (elle et le commerçant) trouveront bon de tourner ensemble et de profiter pour prendre un petit pot.

Pendant qu’ils étaient confortablement assis un des collègues de notre fonctionnaire à Ouaga de passage à Boussé l’aperçut et voulut lui dire bonjour. En guise d’amusement, l’homme l’appela Mme le fonctionnaire en pensant à son collègue. Il insista et demanda comment va la santé du bébé "comment se porte notre bébé qui ressemble à son père" ?

Furieux, notre commerçant se redressa et rétorqua en disant que Béatrice était sa femme et que le bébé l’avait, lui le commerçant comme père. Les deux hommes ne réussirent pas à s’entendre et pire, la tension monta et tourna à des échauffourées. Chacun voulant se donner raison. Depuis tout ce temps, Béatrice garda la bouche fermée, elle n’ouvrit pas la bouche et se contentait seulement d’assister comme spectatrice. Lorsqu’on lui posa la question de savoir si elle connaissait le monsieur en question et si elle était la femme de celui-ci, elle se contentait seulement de murmurer sans qu’on puisse comprendre.

Comme l’atmosphère s’échauffait et qu’on ne trouvait pas de solutions, les deux hommes décidèrent de se confier à la gendarmerie. Ainsi l’homme venu de Ouagadougou appela son collègue de Ouagadougou "le présumé autre mari" de Béatrice, qui sans se faire prier effectua le voyage, puisque Ouaga-Boussé ne dépassait pas 15 minutes de route en voiture. A la gendarmerie, on demanda aux deux hommes de présenter chacun l’acte de naissance de l’enfant.

Puisque personne n’avait réussi à se présenter devant le maire avec Béatrice. Le commerçant sortit un acte de naissance sur lequel figuraient les références indiquant sa paternité de l’enfant. Celui de Ouagadougou aussi présenta un acte de naissance qui concorda avec celui qu’avait présenté le commerçant à la seule différence qu’il était désigné comme père de l’enfant.

Béatrice a-t-elle deux enfants, ou avait-elle des jumeaux ?Deux actes de naissance portant les mêmes références, "date de naissance, lieu de naissance, nom de la mère", mais devant le mot père deux noms Sawadogo Salfo commerçant à Boussé sur un autre bulletin aussi valable et légal comme l’autre figure Ouédraogo Pierre comme père de l’enfant.

"j’étais à la maternité le jour de l’accouchement proclamait le commerçant" ,"moi aussi j’y étais" rétorqua notre fonctionnaire. Pourquoi les deux hommes ne se sont pas aperçus ce jour-là ? Seule Béatrice peut répondre. Alors on se rendit compte que notre enseignante avait roulé les deux hommes.

Les gendarmes présents dans la salle ainsi que toute l’assistance étaient ébahis. Béatrice avait tout organisé. Un gendarme furieux lâcha "Je n’aime pas les enseignantes parce qu’elles sont toujours comme ça". Notre enseignante se décidera-t-elle à quitter Salfo pour Pierre ou Pierre pour Salfo ? Quelque soit sa décision, il faudra peut-être recourir à un test sanguin de recherche de paternité. Quel monde ?

KIBSA Karim

L’Hebdo

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