Actualités :: Société : « La gestion des conséquences de l’insécurité est plus difficile et (...)

« Place et rôle de l’éducation et de la société dans la prévention des comportements déviants chez les jeunes ». C’est sous ce thème que les responsables du Cercle pour la prévention en matière sécuritaire, la promotion de la paix et du développement humain (CE.SE. PA. D) ont, sur initiative de la Coordination des femmes de la commune rurale de Sabcé, province du Bam, région du Centre-nord, et l’appui de Bissa Gold, animé une conférence publique. L’activité, tenue le mardi, 16 août 2022 à Sabcé, a regroupé des participants de services de sécurité, des coutumiers et religieux, des responsables d’organisations de femmes, de jeunes et d’autres organisations de la société civile ainsi que des autorités municipales et préfectorale.

Comme à Béguédo dans la région du Centre-est, le premier responsable du CE.SE.PA.D, Sanoussa Gansonré, expert et consultant en organisation de réseaux associatifs et en police de proximité, et son équipe sont revenus sur les enjeux de l’éducation, notamment dans le contexte actuel du Burkina. De leur avis, l’éducation doit être une réelle préoccupation pour l’ensemble des Burkinabè, au regard du délitement de la société.

Le cérémonial d’ouverture de la conférence

Cette conférence publique, typiquement conçue par le CE.SE.PA.D pour répondre aux besoins des populations, vise à jeter les bases d’une éducation porteuse d’espoir dans la prévention des comportements déviants chez les jeunes.

« Les comportements déviants qu’on observe aujourd’hui trouvent leurs sources dans la défaillance ou démission parentale. Cette démission se manifeste par l’inexistence d’une vision noble et d’une feuille de route pour l’éducation des enfants, un faible attachement enfant/parent, aucun contrôle des faits et gestes, une fréquence des reproches et des punitions, aucune initiative d’éducation religieuse ou d’instruction civique, absence d’intimité des parents et autres membres de la famille, des parents alcooliques, noctambules…qui tiennent des propos obscènes… (…). Il n’existe pas de mauvais enfant, il n’y a que des mauvais comportements », a, en partie, campé M. Gansonré.

Pour parvenir au résultat escompté, Sanoussa Gansonré et son équipe ont misé la communication sur les causes et conséquences des comportements déviants sur la sécurité, le vivre-ensemble et le développement ; les stupéfiants (notion, conséquences de leur consommation et comment s’en sortir) avant de donner quelques recettes pour une éducation préventive de l’insécurité et productrice de cohésion sociale, de vivre-ensemble et de développement.

Les conférenciers ont également abordé le rôle de la société dans la prévention des comportements déviants et le profil d’une mère et d’un père-modèle en matière d’éducation ainsi que la co-production sécuritaire avec les services de sécurité.
La province du Bam (dont Sabcé est l’une des communes), victime des attaques terroristes, abrite aussi de nombreux déplacés internes.
Ces personnes déplacées sont, pour la plupart, installées dans les périphéries de Kongoussi (chef-lieu de la province, à quinze kilomètres de Sabcé) et dans des villages environnants.

Le conférencier principal, Sanoussa Gansonré.

« Au regard de l’étau terroriste qui se resserre autour des zones, il paraît indispensable que des mesures préventives soient largement déployées dans cette province. Ces mesures préventives incluent la prévention de possibilités de recrutement de jeunes par les terroristes et la création de toute complicité nocive à la paix et à la cohésion sociale. L’affluence de personnes déplacées internes, au-delà des contingences économiques à gérer, peut être facteur d’aggravation de l’insécurité en ce que les jeunes hommes peuvent être recrutés par les groupes armés qui leur proposeront de meilleures conditions de vie. Les jeunes filles seront des proies faciles à la prostitution qui engendre également d’autres formes de délits et de criminalité », analyse l’expert Gansonré, principal conférencier à cette journée de communication.

Le défi ou le pari de la prévention ne se pose pas en termes de nécessité, mais plutôt de stratégie et d’actions créatrices de résultats plus ou moins immédiats, poursuit-il, précisant que c’est une question d’existence qui interpelle tous les citoyens à tous les niveaux. C’est pourquoi invite-t-il les populations de la province du Bam et les ressortissants à développer toute sorte d’initiatives pour préserver la quiétude actuelle et consolider la sécurité afin d’éviter que la localité ne sombre et devienne inaccessible.

Pendant plusieurs heures de communication, alternée par des échanges et témoignages, les participants ont unanimement reconnu et loué l’impact de cette conférence publique dans les changements de comportements des populations (une première conférence-test ayant eu lieu dans la même commune en avril 2022).

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Des témoignages sur l’abandon de la consommation de stupéfiants par des élèves et autres jeunes du secteur informel, le respect du code de la route et la soumission aux parents d’enfants jadis considérés comme rebelles ainsi que sur l’amélioration des relations dans les couples et les familles ont foisonné au sein des participants.
C’est pourquoi, la responsable de la coordination des femmes de Sabcé a, tout en remerciant Bissa Gold pour son soutien à la tenue de cette conférence publique et le CE.SE.PA.D, plaidé pour trois à quatre autres cadres de ce type et plus élargis pour permettre aux nombreux femmes et jeunes de pouvoir tirer directement substance des nombreux enseignements et astuces de cette conférence, qu’elle qualifie d’exceptionnelle.

« Cette formation est très bénéfique. Nous profitons vraiment pour demander à d’éventuels partenaires de nous permettre d’avoir d’autres conférences du genre et élargies à plusieurs femmes. Aujourd’hui, nous sommes 50 à avoir participé, demain, si on atteint 100, ce sera très bien parce que la femme, quand elle apprend quelque chose, elle partage autour d’elle. (…). Beaucoup de jeunes se sont mariés tôt, ils ne se connaissent pas dans la gestion d’un foyer, d’une famille. Avec ce que nous avons appris, je dirais qu’il est important que de nombreux jeunes puissent bénéficier de ces conférences. Avec une telle formation, les jeunes seront épanouis dans leur couple et les femmes sont très heureuses d’avoir appris sur l’éducation des enfants », loue la coordinatrice des femmes de Sabcé.

Pour ce leader d’association, cette conférence va porter d’énormes fruits par le changement de comportements qu’elle va induire. « Nous avons profité pour prendre le contact de la structure, le CE.SE.PA.D, pour que ce genre d’actions puisse vraiment se poursuivre dans notre province et partout au Burkina », a-t-il projeté.
De l’avis de la participante Odile Sawadogo, le contenu de cette conférence publique peut ramener la paix dans un pays.

Mme Nacanabo, agent public, suggère que les prochaines communications puissent s’étaler sur plusieurs journées, pour permettre aux communicateurs de décliner tout le contenu des modèles.

Le représentant des organisations de la société civile de Sabcé, Boureima Ouédraogo, lui, apprécie notamment le développement sur les notions de cohésion sociale dans la famille, dans la société, les notions de paix et de lutte contre l’insécurité par les comportements individuels. « Donc, c’est vraiment très heureux que je ressors de cette formation et à partir de là, je suis sûr qu’on aura une autre attitude dans notre vie conjugale ainsi que dans la vie sociétale. Cela va nous permettre de nous organiser pour que la paix et la cohésion sociale s’installent entre nous dans la société à la base », a confié Boureima Ouédraogo.

« Il est revenu sur l’éducation des enfants, en expliquant que certains parents ont parfois peur d’adresser la parole à leurs propres enfants. (…). Sincèrement, je suis dans ce cas. J’ai peur de mon propre enfant, que j’ai mis au monde. Quand je dis un, il dit deux. J’ai tout fait, jusqu’à l’envoyer à l’internat. C’est moi qui me suis occupée de lui par mes petits travaux. Je pensais que l’internat allait le changer, mais il est revenu pire. Quand je lui dis de faire quelque chose, il fait ce qu’il veut. Il a passé le BAC cette année, mais il n’est même pas allé au second tour. La conférence m’a beaucoup touchée, j’ai eu beaucoup d’astuces qui vont m’aider. Voilà pourquoi je souhaite que cette conférence se multiplie pour que les enfants comme le mien puissent suivre directement », se confie cette participante.

Lien utile « Il faut s’attendre à ce que la situation ne s’améliore pas, si les différents acteurs ne jouent pas leur rôle »

O.H.L.
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