Actualités :: Alphabétisation : Le taux était de 31% en 2002

Le ministre délégué à l’Alphabétisation et à l’Education non formelle, Armand Arsène Hien a été invité devant les députés burkinabè le 16 avril 2004. A l’Assemblée nationale, il devait répondre à une question du député François Ouindélassida Ouédraogo sur la situation actuelle de l’alphabétisation au Burkina Faso.

"L’alphabétisation telle que pratiquée au Burkina Faso, relève de l’éducation de base non formelle et signifie apprendre à lire, à écrire et à calculer à des adultes et adolescents n’ayant pas eu l’occasion d’aller à l’école..." Définition donnée d’entrée de jeu par le ministre Armand Arsène Hien avant de préciser que l’alphabétisation permet à ses bénéficiaires d’exprimer leur pensée la plus profonde par écrit, de transmettre leurs idées, leurs sentiments de la façon la plus fidèle, de lire et de comprendre entièrement ce qu’ils disent.

Ainsi, selon les sources du Plan décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB), le taux d’alphabétisation du Burkina en 2002 était estimé à 31,11%. Celui de l’analphabétisme était de 68,89%. Les régions qui enregistrent les taux d’alphabétisation les plus élevés sont : les Hauts-Bassins avec 41,69%, le Centre avec 36,74%, le Sud-Ouest pour un taux de 29,84%. Figurent parmi les régions à faible taux, l’Est (20,53%), le Sahel avec 21,14%, le Sud avec 23,25%.

Les statistiques provinciales

En terme de provinces, il ressort de la réponse du ministre Hien que le Kadiogo (56,47%), le Houet et le Tuy (41,69), le Kénédougou (29,97%) détiennent les plus forts taux d’alphabétisation. Les plus faibles taux sont enregistrés dans le Namentenga (19,5%), la Kompienga et le Tapoa (20,21%), le Yagha et le Séno (20,6%).

Pour donner plus de précision à l’auteur de la question originaire de la province du Passoré dans la région du Nord, le ministre Armand Arsène Hien a indiqué que le Passoré enregistre un taux d’alphabétisation de 23,59% à côté du Lorum 26,65%, du Yatenga 26,65% et du Zondoma 26,65%.

Politique et stratégie du gouvernement

Après avoir fourni des données sur la situation de l’alphabétisation au Burkina, le ministre a exposé aux députés la politique et la stratégie du gouvernement dans le cadre de l’alphabétisation des populations.

Le PDDEB, adopté en 1999, constitue selon lui l’acte politique du gouvernement. "Ce plan vise un développement accéléré d’une éducation de base de qualité qui devra porter le taux d’alphabétisation de 26% à 40% à l’horizon 2010" a expliqué le ministre Hien. La stratégie utilisée pour la mise en œuvre de ce plan est celle du "Faire-faire".

Cette stratégie permet à l’Etat, à la société civile (ONG, associations...) et aux partenaires techniques et financiers de se doter d’une clé de répartition fonctionnelle des rôles dans l’exécution des programmes d’alphabétisation et d’éducation de base non formelle.

Dans la répartition des tâches, l’Etat, en l’occurrence le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation a pour rôle de mobiliser les ressources, de suivre et d’évaluer la qualité des contenus de formations offertes aux communautés. La société civile est chargée d’assurer l’alphabétisation, la formation des communautés grâce aux fonds mis à sa disposition sous forme de subventions. Les partenaires techniques et financiers (PTF) accompagnent l’Etat dans la mobilisation des ressources financières.

La stratégie du "Faire-faire" s’appuie sur un fonds appelé Fonds pour l’alphabétisation et l’éducation non formelle (FONAENF). Pour les campagnes 2002 - 2003, ce fonds a financé 984 centres d’alphabétisation initiale, 248 centres de formation complémentaire de base, 27 formations techniques spécifiques, 2 centres d’apprentissage du français fondamental et fonctionnel et sept (7) documents de post alphabétisation. N’y a-t-il pas de risque de privatisation de l’alphabétisation avec la stratégie du "Faire-faire" ? Quels sont les critères de financement des centres ? A partir de quand considère-t-on l’individu comme étant alphabétisé ?

Répondant à la première interrogation, le ministre Hien a rassuré la représentation nationale qu’il n’existait pas de risque. "L’Etat ne pouvant pas tout seul relever le défi de l’alphabétisation, il a fait appel aux ONG" a déclaré Armand Arsène Hien. Mais soutient-il, "il y a un regard du ministère chargé de l’Alphabétisation".

Pour les critères d’éligibilité, il a cité l’expérience, la pertinence des programmes et surtout la disponibilité du personnel. Aussi, il a indiqué qu’il faut au moins 660 heures d’alphabétisation pour que l’individu soit considéré comme alphabétisé.

M. Armand Arsène Hien a terminé son exposé en présentant les perspectives en matière d’alphabétisation à savoir la mise en œuvre d’un plan d’action pour l’alphabétisation des femmes, l’amélioration du dispositif de certification des compétences acquises, l’opérationnalisation des passerelles entre le formel et le non formel, la réduction du coût du matériel didactique et sa gratuité en faveur des femmes dans le cadre des subventions du FONAENF, etc.

Enok KINDO
Sidwaya

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