Actualités :: Burkina/Centre-ouest : Des partenaires de la recherche et de l’innovation (...)

A l’initiative de la Direction régionale de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation du Centre-ouest (DRESRI-COS), un atelier d’information et de sensibilisation sur la biotechnologie agricole, la biosécurité et la valorisation des résultats de recherche a eu lieu ce vendredi 16 septembre 2022, dans la commune de Koudougou.

La question des biotechnologies modernes, appliquées à l’agriculture est d’actualité. Cependant, la majeure partie des acteurs ignore souvent ce qu’il en est. Cette méconnaissance des technologies modernes qu’offre la science, contribue à alimenter un discours erroné et de grandes polémiques sur le sujet. C’est ainsi que les populations elles même, du fait de l’ignorance ou de la désinformation peuvent retarder l’adoption de technologies pouvant certainement contribuer au développement socio-économique de leur pays et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

« Ces dernières mènent souvent des débats sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), la biotechnologie sans saisir les différents contours. Un autre défi majeur que le Burkina Faso doit relever est la valorisation des résultats de la recherche et des innovations. Au Centre-ouest, nous avons trouvé intéressant de demander cette animation scientifique pour que les différents acteurs puissent s’approprier ces différentes questions », a signifié le directeur régional de l’enseignement supérieur, Dr Jonas Koala, pour fixer le décor du présent atelier d’information et de sensibilisation.

Cette activité a réuni les points focaux et partenaires de la DRESRI du Centre-ouest que sont les représentants des structures techniques déconcentrées, les représentants d’associations et d’ONG ainsi que les universités et centres de recherches. Dans son allocution, M. Koala a souhaité une fructueuse séance de travail aux participants, afin que l’implication de tous soit au rendez-vous pour l’atteinte des objectifs visés.

Le directeur régional de l’enseignement supérieur, Dr Jonas Koala, a présidé l’ouverture des travaux

Le présent atelier a été animé par des personnes ressources dont Dr Valentin S. Edgar Traoré, chercheur en génétique et amélioration des plantes par ailleurs coordonnateur pays du Forum ouvert sur la biotechnologie agricole, Dr Zézouman Sanon, directeur de la communication de l’Agence nationale de biosécurité (ANB) et Harouna Bénao, communicateur-planificateur de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et des innovations (ANVAR). Selon le premier intervenant, Dr Edgar Traoré, la biotechnologie est l’art d’utiliser le vivant pour transformer toute manière première en matière secondaire. Pour illustrer d’avantage ses propos, il a évoqué les procédés de fermentation qui sont de la biotechnologie traditionnelle, et qui se font dans le quotidien.

A titre illustratif, il a mentionné l’exemple du yaourt pour lequel on utilise des ferments pour transformer le lait en lait caillé ou encore la levure de bière qui en réalité est un concentré de petits êtres vivants microscopiques qui consomment le sucre libéré par le sorgho par exemple pour ensuite transformer le jus en alcool. Dans le domaine de l’agriculture, la biotechnologie moderne est un outil incontournable si l’on veut raccourcir le temps de création des variétés, améliorer les variétés en leur apportant une à plusieurs caractères désirés comme par exemple le rendement, la capacité de résilience face au changement climatique, la résistance /tolérance aux maladies ainsi que la capacité à se défendre contre certains insectes ravageurs, susceptibles de porter atteinte aux attentes des producteurs agricoles, a-t-il dit.

La biotechnologie n’a pas de secret pour Dr Valentin S. Edgar Traoré, chercheur en génétique et amélioration des plantes

Aussi, grâce à la biotechnologie, les chercheurs peuvent améliorer considérablement la valeur nutritionnelle des aliments. « Les biotechnologies permettent déjà de faire un travail formidable, mais dans certaines situations, le scientifique est confronté à des limites qui l’empêchent d’améliorer par exemple une variété en y apportant un trait essentiel pour la maintenir aux mains des utilisateurs. En ce moment, il peut aller en beaucoup plus moderne avec le génie génétique. Et ce sont ces innovations issues du génie génétique qu’on appelle Organismes génétiquement modifiés (OGM) », poursuit Dr Traoré.

Cependant, il sied de rappeler que les OGM en particulier sont depuis plusieurs années sujettes à de nombreux débats et controverses. Aux avantages que ces nouvelles technologies sont susceptibles d’apporter pour le développement, viennent s’opposer les risques potentiels pour l’homme, l’environnement et la biodiversité. Dans son exposé, le chercheur en génétique et amélioration des plantes a rassuré les participants en affirmant que cette technologie semble faire peur ; mais il n’en est rien. Il va plus loin en s’appuyant sur l’exemple de la nature elle-même qui produit des OGM. « Pour preuve, en faisant la caractérisation du génome de la patate douce et beaucoup d’autres plantes, les chercheurs ont découvert qu’il y a des recombinants avec des gènes de agrobacterium tumefaciens. La patate douce pour ne citer qu’elle est de fait un OGM naturel produit et consommé à grande échelle ».

Vue des participants

La recherche nationale est formelle, les biotechnologies modernes peuvent grandement contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour les populations de notre pays. Si tel est le cas, que dit l’Etat vis-à-vis de ces innovations. Dr Zézouma Sanon souligne dans son introduction que le Burkina Faso a participé au processus de négociation et d’adoption du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, que le pays a d’ailleurs ratifié en 2003. Ce protocole est le cadre international de régulation des biotechnologies modernes.

Le pays est également signataire du Protocole additionnel de Nagoya Kuala Lumpur sur la responsabilité et la réparation en cas de dommages. Au plan national, l’Agence nationale de biosécurité (ANB) a été créée par l’Etat, pour veiller à l’utilisation sécurisée des produits de la biotechnologie moderne. Se référant au protocole de Cartagena dont un certain nombre d’éléments sont repris dans la loi 064-2012/AN portant régime de sécurité en matière de biotechnologie avec intégration des questions de responsabilité et de réparation, Dr Zézouma Sanon a présenté le cadre juridique et l’ensemble des dispositions internes mises en place pour encadrer l’utilisation sécurisée des organismes génétiquement modifiés au Burkina Faso. Ainsi, pour toute manipulation d’un OGM, le demandeur doit soumettre une demande d’autorisation à l’ANB.

Le directeur de la communication Dr Zézouman Sanon à propos de la création de l’Agence nationale de biosécurité (ANB)

Ce dossier sera soumis par l’agence à un comité scientifique qui aura pour rôle de faire l’évaluation des risques potentiels liés à l’introduction de l’OGM et de formuler des recommandations à l’ANB pour la prise de décision d’autorisation ou de refus. L’autorisation est assortie de conditionnalités. Elle précise que les inspecteurs de l’ANB devront se donner les moyens d’aller contrôler l’effectivité de travaux sur le site d’expérimentation. Lorsqu’un OGM franchit les différentes étapes des essais, le notifiant peut soumettre un autre dossier pour demander la dissémination de cet OGM dans l’environnement. Dans ce cas, l’ANB a l’obligation de consulter le public. L’avis motivé du public ainsi que les résultats de l’évaluation des risques sont pris en compte pour la délibération de la décision finale. « Ces batteries de mesures mises en place par l’Agence nationale de biosécurité ne voudraient cependant pas systématiquement dire que l’OGM est mauvais. Mais la précaution est de mise dans la mesure où la création de l’OGM est une innovation qui permet aux scientifiques de franchir la limite naturelle de la barrière de reproduction. », conclut Dr Sanon.

Photo de famille des participants

Le troisième communicateur, Harouna Bénao, quant à lui, a communiqué sur l’état des lieux de la valorisation des résultats de recherche. A travers sa communication, il a présenté l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et des innovations (ANVAR) ainsi que les missions de cette agence qui occupe un rôle central dans la promotion et la valorisation des technologies. Entre autres missions, il s’agit pour l’ANVAR de faire la liaison recherche-développement par une exploitation rationnelle et systématique des résultats de la recherche ; promouvoir les innovations technologiques importées et adaptées aux conditions locales ; promouvoir une culture technologique et innovatrice appropriée au sein de la communauté nationale ; promouvoir les technologies endogènes ; promouvoir la protection de la propriété intellectuelle ; garantir les intérêts des chercheurs et des innovateurs. Parmi les différents démembrements de l’Agence, figure la Direction du Forum national de la recherche scientifique et de l’innovation technologique (D/FRSIT). Cette direction offre chaque deux ans aux développeurs et innovateurs de technologies un cadre de valorisation de leurs produits à travers la foire du FRSIT. A l’issue de cette rencontre, il est attendu des participants qu’ils fassent tache d’huile dans leur milieu respectif.

Aïssata Laure G. Sidibé
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