Actualités :: Centenaire de la naissance du professeur Joseph Ki-Zerbo : Allons à l’école (...)

Peut-on se demander nous Burkinabè, au moment où notre pays subit les drames les plus horribles les uns à la suite des autres : Yirgou, Solhan, Tanwalbougou, Inata, Seytenga …. « Quelle est notre valeur ajoutée ? » comme l’a demandé Joseph Ki-Zerbo à la jeunesse africaine ? Qu’avons-nous apporté à ce pays que nous avons de la peine à maintenir en vie ? Notre pays est menacé aujourd’hui par des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

Et son existence est en jeu. La lutte contre les groupes terroristes qui veulent nous retirer le Burkina Faso est la pyramide que notre génération devrait bâtir dirait Joseph Ki-Zerbo qui est né le 21 juin 1912 à Toma, voilà cent ans. Il serait surpris, Joseph Ki-Zerbo, de savoir que la Boucle du Mouhoun, sa région d’origine, échappe au contrôle du gouvernement de son pays avec plusieurs de ses provinces marquées du rouge sang de zones interdites aux étrangers. Et que les bandits armés se sont signalés à une dizaine de kilomètres de son Toma natal.

A l’occasion du centenaire de la naissance du premier agrégé d’histoire de notre continent, que pouvons-nous aller chercher chez Joseph Ki-Zerbo qui puisse nous servir de viatique dans cette lutte patriotique contre le terrorisme ? Quelle leçon peut-on apprendre de la génération des combattants qui ont dit non à la communauté française proposée par le colonisateur français à la place de l’indépendance et qui sont allés soutenir le seul pays qui a voté oui à l’indépendance : la Guinée en 1958 ?

Joseph Ki-Zerbo, est né le 21 juin 1922 à Toma et s’est éteint le 4 décembre 2006 à Ouagadougou. Il repose à Toma, près de la tombe de Alfred Diban Ki-Zerbo, son père, le premier chrétien du Burkina. Qu’aurait-il dit, qu’aurait-il fait face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés et notre efficacité à les résoudre étant presque nulle, de Roch Marc Christian Kaboré à Paul Henri Sandaogo Damiba ?

Ce qui est sûr face à la complexité de la situation sécuritaire, Joseph Ki-Zerbo ne prêcherait pas l’abandon, la résignation, le refus de rechercher des solutions. A leur époque, les colons pensaient que les noirs étaient incapables de faire des études supérieures et ne leur offraient pas cette opportunité. C’est en candidat libre qu’il passe le baccalauréat en 1949 et rentre à la Sorbonne pour étudier l’histoire et en 1956 il devient le premier Africain, agrégé d’histoire. Voilà comment il faut relever le défi.

Croire en nos capacités à trouver les solutions même si certains prétendent qu’on en est incapable. L’importance de la pensée dans cette lutte n’est pas à négliger. Joseph Ki-Zerbo l’homme politique n’a jamais dédaigné l’autre aspect de sa personnalité, celui du penseur qui a écrit beaucoup de livres, nous inviterait à un brainstorming national. On ne le dit jamais assez, ce n’est que par la réflexion puissante stratégique et tactique que nous pourrons sortir la tête hors de l’eau. Mais cela passe aussi par une forte connaissance de l’ennemi.

Or ce travail est quasi embryonnaire et nous sommes à la merci de l’ennemi en ne sachant pas où il se cache, combien ils sont, les armes dont ils disposent, qui sont leurs soutiens. Abandonner le combat ne ressemble pas à l’état d’esprit du tribun du « mouvement trop c’est trop » qui lançait aux manifestants « Nan laara an saara ». Ce qui est sûr aujourd’hui, si le pays se couche face à l’ennemi, il disparaît et nous les Burkinabè nous mourrons.

Nous avons besoin d’un amour désintéressé pour la patrie

Il est des gens qui pensent que nous ferions mieux de confier notre sort qui à des Français qui à des Russes dans cette guerre contre le terrorisme. Il est difficile de penser que l’homme qui propose le développement endogène, les solutions endogènes, abandonne ses propres capacités de penser et de lutter, d’agir soi-même, en un mot sa souveraineté à un autre. Le professeur Ki-Zerbo verrait là une occasion de développer notre armée, nos capacités de défense en « passant de soi à soi à un niveau supérieur » plutôt que de confier notre avenir et notre salut à d’autres. Trouver nous-même des moyens de défendre les villages et les populations attaquées et aller rechercher nos ennemis et les bouter hors de notre territoire.

Joseph Ki-Zerbo nous dirait il faut de l’engagement comme il l’a fait pour faire reconnaître au monde l’histoire de l’Afrique, la prééminence du continent où, pour la première fois comme dirait l’autre, l’homme s’est mis debout et a inventé l’écriture et construit des pyramides.

Cet engagement d’écrire l’histoire de l’Afrique et de lutter pour son indépendance, la démocratie et les droits de l’homme sont le fil rouge de sa vie. Engagement pour soutenir la Guinée indépendante, pour l’éducation en Afrique, pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune tués et brûlés sur la route de Sapouy sont des enseignements utiles pour notre vie.

Assurément sans amour désintéressé de la patrie de la part des dirigeants pourrions-nous gagner cette lutte contre le terrorisme ? Il nous faut du courage, de la patience, de l’esprit de lutte et de résistance dans cette guerre qui se gagnera avec l’intelligence et la foi en notre pays qui s’est battu pour exister et qui doit se battre contre l’ennemi actuel pour subsister et se développer. La leçon à apprendre de la vie de Joseph Ki-Zerbo c’est de ne pas avoir peur des défis de s’y attaquer et de travailler inlassablement à les relever sans chercher son propre profit mais celui du peuple.

Sana Guy
Lefaso.net

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