Actualités :: Prise en charge des psycho-traumatismes : L’Institut privé de médecine et (...)

L’Institut privé de médecine et sciences alliées (IMSA) a organisé, du 23 au 30 juillet 2022 à Ouagadougou, une formation sur la prise en charge des cas de psycho-traumatisme au profit de douze professionnels venus du Burkina et d’autres pays. Pour le Pr Jean Gabriel Ouango, directeur académique de l’IMSA, il s’agit d’une manière, pour les promoteurs de l’Institut, de contribuer à la prise en charge de ces cas devenus nombreux avec l’insécurité.

Le traumatisme psychologique peut être défini comme tout ce qui est extérieur à la personne et qui fait effraction dans la psychologie de la personne et qui provoque une souffrance d’ordre psychologique. Par cette définition, on peut classer dans cette catégorie de patients, les personnes qui ont développé une grosse dépression, une sidération ou une folie après des évènements d’ordre social.

Au Burkina Faso, le nombre de ces personnes a grossi ces dernières années avec les attaques terroristes contre les éléments des forces de défense et de sécurité, les volontaires pour la défense de la patrie et les populations civiles les obligeant souvent à quitter leurs lieux d’habitation. Au regard de leur nombre de plus en plus croissant, la prise en charge de ces personnes est défaillante au regard de l’insuffisance de professionnels commis à cette tâche.

La soeur religieuse et bien d’autres professionnels de la santé et de l’humanitaire ont déjà pris aux sessions de formation organisées par l’IMSA

Pour contribuer à résoudre ce problème, les promoteurs de l’Institut privé de médecine et sciences alliées offrent des formations au profit des professionnels de la santé ou d’aide aux personnes déplacées internes sur le psycho-traumatisme. « Imaginez-vous quelqu’un qui est né et qui a vécu dans son milieu et qui est obligé un matin d’abandonner ce milieu. Qu’il soit femme ou homme, il va vivre un traumatisme psychologique permanent. Nous nous sommes donc dit que si on pouvait former des gens techniquement afin de leur donner des compétences pour qu’ils puissent soutenir, dans leurs lieux de travail ou là où l’importance de la question se pose, les personnes déplacées internes. L’atelier a été retenu dans son contenu actuel à cause de notre désir de participer à la résolution des problèmes actuels provoqués par l’insécurité », a indiqué Pr Jean Gabriel Ouango, professeur agrégé de psychiatrie et psychogériatrie, par ailleurs directeur académique de l’IMSA.

Pr Jean Gabriel Ouango, directeur académique de l’IMSA

Débutée le 23 juillet 2022, la formation a enregistré douze participants venus du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Cette session est la quatrième du genre. L’engouement des professionnels pour les connaissances dispensées au cours des formations est sans commune mesure. Selon le directeur académique, les participants se recrutent dans les milieux de la médecine, de la psychologie, dans les universités et même dans le milieu religieux. « A chaque session, nous avons des médecins, des psychologues, des étudiants, des attachés en santé mentale, des participants venus de l’extérieur. Nous avons déjà eu des prêtres et des sœurs religieuses parmi nos apprenants », soutient-il.

Un corps professoral de niveau international

L’initiative portée par des professeurs agrégés de grade international a vite fait des émules aussi à cause du niveau des enseignants qui partagent leur savoir avec les apprenants. Pour cette session, le Pr Soedje Kokou Messanh, maître de conférences agrégé en psychiatrie adulte du Togo. Officier supérieur de l’armée togolaise, il est le premier médecin militaire psychiatre du Togo. Doté d’un long parcours, il a participé à la prise en charge des traumatisés lors de l’explosion du matériel militaire à Mpila au Congo-Brazzaville en mars 2012, des incendies des grands marchés de Lomé et de Kara.

Pr Soedje Kokou Messanh, Maître de conférence agrégé en psychiatrie adulte du Togo, a partagé ses connaissances avec les étudiants

Après avoir servi à Tombouctou, Aguelhok et Tessalit, il est actuellement en poste à Kidal où il travaille toujours dans la prise en charge des personnes souffrant de psycho-traumatisme. « Nous avons été sollicité pour partager nos expériences et renforcer les capacités des apprenants au cours de cette formation », a-t-il indiqué. Il a partagé ses connaissances sur l’évaluation du psycho-traumatisme en fonction de la nature, de la gravité du risque et les principales décisions à prendre lors des sinistres ou des blessés de guerre. Il a aussi exposé sur les médicaments à utiliser au cours de la prise en charge des psycho-traumatisés.

Comme lui, Christine Théodore, psychologue clinicienne, psychanalyste et travaillant à l’Institut de victimologie à Paris (France), a pu partager ses connaissances avec les apprenants. Fréquente au Burkina Faso depuis les années 2000, elle a pu faire des études sur les pratiques dozo dans la prise en charge des psycho-traumatisés. Elle a fini par être incorporée dans la confrérie et arbore fièrement sa carte de membre. Pr Christine Théodore a dispensé les cours sur le diagnostic et traitement des traumatismes chez les dozo et la prise en charge des enfants souffrant du psycho-traumatisme. « Dans les cas des enfants, il faut rapidement créer les conditions de confiance en leur donnant un toit et de quoi s’alimenter. Nous avons échangé sur beaucoup d’autres aspects », a-t-elle indiqué.

Christine Théodore, psychologue clinicienne, psychanalyste et travaillant à l’Institut de victimologie à Paris (France) est l’une des formatrices

D’autres formations en vue

L’Institut de médecine et sciences alliées, situé à Tanghin, a ouvert ses portes en 2020, à l’initiative du Pr Kapouné Karfo, professeur titulaire de psychiatrie, fondateur de la clinique Assinan et du premier Institut privé de santé mentale au Burkina Faso.
L’IMSA forme des attachés de santé en santé mentale (master en soins infirmiers option santé mentale), un master professionnel en psychologie clinique, une licence professionnelle en psychomotricité et une licence professionnelle en orthophonie. Le coût des formations varie entre 800 000 francs CFA et 1 100 000 francs CFA.

Le coût des formations sur la prise en charge des psycho-traumatismes au profit des professionnels va de 150 000 FCFA pour les étudiants à 450 000 francs CFA pour les étrangers. Les Burkinabè, déjà en activité, doivent s’acquitter de la somme de 400 000 pour prendre part à la formation.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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