Actualités :: SYNTER - Ministère des Enseignements : La hache de guerre déterrée

Le Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la
recherche (SYNTER) proteste contre la manière dont le
ministère des Enseignements secondaires supérieur et de la
recherche scientifique (MESSRS) gère les questions relativeaux
"examens blancs" dans les établissements scolaires. Il y a des
"choses bizarre" dans l’utilisation des frais de scolarité, dit-il en
substance dans cette déclaration.

Depuis quelques années, à partir du deuxième trimestre,
période de tenue des examens blancs dans les établissements
secondaires, un débat (parfois mouvementé par des actions de
protestations, de boycott, etc.) agite le milieu éducatif. Ce débat
porte sur la tenue ou non des simulations des examens du
BEPC, du BEP, du CAP et du Baccalauréat, communément
appelées examens blancs.
Le débat ne porte pas sur le bien fondé de ces activités qui,
bien que non formalisées dans l’organisation pédagogique de
l’enseignement secondaire, n’en sont pas moins intégrées
dans les systèmes d’évaluation par les professeurs et les
équipes pédagogiques des établissements. La nécessité de la
tenue des examens blancs, semble être acceptée par toutes les
parties prenantes à l’action éducative dans l’enseignement
secondaire.
1 - D’abord les professeurs qui voient là un excellent moyen
d’assurer la préparation psychologique des élèves dont ils ont la
charge de la préparation aux examens ; c’est aussi une
opportunité de mesurer le niveau réel de leurs élèves dans la
mesure où la correction des épreuves implique d’autres
professeurs ; enfin c’est une occasion de procéder aux
recadrages nécessaires pour les dernières semaines de travail.
2 - Pour les élèves qui n’ont jamais subi l’examen concerné, ils
trouvent là la possibilité de répéter des gestes, de vivre des
situations sous forme d’exercices pendant lesquels l’erreur est
permise, afin d’être prêts pour l’épreuve de vérité lors de
l’examen réel où tout dérapage est fatal.
3 - Les administrations d’établissements scolaires, dans la
mesure où l’obtention de bons résultats est une préoccupation,
dans leur rôle de coordination et de direction des activités
éducatives dans les établissements, ne peuvent que soutenir
l’idée des examens blancs.
4 - Les parents d’élèves dont les intérêts se confondent avec
ceux de leurs enfants sont naturellement pour la tenue des
examens blancs.
En dépit du bénéfice certains que tirent tous les partenaires du
système éducatif de la tenue des examens blancs, des
contraintes réelles s’imposent et ne facilitent pas le travail.
* Les effectifs pléthoriques des classes d’examen qui rendent
cet exercice extrêmement pénible pour les enseignants qui
doivent l’exécuter parallèlement à leurs cours et à la correction
des autres devoirs dans toutes les classes qu’ils tiennent.
* La période où interviennent les examens blancs trouve des
enseignants épuisés par six (6) à sept (7) mois de travail dans
les conditions exécrables de nos structures d’enseignement, en
décrépitude continue.
* A quelques semaines des examens réels, les enseignants se
débattent pour boucler les programmes surchargés dans les
différentes matières.
* Les budgets des établissements alimentés presque
exclusivement par les frais de scolarité, et les cotisations payés
par les parents d’élèves, subissent lors de ces examens des
sorties financières plus ou moins importantes.

"Pilotage à vue"

Ce sont ces différentes difficultés qui ont justifié, suite aux
revendications et aux luttes des enseignants, que des moyens
somme toute, très modestes, soient dégagés pour prendre en
compte le surcroît de travail que nécessitent les examens
blancs. Du reste, un grand nombre d’établissements avaient
arrêté les conditions de tenue des examens blancs, après de
négociations incluant les diverses contraintes ci-dessus
énumérées. Contre toute attente, le Ministère des
Enseignements Secondaire Supérieure et de la Recherche
Scientifique (MESSRS) par la voix de son premier responsable,
le ministre Laya Sawadogo remet en cause ces compromis en
affirmant que c’est parce que les examens blancs sont
organisés dans la forme actuelle que les enseignants
réclament des prises en charge financière, qu’il suffit de faire
des compositions qui sont des obligations des enseignants.
Les établissements qui tiendraient à faire les examens blancs
coûte que coûte, devraient trouver l’argent ailleurs que dans les
caisses des dits établissements.
Le résultat immédiat de cette prise de position a été pendant
l’année scolaire 2003-2004, le renoncement aux examens
blancs sans le recours aux compositions dans beaucoup
d’établissements, avec à la clé, de grèves et manifestations
d’élèves, tandis que dans d’autres, ils étaient organisés.
Une telle situation est le reflet du pilotage à vue qui caractérise
l’action du MESSRS depuis quelques temps et qu’on retrouve
sur d’autres questions telles que :
- "La réorganisation du système éducatif" discutée dans un
séminaire gouvernemental depuis janvier 2004 mais dont le
contenu exact reste inconnu des travailleurs et de leurs
organisations syndicales ;
- La mise en place d’une "police universitaire" dont les effectifs
sont estimés à 240 agents armés de pistolets calibre 7,65 (cf. le
projet conçu par le ministère de la sécurité) ;
- La mise en oeuvre du contrat d’objectif dont les critères de
notation introuvable par le MESSRS, attendent les propositions
les travailleurs à qui les chefs d’établissement de "dire dans
chaque matière comment ils seront notés".

"Régler les problèmes"

De toute évidence, le MESSRS prépare une offensive, une
tentative de passage en force qui ne peuvent qu’être
destructeurs ; sinon on ne comprend pas autrement ces
cachotteries et ces démarches chaotiques et contraires aux
libertés . Les travailleurs et leurs organisations qui suivent
attentivement ces manigances sauront donner la réplique qui
sied. En attendant, le SYNTER invite les travailleurs à se
démarquer des manoeuvres qui hypothèquent leur profession
et cela par les soins d’autres "enseignants" quel que soit leur
rang.
Pour en revenir aux examens blancs, la seule explication
plausible que le SYNTER voit dans cette attaque du MESSRS
contre l’intérêt unanime des professeurs, des élèves, de leurs
parents et des administrations scolaires, c’est la volonté de faire
reverser "avant toute chose" les 25% des frais de scolarité des
établissements publics, revenant au ministère aux directions
régionales, au FONER aux termes de l’arrêté qui oblige les
parents à payer les frais d’écolage de leurs enfants non pour
que ces sommes qui sont évaluées par établissement en
millions ou dizaines de millions, servent à régler les problèmes
comme les examens blancs mais à prendre en charge le
fonctionnement des services administratifs abandonnés par
l’Etat sous les PAS.
Le SYNTER dénonce cette politique de financement des
administrations de MESSRS par détournement "légal" des fruits
des sacrifices des parents d’élèves,
- Exige que le gouvernement mette un terme à son
désengagement des dépenses d’éducation
- Exige que les sommes collectées auprès des parents
d’élèves sous la forme de "frais de scolarité", "cotisations des
parents d’élèves", "frais de location des manuels", "contribution
spéciale"... soient utilisées effectivement pour résoudre les
problèmes des établissements, notamment des examens
blancs.
- Exige qu’un compte rendu soit fait et publié tant au niveau des
établissements, des D.R, du FONER que du MESSRS.
- Exige des contrôles réguliers sur l’utilisation de ces fonds.
- Exige que des sanctions soient prises contre tous ceux qui
dissipent les biens publics.
- Appelle les structures et les militants à s’impliquer dans la
lutte pour une gestion saine du bien public dans les
établissements.
- Appelle les parents d’élèves à jeter un regard sur l’utilisation
des fonds qu’on leur extorque.

PAIN ET LIBERTE POUR LE PEUPLE !

Pour le Bureau national

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