Actualités :: Conditions de détention des prisonniers : Le député Zango a fait parler le (...)

Le 23 avril dernier, le ministre Boureima Badini de la Justice a entretenu l’Assemblée nationale de la politique carcérale de son département. Cette intervention, rappelons-le, fait suite à une question orale avec débat émanant du député Tenrebsom Boniface Zango du groupe parlementaire ADF/RDA.

A la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), la Commission des affaires générales et institutionnelles (CAGI) a effectué en décembre 2003 une visite qui a inspiré au député Tenrebsom Zango une question orale au ministre de tutelle, Boureima Badini.

Le constat qui a retenu l’attention de ce dernier est le suivant : pensionnaires en majorité très jeunes, avec d’effroyables conditions de vie ; surpopulation, insalubrité, oisiveté, nourriture insuffisante et pis de très mauvaise qualité. Pour le député, auteur de la question orale, « Il est vrai que ces personnes paient à la société le prix de leurs actes délictueux », mais ils méritent un peu d’égards de la part de l’Etat. C’est ainsi qu’il invitera Boureima Badini à leur parler de la politique carcérale de son département.

Des principes de base irréprochables...

A la tribune de l’hémicycle, le responsable du département de la Justice s’est attelé à présenter les principes de base qui régissent la détention au Burkina Faso. A suivre son exposé consacré au dispositif juridique applicable aux établissements pénitentiaires dans notre pays, on croirait que les conditions de vie des détenus (condamnés, prévenus ou contraints par corps) sont meilleures que celles de ceux qui jouissent de leur liberté. En effet, selon les textes régissant les établissements pénitentiaires, les détenus doivent être séparés en fonction du sexe, de l’âge, des régimes de détention, du mode de vie antérieure.

Les principes de base garantissent également aux détenus le droit à l’hygiène, aux soins médicaux (à la charge de l’Etat), à l’assistance des travailleurs sociaux, des associations ou ONG, des ministres de cultes dans les conditions définies par la réglementation pénitentiaire.

... mais une réalité exécrable

Après avoir décrit ce qui devrait être, selon la réglementation des établissements pénitentiaires, le ministre Badini a fait l’état des lieux dans nos prisons.

Comme aspects positifs, il a relevé entre autres l’éducation et la formation professionnelle en vigueur dans les établissements pénitentiaires de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Tenkodogo et Ouahigouya ; la construction effective de quartiers pour mineurs dans sept villes du pays et en 2005 dans trois autres. Désormais, a promis Badini, chaque établissement pénitentiaire respectera la séparation des détenus en fonction du sexe et de l’âge, à l’image des maisons d’arrêt de Dédougou et de Ziniaré.

Le ministre Badini a aussi dressé le tableau des aspects négatifs, qui sont pour lui liés aux mauvaises conditions de détention et au personnel pénitentiaire. La surpopulation carcérale, a-t-il ajouté, est effroyable. A la date du 21 avril 2004, s’explique-t-il, la population carcérale était de 2 699 détenus pour une capacité d’accueil de 1 620 places, soit un taux d’occupation de 167%. A cela il faut ajouter des conditions sanitaires et hygiéniques précaires, des médicaments et des produits d’entretien qui ne sont pas disponibles, l’alimentation insuffisante et de mauvaise qualité.

En ce qui concerne la séparation en fonction du sexe et de l’âge, elle n’est toujours pas effective, excepté Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, qui disposent de quartiers de femmes ; pis, elle ne l’est même pas en fonction de la situation juridique et de la dangerosité du délinquant. Le nombre des prévenus et inculpés, annoncera le ministre, est nettement supérieur à celui des condamnés dans la plupart des établissements pénitentiaires ; les causes de cette situation sont la lenteur dans le jugement des prévenus et les longues détentions préventives des inculpés.

Les députés qui sont intervenus pendant cette séance plénière ont, à l’unanimité, reconnu non seulement la pertinence de la question orale du député Tenrebsom Zango mais aussi la clarté de l’exposé du ministre Badini qui, il faut le reconnaître, n’a pas occulté les problèmes de son département.

Hamidou Ouédraogo
L’Observateur

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