Actualités :: Journée mondiale de migration des poissons 2022 : Le Burkina Faso et le (...)

Le directeur général des ressources animales, Philippe Sawadogo, représentant le ministre en charge de l’agriculture, a présidé le samedi 21 mai 2022 à Ouagadougou, la journée mondiale de migration des poissions qui se célèbre pour la première fois au Burkina et au Ghana. L’activité est organisée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en collaboration avec l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) et le ministère en charge des ressources animales. Cette première commémoration s’effectue sous le thème « connecter les poissons, les rivières et les peuples ». La cérémonie s’est également tenue en présence du chef de programme de l’UICN, Dr Jacques Somda, et du directeur de l’UFR-SVT, Patrick Zerbo.

« Connecter les poissons, les rivières et les peuples ». C’est sous ce thème que le Burkina Faso et le Ghana célèbrent, pour la première fois, la journée mondiale de migration des poissons initiée depuis 2014 par la Fondation mondiale de la migration des poissons. Cette première commémoration a connu des activités aussi bien au Burkina Faso qu’au Ghana. Au niveau du Burkina, plusieurs communications étaient au programme notamment sur l’écologie des différentes espèces, les infrastructures pour faciliter leur migration et la législation encadrant ce secteur. En présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur général des ressources animales et halieutiques, Philippe Sawadogo, a montré que cette commémoration vise à sensibiliser les décideurs et l’ensemble des acteurs sur l’importance des poissons migrateurs d’eau douce et des rivières à écoulement libre.

Philippe Sawadogo, directeur général des ressources animales et halieutiques

Selon lui, la situation des poissons migrateurs est de plus en plus floue du fait du manque de données détaillées sur ces espèces parce que des études menées en 2014 par Collen et son équipe concluaient que dans environ un tiers de toutes les eaux douces, les espèces sont menacées d’extinction et que les poissons migrateurs sont plus menacés par rapport aux autres groupes de poissons.

Et à l’échelle mondiale, regrette-t-il, les poissons migrateurs d’eau douce ont diminué en moyenne de 76%. S’agissant du cas du Burkina, fait-il savoir, les chiffres ne sont pas meilleurs. En 1966, un inventaire partiel avait indiqué que l’on comptait 121 espèces de poissons. De nos jours, la compilation des inventaires réalisés au niveau national hors la région de l’Est affiche 82 espèces. Ce qui laisse, selon lui, présager une disparition éventuelle de plusieurs espèces.

Dr Adama Oueda, enseignant-chercheur à l’UJKZ

Face à cette menace contre les poissons migrateurs, l’UJKZ mène des recherches en la matière. Selon l’enseignant-chercheur, Adama Oueda, la plus grande menace sur ces espèces de poissons, c’est le fait que dans la construction des barrages au niveau du Burkina Faso, on ne prévoit pas de place pour que ces poissons puissent migrer. En plus de cette menace, ajoute-t-il, les techniques de pêche qui sont utilisées empêchent aussi cette migration. « Tout cela est une entrave et constitue la première menace à la migration des poissons au Burkina, sans oublier la surpêche », enseigne l’enseignant-chercheur.

Des étudiants mobilisés pour participer à la commémoration de cette 1e édition de la journée mondiale de migration des poissons

Toujours sur le Burkina, le directeur général des ressources animales et halieutiques, Philippe Sawadogo a laissé entendre que les ressources halieutiques constituent une source de protéines de haute qualité qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la création d’emplois et de revenus au profit des populations. « En 2021, le Burkina Faso a consommé 193 160 tonnes de produits halieutiques dont 16% sont issus de la production nationale et 84% des importations. Des chiffres qui révèlent un défi majeur dans l’accroissement et la gestion durable de la production halieutique nationale », a-t-il souligné. C’est pourquoi, il a rappelé qu’il faut lutter contre les mauvaises pratiques comme l’utilisation d’engins prohibés de pêche, la pollution des eaux sous toutes ses formes, etc.

Une faible attention accordée aux poissons migrateurs

S’adressant à l’assistance, le chef de programme de l’UICN au Burkina, Dr Jacques Somda, a déclaré à son tour que célébrer la migration des poissions peut paraître un évènement surprenant pour la plupart des gens qui n’ont entendu ce thème pour la première fois qu’en 2022. Pourtant, poursuit-il, ce thème fait partie de la convention sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage, ratifié par le Burkina Faso le 9 octobre 1989 et le Ghana le 19 janvier 1988.

Dr Jacques Somda, chef de programme de l’UICN au Burkina

Tout en précisant qu’en ratifiant cette convention, les parties, y compris le Burkina Faso et le Ghana, ont reconnu le besoin de prendre des mesures en vue d’éviter qu’une espèce migratrice ne devienne une espèce en danger. Si des efforts ont été faits pour les espèces migratrices terrestres par les parties à travers la création de couloirs de migration, les espèces migratrices aquatiques n’ont pas reçu la même attention, a indiqué le Dr Jacques Somda.

C’est donc au regard de la faible attention accordée aux poissons migrateurs par les acteurs de la pêche, dit-il, que l’UICN et ses partenaires ont lancé la célébration de la journée mondiale de migration des poissons au Burkina et au Ghana.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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