Actualités :: Don de sang au Burkina : « Le sang est gratuit pour tous… », rappelle Dr Alice (...)

Le sang et les produits sanguins sûrs, qui permettent de réaliser des transfusions, constituent un aspect essentiel des soins et de la santé publique. Ils sauvent des millions de vies et améliorent la santé et la qualité de vie de nombreux patients au quotidien. Le besoin en sang est universel ; en revanche, l’accès au sang pour tous ceux qui en ont besoin ne l’est pas. Les pénuries de sang sont particulièrement criardes dans les pays en développement. Les banques de sang sont permanemment en difficulté au Burkina d’autant plus que l’on n’a pas atteint l’autosuffisance en produits sanguins labiles. La période allant de juin à octobre, est dite période « difficile » du fait que les ressources en sang maigrissent par le départ en vacances des élèves et étudiants (principaux donneurs de sang) tandis que le besoin monte en pic par la recrudescence du paludisme. Une équipe des Éditions Lefaso.net s’est entretenue avec la directrice générale du Centre national de transfusion sanguine Dre Céline Alice Rosine Kiba Koumaré, sur la question du don de sang.

Lefaso.net : Pourquoi une campagne de collecte de sang ?

DG/ CNTS : Je voudrais d’abord rappeler que le Centre national de transfusion sanguine est l’opérateur unique du sang au Burkina Faso et a pour mission principale la collecte, le traitement et la distribution des produits sanguins. Selon les estimations de l’OMS, les besoins théoriques en sang sont estimés à environ 200 000 poches de sang. Malheureusement avec les moyens mis à la disposition du CNTS, seulement 125 000 poches de sang devront être collectées cette année. Par ailleurs, depuis le début du mois de juin, nous sommes entrés dans la période dite ‘’difficile’’ en ce sens que l’offre en matière première nécessaire pour la production des produits sanguins labiles est très faible devant des besoins de plus en plus élevés.

C’est pourquoi nous avons besoin du concours de tous notamment de nos partenaires traditionnels, les associations de donneurs de sang, la presse etc., afin de nous permettre de relever le défi. Nous travaillons à satisfaire les demandes des formations sanitaires. Comme vous le savez, chaque jour, des personnes risquent de perdre la vie par manque de sang suite à des anémies graves dues entre autres au paludisme, des hémorragies liées à l’accouchement, aux accidents graves de la circulation, des maladies comme la drépanocytose. Et malheureusement, il n’y a pas encore d’alternative scientifique pour remplacer le sang humain. Il y a donc nécessité d’intensifier la sensibilisation afin d’amener le maximum de populations à adhérer au don de sang.

Lefaso.net : La banque de sang est-elle en difficulté de poches de sang ?

DG/ CNTS : Comme je l’indiquais tantôt, nous essayons autant que faire se peut, de renflouer nos stocks de sang dans les structures opérationnelles. Les banques de sang sont permanemment en difficulté d’autant plus que nous n’avons pas atteint l’autosuffisance en produits sanguins labiles. Elles sont d’autant plus en difficulté car cette période allant de juin à octobre, est difficile du fait que les ressources en sang maigrissent par le départ en vacances des élèves et étudiants (principaux donneurs de sang), tandis que le besoin monte en pic par la recrudescence du paludisme.

Lefaso.net : Quelles sont les conditions que l’on doit réunir pour pouvoir donner son sang ?

DG/CNTS : Pour pouvoir donner son sang, il faut avoir un âge compris entre 18 et 60 ans ; peser 50 kg ou plus, être en bonne santé ; en plus, il ne faut pas avoir plus de 50 ans pour le 1er don.

Ceci dit, un homme peut donner son sang une fois par trimestre soit 4 fois dans l’année tandis que la femme donne une fois tous les 4 mois soit 3 fois dans l’année.
Cependant, le don doit être différé pour les points suivants ; accouchement depuis moins de 6 mois ; allaitement depuis moins de 12 mois ; prise d’antibiotiques au cours des 7 derniers jours ; détartrage et autres soins dentaires au cours des 3 derniers jours ; piercing, scarification, acupuncture ou tatouage depuis moins de 12 mois ; fibroscopie, intervention chirurgicale, suture depuis moins de 3 mois ; nouveau partenaire sexuel au cours des 3 derniers mois.

Et aussi, l’on ne peut donner son sang par précaution si l’on a été transfusé ; ou utilisé, dans le passé, de la drogue (par voie intraveineuse ou nasale).

Lefaso.net : Où et quand peut-on donner son sang ?

DG/CNTS : On peut donner le sang dans tout centre de transfusion sanguine, tous les jours et heures ouvrables. A Ouagadougou, nous sommes sur deux sites à savoir Paspanga (Avenue Koumda Yonré, route de l’hôpital Yalgado Ouédraogo) et Tengandogo à côté de l’hôpital de Tengandogo. Nous sommes également à Bobo Dioulasso, Koudougou, Fada N’Gourma, Tenkodogo, Ouahigouya, Kaya, Dédougou et Gaoua pour effectuer votre don. Vous pouvez aussi profiter de nos collectes mobiles. Nous avons également en perspective, l’ouverture du Centre de transfusion de Dori.

Lefaso.net : A qui est destiné le sang collecté ?

DG/CNTS : A tous les malades qui sont dans le besoin qu’ils soient dans les formations sanitaires publiques et privées du Burkina Faso : les accidentés de la circulation, les cas d’anémie, les patients sous chimiothérapie, les patients dyalisés, les femmes qui saignent pendant l’accouchement ou après etc.

Lefaso.net : Avez-vous un groupe sanguin qui manque cruellement ?

DG/CNTS : Dans la population des donneurs de sang aussi bien qu’en général, la répartition des groupes sanguins est la même. D’une façon générale, les rhésus négatifs sont plus rares que les positifs, aussi, il y a plus de groupe O+ et moins de groupe O-. Donc en fonction des besoins, nous pouvons dire que ces sont tous les groupes qui manquent.

Lefaso.net : Quels sont les groupes sanguins fondamentalement recherchés lors de ladite campagne ?

DG/CNTS : Tous les groupes sanguins sont importants et recherchés, exemple si on prend le cas du groupe AB qui est appelé receveur universel en ce qui concerne la transfusion du concentré de globule rouge, alors son plasma dans la règle de compatibilité est donneur universel donc tous les groupes sont importants.

Lefaso.net : Des gens meurent-ils de manque de sang dans les hôpitaux ou c’est à titre préventif ?

DG/CNTS : Il y a beaucoup de pathologies qui nécessitent obligatoirement une transfusion sanguine et quand ce n’est pas le cas, il y a un risque de perdre ces malades.

Lefaso.net : La rumeur selon laquelle le sang est vendu dans certains hôpitaux est-elle vraie ?

DG/CNTS : Le sang est gratuit pour tous, que ce soit dans les formations sanitaires publiques ou privées. Mais le secteur de la santé comme partout ailleurs n’est pas à l’abri de la corruption. Donc si vente il y a, c’est purement illégal et les contrevenants savent que la loi leur est opposable dans toute sa rigueur.

Lefaso.net : Comment les patients doivent-ils se comporter une fois face à ce phénomène de vente de sang ?

DG/CNTS : Si vous êtes témoins ou victime de vente de sang, ne pas dénoncer c’est contribuer à alimenter ce deal donc contribuer à décourager ceux qui donnent gratuitement de leur sang. Les poches de sang au Burkina sont financées par l’Etat et les partenaires pour que le sang soit servi gratuitement à tout malade dans le besoin.

Patricia F.A. COULIBALY
Lefaos.net

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