Actualités :: Massacres de Solhan et Seytenga : Les ressortissants craignent que (...)

Sous blocus depuis une dizaine de jours, la ville de Sebba dans la région du Sahel se meurt. C’est ce qu’a déploré l’association des ressortissants du Yagha (ARY) qui réclame urgemment la prise de mesures fortes avant qu’un autre drame ne se produise. C’était au cours d’une conférence de presse, ce mardi 5 juillet 2022, à Ouagadougou.

« Aucun transporteur n’ose emprunter la route nationale Dori - Sebba. La ville n’est plus approvisionnée en denrées de première nécessité. Le jour de marché de Sebba, le marché a été bloqué et tous les commerçants refoulés. Les poteaux électriques de la SONABEL ont été sabotés empêchant les activités économiques et des ménages utilisant l’électricité. L’eau de l’ONEA est absente à Sebba par manque de ravitaillement en carburant et les populations se ruent dans les mares et le peu de forages existant. »

C’est le triste constat fait par le président de l’association des ressortissants du Yagha, Hamadou Diallo, ce 5 juillet 2022. A l’en croire le Yagha est une province martyre coupée du reste du pays.

Selon les conférenciers, il existe trois détachements militaires à Sebba, Solhan et Mansila. « Malgré ces efforts, l’étau se resserre autour de la ville de Sebba », a regretté le président Hamadou Diallo.

Les mesures urgentes à prendre

Au regard de la situation critique qui entraîne le déplacement de populations des autres communes vers la ville de Sebba, l’ARY a lancé un appel au gouvernement de transition. Elle demande entre autres l’envoi de convois humanitaires dans la ville, la sécurisation de la route Dori-Sebba et des villages environnants et le rétablissement des lignes téléphoniques.

« C’est notre rôle d’alerter »

« Des démarches ont été engagées et des contacts ont été établis, mais nous n’avons pu aboutir à cela. Compte tenu de l’urgence, l’association ne pouvait pas rester comme cela. Elle est dans son rôle d’alerter l’opinion sur ce qui se passe dans le Yagha », a indiqué Hamadou Diallo.

Éviter un remake de Solhan et Seytenga

Et le secrétaire général de l’association, Boureima Ly, de renchérir « Si l’Etat n’anticipe pas, il est possible qu’un autre drame se produise. À Sebba, c’est la psychose. Les populations sont en détresse et ne savent pas où aller. C’est un cri de cœur que nous portons à l’attention des autorités afin que l’on évite un remake de Solhan et Seytenga ». Il a rappelé que la consternation des populations s’est accrue avec l’assassinat d’un commerçant et des sept membres de sa famille, le 2 juillet 2022.

« Ce ne sont pas les armes qui vont nous tuer, mais plutôt la faim »

Présent à la conférence de presse, un sexagénaire a témoigné des difficultés que vivent les populations. « J’ai quitté Sebba le 26 mai et je ne peux plus partir. Toutes les personnes dans les quartiers situés à dix kilomètres autour de la ville ont rejoint Sebba. On ne sait pas où aller. Il n’y a aucun sac dans les boutiques témoins. Hier matin, les terroristes ont tué un jeune qui est allé chercher sa chèvre à moins de 2 kilomètres de Sebba. Ce ne sont pas les armes qui vont nous tuer, mais plutôt la faim ».

Rappelons qu’après l’attaque de la commune de Solhan dans la nuit du 4 au 5 juin 2021, l’association des ressortissants du Yagha avait lancé une collecte de fonds pour venir en aide aux rescapés. A en croire, les initiateurs de la collecte, trois millions de francs CFA ont été mobilisés pour l’achat de vivres et divers produits sur place à Sebba.

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