Actualités :: Méningite en Afrique : L’OMS alerte sur « un risque accru de flambées (...)

L’Afrique enregistre 100 cas de méningite pour 100 000 habitants, l’incidence la plus élevée au monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si la méningite de type A s’avère être une maladie quasiment éliminée sur le continent, les campagnes de vaccination contre cette épidémie qui ciblaient plus de 50 millions d’enfants en Afrique, ont été aujourd’hui retardées par le COVID-19. Toute chose qui expose désormais la région à un risque accru de flambées épidémiques, selon l’OMS. C’était au cours de la conférence de presse en ligne qu’elle a initiée le jeudi 8 septembre 2022.

Avec l’objectif ambitieux de vaincre la méningite bactérienne dans la région africaine d’ici à 2030, l’OMS fournit une nouvelle stratégie régionale aux pays africains. Il s’agit d’une feuille de route pour renforcer le diagnostic, la surveillance, le traitement, le plaidoyer et la vaccination afin d’éliminer les flambées épidémiques et de réduire de 70 % les décès et de 50 % les infections. L’OMS estime qu’il faudra 1,5 milliard de dollars d’ici à 2030 pour mettre en œuvre ce plan qui, si les États l’adoptent, sauvera plus de 140.000 vies par an dans le continent et réduira considérablement les invalidités.

À en croire l’Organisation mondiale de la santé, la pandémie du COVID-19 a gravement perturbé les services de prévention et de contrôle de la méningite, avec une forte baisse de la surveillance de la maladie, de la confirmation des cas en laboratoire et des enquêtes sur les flambées. Sur la base des rapports des pays, l’OMS a constaté que les activités de lutte contre la méningite avaient diminué de 50 % en 2020 par rapport à 2019, avec une légère amélioration en 2021. Le Bénin, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Nigéria et le Togo ont différé leurs campagnes d’administration du vaccin MenAfriVac, qui visent à protéger un total de 50 millions d’enfants de moins de douze ans contre la méningite de type A.

Pr François Marc Laforce, directeur des services techniques du Serum Institute de l’Inde

Un taux de couverture élevé de la vaccination peut réduire à zéro le risque de contagion

« En fin d’année 2008, il y a eu une épidémie soudaine qui a éclaté au Nigéria, à Sokoto et cela a marqué la dernière épidémie de la méningite de souche A en Afrique. Malheureusement, il y avait plus de 80.000 cas constatés dans le nord du Nigéria et au Niger. Ce qui a exercé une très forte pression sur le projet consacré aux études sur le vaccin MenAfriVac, qui est arrivé à son terme. Cela a également crée au sein de ce projet, ce sentiment qu’il était urgent d’accomplir cette tâche d’une grande importance », a rappelé le Pr François Marc Laforce, directeur des services techniques du Serum Institute de l’Inde.

À l’entendre, l’introduction de ce vaccin au Burkina Faso leur a permis de comprendre, qu’il aurait un réel effet sur la transmission. Car un taux de couverture élevé de la vaccination peut permettre de réduire à zéro le risque de contraction de la maladie, dans la mesure où elle favorise la disparition du virus au sein des communautés, a-t-il montré.

« Avec l’introduction de ce vaccin dans le Programme élargi de vaccination (PEV), nous sommes arrivés à éliminer la méningite de type A chez les enfants. Les données que nous avons reçues du Burkina Faso, du Niger, du Nigéria sont des résultats qui prouvent la réussite de cette opération », a expliqué le Pr François Marc Laforce
Ainsi, Pr Laforce recommande que se poursuive la vaccination contre la méningite en Afrique de peur d’une résurgence de l’épidémie dans la région.

Pour sa part, Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique soutient que la victoire contre la méningite de type A est l’une des plus grandes réussites du continent en matière de santé. Cependant, les conséquences du COVID-19 entravent les efforts pour éradiquer cette infection bactérienne comme menace pour la santé publique et pourraient entraîner des résurgences catastrophiques, selon elle.

Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

« En accordant la priorité à la riposte contre le COVID-19, nous ne devons pas perdre de vue les autres problèmes de santé. J’exhorte les pays à accélérer la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route régionale de l’OMS dès à présent, avant le début de la saison de la méningite en janvier 2023 », a-t-elle préconisé.
L’OMS recommande aux gouvernements d’apporter davantage d’appui social aux malades de la méningite et invite la société civile à s’impliquer dans les efforts de lutte contre l’épidémie, à travers la sensibilisation sur notamment les symptômes, l’impact de la maladie et l’importance du vaccin.

Définition de la méningite

Causée par l’inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière, la méningite se transmet par les éternuements, la salive ou les mucosités provenant du nez et de la gorge des personnes infectées. Et l’une des formes les plus mortelles et les plus invalidantes de la maladie, est la méningite bactérienne aiguë. Elle peut provoquer le décès dans les 24 heures, et une personne infectée sur cinq reste atteinte d’un handicap à vie après l’infection. La saison méningitique est particulièrement longue en Afrique, où elle s’étend de janvier à juin.

La méningite touche les personnes de tous âges, mais les jeunes enfants sont les plus à risque, car près de la moitié des cas et des décès concernent les moins de cinq ans.
À l’instar du Dr Moéti et du Pr Laforce, madame Rhoda Omorodion, directrice générale du Centre de soins et de développement du Nigéria, Dr Phionah Atuhebwe, chargée de l’introduction des vaccins et bien d’autres étaient présents pour éclairer l’opinion publique sur ce fléau.

Hamed NANEMA
Lefaso.net

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