Actualités :: Appelés SND 2022 : « Du regret à ceux qui ont joué les faux malades pour (...)

Le Service national pour le développement (SND) a, du 2 au 5 novembre 2022, ouvert les portes de l’institution pour permettre davantage de visibilité de ses activités à travers une immersion médiatique dans les centres de formation et de production (CFP) de Loumbila dans le Plateau-central, Badala dans la Boucle du Mouhoun et au Groupement d’instruction des forces armées (GIFA) de Bobo-Dioulasso, région des Hauts-Bassins. Ce sont plus de 1 600 jeunes formés aux valeurs civiques et militaires, fiers d’avoir tenu le pari des exigences de la performance, qui s’apprêtent à effectuer leur sortie officielle, après les trois mois requis pour la cause.

Le gouvernement a décidé, par le truchement du Service national pour le développement (SND), d’instituer une formation civique et militaire. L’exécutif entend ainsi adapter le SND au contexte actuel du pays. Pour cela, la formation civique et militaire vise à développer chez les appelés SND, les valeurs cardinales au développement du pays : l’ordre, la discipline, l’amour de la patrie, la loyauté, le service désintéressé, le développement d’un esprit de corps, la culture du respect de l’autorité et des symboles de l’Etat, l’humilité, la probité, le travail, la rigueur, le développement des aptitudes individuelles de leadership et d’auto-défense.

Le directeur général du SND, colonel-major Mathieu Benao, avec ses côtés, la présidente du Conseil d’administration, Aguiratou Tou (vêtue de bleu).

Pour dérouler sa mission, la direction générale du SND a adopté une démarche qui inclut une tournée préalable dans les écoles et instituts pour information et sensibilisation sur le sujet. Elle recueille ensuite les listes et procède à la sélection des candidats selon les critères en vigueur.

La discipline, une des valeurs cardinales, ne se négocie pas en ce lieu.

Ainsi, au départ de Ouagadougou, le 31 août 2022 et après traitement des listes, 1 185 stagiaires ont été enregistrés pour le site du CFP/Loumbila et 694 stagiaires pour le GIFA. Après les visites médicales, 190 stagiaires ont été déclarés inaptes. L’effectif réel en formation sur ces deux sites est passé donc à 1 654 stagiaires (193 filles et 1461 garçons) : 997 au CFP/Loumbila et 657 au GIFA.

« Cette caravane se veut une redevabilité. La formation militaire coûte énormément chère au contribuable burkinabè. Nous voulons donc, par-là, rendre compte à notre peuple de ce que nous faisons avec son argent au titre de la formation civique et militaire, en vue de promouvoir et créer des fonctionnaires nouveaux, axés sur l’intérêt général, le respect de l’autorité et de la hiérarchie et, bien évidemment, capables de se mettre au-dessus des magouilles et de l’affairisme », a dressé le directeur général du SND, l’intendant colonel-major B Mathieu Benao.

Ici à Badala, une des sections de métier.

Sis à un jet de pierre de Ouagadougou, dans la région du Plateau-central, le CFP de Loumbila a été la première destination. Là, les journalistes sont d’abord allés à la découverte des ateliers avant d’assister aux démonstrations de ces élèves fonctionnaires appelés SND.

Le centre de Badala, ce sont aussi ces états de délabrement du mobilier et de l’immobilier.

« Le centre a pour mission principale d’interner et former des jeunes burkinabé, âgés de 18 à 24 ans, avec un niveau minimum de CEP et ce, dans cinq filières : la mécanique deux roues, la maçonnerie, l’électricité-bâtiment, la sécurité privée et la menuiserie. La formation est sanctionnée par un examen de fin de formation, qui donne droit au diplôme CQP (certificat de qualification professionnelle). (…). Il y a également une nouvelle donne : la formation des élèves fonctionnaires, issus des écoles professionnelles et instituts de l’État », présente le directeur du CFP de Loumbila, capitaine Ousmane Zampaligré.

Capitaine Gninizon Sangaré, directeur du centre de Badala.

Directeur en charge des cours, de la formation civique et militaire des appelés SND de Loumbila, le capitaine Fidèle Kaboré est revenu sur la vocation de la formation civique et militaire avant de décliner le contenu du programme.

« Dans le volet civique de la formation, il s’agit essentiellement de conférences sur des thèmes aussi riches que diversifiés (le civisme et la citoyenneté, la lutte contre la corruption, le sens du service civique, la culture de la paix et de la cohésion sociale, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, le droit international humanitaire ...). Par le volet militaire, il leur est enseigné les techniques de combat, la topographie, les tirs de combat, la sécurité militaire, le secourisme, l’hygiène ... Ici, la formation militaire n’est pas figée ; elle est adaptée en fonction de la destination des apprenants. Pour ceux-là qui sont des élèves fonctionnaires, il y a un programme qu’on adapte spécialement pour eux, qui est différent du programme des recrues, également différent de ceux des sous-officiers et des officiers. Il y a donc une phase d’adaptation qui permet d’amorcer le programme crescendo, pour leur permettre de s’habituer au rythme. (…). Ainsi, le troisième mois de la formation nous permet de renforcer les acquis, d’évaluer le niveau atteint par les stagiaires et de préparer la cérémonie de sortie », explique capitaine Kaboré.

Le capitaine Fidèle Kaboré (premier plan à gauche), scrutant les cibles des tirs après la démonstration de ses stagiaires.

Avec des appréhensions pour certains au départ, ce sont des stagiaires fiers de la métamorphose qui expriment à travers leur délégué général tout le bien de leur passage dans ce centre. « C’est vraiment une formation qui est la bienvenue, et nous remercions les plus hautes autorités qui l’ont initiée. C’est une manière de nous amener à être plus prompts et plus aptes sur le terrain, pour que nous ayons une administration plus productive, plus sereine », s’ouvre le porte-parole, témoignant reconnaissances et gratitude à l’ensemble des encadreurs et personnel administratif.

Capitaine Yves Arsène Bambara (avec à sa droite, le directeur général du SND et la présidente du Conseil d’administration à sa gauche) a salué la détermination et la capacité d’adaptation des stagiaires.

« Il n’y a pas de différence entre femme et homme »

Le centre de Badala, dirigé par le capitaine Gninizon Sangaré, offre aux jeunes de 18 à 24 ans, des formations en maçonnerie, menuiserie-bois, mécanique et en soudure. « L’objectif de chaque filière est de déboucher sur le certificat de qualification professionnelle (CQP) au niveau national dans les cinq filières que compte le centre », renseigne le capitaine Sangaré.

Cette année, ce sont 200 appelés, dont onze filles, qui sont reçus dans ce centre qui a ouvert les portes en 2004 (il a une capacité d’accueil de plus de 700 stagiaires, si les conditions matérielle et humaine sont réunies). Dans les ateliers, les réalisations des pensionnaires se laissent admirer. Des bâtiments aux meubles en passant par le matériel mécanique, rien n’échappe à l’ingéniosité des jeunes.

Ici, trois femmes en train de monter avec succès à la corde.

Comme au lieu précédent, le paquet de valeurs enseignées à Badala sont l’intégrité, la discipline, le courage, la rigueur, la combativité, le patriotisme, la loyauté, le respect du bien public et de l’autorité, le sens de responsabilité, la solidarité, etc. Outre l’apprentissage de métiers, les pensionnaires bénéficient d’une formation pour le permis de conduire catégorie C et de cours en secourisme.

C’est par le GIFA, sis à la capitale économique du pays, que l’équipe de l’intendant colonel-major B. Mathieu Benao a bouclé son périple. Une étape qui a démarré par des échanges avec le chef de corps, le capitaine Yves Arsène Bambara, entouré de ses proches collaborateurs. Un instant qui a permis aux hôtes de présenter le GIFA, le contenu de la formation et de faire quelques suggestions à l’autorité.

La cohorte 2022 du GIFA compte un effectif de 657 appelés (dont 105 femmes) fonctionnaires, accueillis en ce lieu depuis le 1er septembre 2022 et dont la sortie officielle est annoncée pour le 25 novembre 2022.

Le programme de formation, qui se compose de l’initiation au métier des armes, la connaissance des armes et de la formation civique, vise à doter les pensionnaires des fondamentaux militaires et des règles de la vie militaire.

Une des épreuves de grimpée

L’hygiène, le secourisme, la sécurité militaire, la topographie, l’instruction sur le tir (IST), l’instruction sur le tir au combat (ISTC), l’armement, le combat, la technique d’intervention opérationnelle rapprochée (TIOR), la formation civique et morale, le droit international humanitaire, le droit de l’enfant sont entre autres matières enseignées aux stagiaires.

Avec un taux d’exécution du programme (au 5 novembre 2022) de 85% et une disposition aux plans de la discipline, de la performance physique et de l’état d’esprit bien appréciée par les instructeurs et chargés des cours, ces appelés SND ont, sous les regards admiratifs de la délégation de la direction générale, démontré quelques passages de ce qu’ils ont appris : armement, musculation, grimpée, technique d’intervention opérationnelle rapprochée, franchissement d’obstacles …

Pour le profane, il est difficile de distinguer les stagiaires des recrues, tant les premiers ont adapté des réflexes militaires.

« Nous sommes fières d’être ici, parmi les hommes, et considérées au même titre que les hommes. Il n’y a pas de différence entre femme et homme ; nous subissons les mêmes activités », a témoigné cette stagiaire à l’issue de démonstrations sous ovations. Elle invite ceux qui ont encore des appréhensions à ne pas hésiter à faire un tour au GIFA. « Vous ne le regretterez pas. Malgré ma forme (forte corpulence : ndlr), je tiens et je tiendrai jusqu’à la fin », a-t-elle lancé, le visage rayonnant et les cheveux bien coupés.

Section mécanique d’engins à deux roues, à Badala.

« On vous apprend ici à vivre. Du regret à ceux qui ont joué les faux malades pour regagner leur famille », a simplement exprimé le directeur général du SND, l’intendant colonel-major B Mathieu Benao.

O.L

Lefaso.net

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