Actualités :: Journée internationale de la démocratie : Le Centre pour la gouvernance (...)

A l’occasion de la journée internationale de la démocratie, le Centre pour la gouvernance démocratique a organisé un panel sur le thème : « Quel nouveau contrat social pour le Burkina Faso ». Cette communication a été assurée par l’anthropologue Jocelyne Vokouma et le sociologue Alkassoum Maïga sous la modération du philosophe Abdoulaye Barro. L’évènement s’est tenu ce jeudi 15 septembre 2022 dans la salle de conférence de l’hôtel Royal Beach.

« Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ». Voilà en épilogue ce que défendait Jean Jacques Rousseau pour qui, l’équilibre de la société ne saurait être garanti sans que l’ensemble exhaustif des citoyens pris individuellement, dans leurs différences, ne contracte un pacte dans lequel ils cèdent leurs droits particuliers pour obtenir l’égalité des droits que procure la société. Au vu de la détérioration du contexte social et la dégradation de la situation sécuritaire qui n’ont que trop duré, l’urgence impose que clairement soit posé le débat sur le contrat social, afin de trouver des réponses rapides et efficaces pour sortir le Burkina Faso de l’ornière.

Selon Simon Pierre Douamba, membre du CGD, c’est l’objectif de cette activité « qui s’inscrit dans le cadre de la journée internationale de la démocratie. L’idée c’est de reformuler un nouveau contrat social pour que la démocratie puisse fonctionner à merveille ».

Pour ce faire, la première communication à ce panel qui réunissait plus de 250 jeunes a été livrée par Dr Jocelyne Vokouma. Pour « comprendre le délitement du contrat social au Burkina Faso », elle fera un feedback dans le passé, en expliquant le contexte social dans lequel vivent les pays africains et en particulier le Burkina Faso, de l’avènement de la colonisation jusqu’à ce jour.

« Jusque-là, nous n’avons eu que des pseudo-constitutions qui ne tiennent pas comptent des réalités du pays », Dr Jocelyne Vokouma

Pour elle, il n’y a pas de contrat social au Burkina Faso car non seulement les lois qui régissent la société ne reflètent pas la réalité de la société, mais surtout, les Burkinabè n’ont pas été associés à l’élaboration de ces lois qui, aujourd’hui, s’appliquent à eux. « Quand on parle de contrat social, il s’agit de mettre des intérêts individuels ensemble qui vont former un intérêt général autour duquel la gouvernance va s’organiser. Il n’y a pas eu cet exercice préalable. De ce début de gouvernance coloniale, nous sommes rentrés dans le post colonial sans toujours associer la part des populations dans l’élaboration de notre loi fondamentale. Cette loi n’intègre pas forcément nos valeurs et nos besoins dans le modèle du prototype que nous souhaitons pour l’avenir. C’est ce qui explique cette absence de contrat social au Burkina Faso », a-t-elle laissé entendre.

Dans la seconde communication, il s’agissait de « penser un nouveau contrat social pour le Burkina Faso ». Pour le Pr Alkassoum Maïga, construire un Burkina radieux passe inéluctablement par un consensus des différentes ethnies sur certains éléments. C’est le minimum que l’on puisse faire pour vivre ensemble. « Il faut voir quels peuvent être les éléments fédérateurs et s’accorder sur ce qui peut être à base du contrat social pouvant lier les populations entre elles », dit-il.

Au sujet de la qualité des hommes qu’il faut pour impulser une nouvelle dynamique pour faire bouger les lignes, Pr Alkassoum Maïga dira : « Si on n’y prend garde, ce pays va rechercher des dirigeants intègres mais ne les aura pas »

En outre, il estime que l’ordre doit être clairement rétabli entre les pouvoirs pour éviter que chacun n’empiète sur le fonctionnement de l’autre. « Il faut définir clairement les relations qui existent entre les pouvoir exécutif, législatif et judiciaire et établir une hiérarchisation de ces pouvoirs », recommande-t-il.

De la corruption des hommes à la perte des valeurs sociales en passant par l’abandon des cultures, il passera minutieusement en revue les problèmes que rencontre le Burkina avant d’insister sur l’impérieuse nécessité de définir clairement les appareils idéologiques (école, famille, religion) et répressifs de l’Etat (police, gendarmerie, etc.) dans leurs modes de fonctionnement. « Si l’on n’arrive pas à éclaircir tout cela et même si on arrive à mettre sur pied un contrat social, le contrat social peut être remis en cause du fait des dysfonctionnements entre les ordres de pouvoir », a-t-il conclu.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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