Actualités :: Espace Maman allaite : Un cadre de promotion du bien-être de la femme (...)

« Etre mère, être père, ça se prépare ». Cet idéal, l’association « Espace Maman allaite » (EMA), constituée en février 2022, qui s’est donné pour vocation d’œuvrer à la promotion du bien-être de la femme enceinte, de la mère, de l’enfant et de la famille, se l’est approprié par des séances de sensibilisation aux futurs mères et pères, aux femmes enceintes, aux parturientes, etc. Pour davantage faire connaître l’association, ses responsables ont tenu une séance de présentation suivie d’une sensibilisation dans les locaux de la structure, en collaboration avec l’« Ecole des mamans », partenaire d’EMA poursuivant les mêmes buts.

Tout est parti d’un groupe WhatsApp dédié aux mères allaitantes et dans lequel on trouve aussi des femmes enceintes, des jeunes filles, des pères et futurs pères ; une plateforme de partage d’expériences et de bonnes pratiques pour la promotion de l’allaitement maternel exclusif.

A la base de l’initiative, le maïeuticien Moussa Ouaré, en service au CSPS (Centre de santé et de promotion sociale) de Yamtenga (périphérie Est de la capitale burkinabè), soutenu par des collègues agents de santé, dévoués à leur travail. Au fil du temps, le groupe attire plus de personnes et les sollicitations sont faites pour des séances de sensibilisation auprès de populations dans des secteurs, les centres de santé... Cette situation conduira finalement à la création de l’association « Espace Maman allaite » (qui n’est autre que le nom du groupe WhatsApp) afin de profiter au maximum de femmes et d’hommes, pour le bonheur des familles.

« Quand les enfants se portent bien, les familles s’épanouissent ; et lorsque les familles sont épanouies, ce sont les services publics et privés ainsi que toute la société qui en tirent profit », justifie Moussa Ouaré, président de l’association.
Organisation à vocation sociale et humanitaire, « Espace Maman allaite » vise donc à renforcer les liens de solidarité, d’entraide et de cohésion entre les femmes enceintes, les mères et la communauté en matière d’allaitement ; accroître les connaissances et les pratiques des femmes en matière de soins liés à la grossesse, à l’accouchement et au post-partum ; renforcer les connaissances des maris et de l’entourage familial de la femme sur leur rôle pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum ; renforcer les relations inter-professionnelles (les professionnels et les usagers) dans les services de maternité.

Le président de l’association, Moussa Ouaré, s’entretenant avec un groupe de femmes.

Un tandem avec l’« Ecole de mamans »

Dans son combat pour le bien-être des accouchées, des bébés et de toute la famille, l’association « Espace Maman allaite » va parfois en tandem avec l’« Ecole des mamans », une structure dont l’objectif est de limiter les difficultés liées à la maternité et œuvrant surtout à l’épanouissement de la famille. D’ailleurs, les deux entités se partagent souvent les mêmes intervenants/spécialistes. « Beaucoup de femmes, surtout celles qui sont à leur première grossesse, ne s’attendent pas à la douleur de l’accouchement. Donc, il faut les préparer. La grossesse déforme l’organisme, donc des crises qui vont avec (vomissements, malaises, etc.). D’autres ne connaissent aucun problème durant cette période. On explique comment accepter et gérer la douleur de l’accouchement. On montre aux mamans comment se comporter pendant la douleur du travail et les positions à adopter pour atténuer la douleur. Il y a aussi l’allaitement maternel exclusif qu’on demande aux mamans d’adopter, parce qu’il y en a qui se demandent comment un enfant peut naître et jusqu’à six mois, il ne boit pas l’eau et est capable de vivre. Le lait maternel comprend 90% d’eau. Cela veut dire que l’enfant boit à tout moment, s’il est bien allaité », explique Rafiatou Kaboré, sage-femme au CMA (Centre médical avec antenne chirurgicale) de Kossodo, membre d’EMA.

Selon l’agent de santé, les six premiers mois après l’accouchement sont déterminants en matière d’allaitement. « On n’a pas dit d’allaiter l’enfant chaque deux heures, non. A partir du moment où l’enfant veut le lait seulement, on lui donne. L’enfant peut pleurer parce qu’il a faim, il peut aussi pleurer parce qu’il est mouillé ; il faut changer les couches. Il peut aussi pleurer parce qu’il a sommeil. Il peut aussi pleurer parce qu’il a soif. Dans ce dernier cas, quand vous le mettez au sein, vous verrez qu’il tète une à deux minutes et il laisse. C’est la soif, il a bu l’eau et il est soulagé. Quand un enfant a faim, il peut téter de 45 minutes à une heure ; parce que les bébés, quand ils tètent, au début, ils ont mal aux joues, il faut donc masser les joues, prendre le temps de bien s’assoir donc pour que l’enfant tète bien. Si vous faites ainsi, vous verrez que l’enfant n’aura aucun souci de santé parce que le lait maternel est naturel, disponible et stérile », conseille-t-elle.

Rafiatou Kaboré

« Il faut utiliser le lait artificiel quand on n’a pas le choix. L’allaitement est compatible avec toutes sortes de métier, il faut savoir simplement s’organiser », renchérit Daniel Poda, conseiller en santé, en service à l’hôpital Yalgado-Ouédraogo, secrétaire général de l’association EMA. Il bat en brèches certaines idées reçues et véhiculées. « Le fait d’allaiter ne fait pas tomber les seins, c’est plutôt le processus de vieillissement. (…). Dieu n’a pas créé la femme avec des seins par hasard. (…). Malheureusement, beaucoup d’enfants meurent avant leur premier anniversaire par manque d’allaitement, qui peut aussi entraîner une faiblesse dans la croissance », évoque Daniel Poda.

« Les conseils réduisent les complications dans l’accouchement, la mortalité maternelle et néo-natale »

L’« Ecole des mamans », qui existe depuis environ deux ans, est ouverte à tout le monde, sans distinction. Elle est constituée de sages-femmes, de maïeuticiens, de mères, tous volontaires. « Nous préparons à toutes les étapes : par exemple, la sexualité et la grossesse (parce qu’il y a des hommes qui ne savent pas qu’ils peuvent toujours avoir des rapports avec leur femme quand elle est enceinte, sauf en cas de complication), l’alimentation de la femme enceinte, l’accouchement humanisant, etc. On fait aussi le sport, le yoga, la danse, etc. », égrène Rafiatou Kaboré.

Daniel Poda

« Notre souhait est que toutes les sages-femmes adoptent le système de préparation de la femme ; parce que dans les services, on fait des consultations prénatales, mais le temps ne suffit pas pour donner toutes les informations à la femme. Souvent, les femmes qui viennent dans ces services sont pressées de repartir et les sages-femmes aussi, vu le nombre, n’arrivent pas à donner le maximum d’informations. C’est pourquoi, je souhaite que la promotion de la préparation à l’accouchement se fasse vraiment à la base, à l’école ; il faut qu’on amène les élèves à savoir qu’il faut être préparé à l’école avant de sortir. Et chaque fois qu’une femme vient, il faut essayer de la comprendre, parce que la gestion de la douleur…, il faut se mettre à la place de la femme pour la comprendre. Il faut donc l’orienter. Elle a mal, si elle n’est pas aidée, elle ne sait pas comment faire, elle est désorientée. Donc, il faut lui donner des conseils et tout va bien se passer. Les conseils réduisent les complications dans l’accouchement, la mortalité maternelle et néo-natale », recommande également la sage-femme Rafiatou Kaboré.

O.L
Lefaso.net

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