Actualités :: Vie chère à Ouahigouya : Consommateurs et commerçants déplorent la (...)

Ces derniers temps au Burkina Faso, la population vit une flambée des prix des denrées alimentaires, les vivres et les articles de consommation courante. Les consommateurs sont désemparés, et ne savent plus à quel saint se vouer. Ouahigouya, capitale de la région du Nord située à environ 180 km de Ouagadougou n’est pas épargnée par la situation. Personne n’est épargnée par cette situation des prix qui grimpent du jour au lendemain. Comment les populations vivent cette inflation généralisée ? Lefaso.net a promené son micro afin de recueillir les avis et les appréhensions des consommateurs.

Awa Bélem, commerçante de denrées alimentaires au marché de Naab-raaga

« Je vends des légumes de toutes sortes. Les prix ont vraiment connu une augmentation. Avant c’était mieux. Quand tu partais acheter pour revendre, il y avait souvent le sourire. Cette année, tout est devenu cher, très cher. Quand nous partons chez nos fournisseurs pour acheter les légumes, ils nous donnent à des prix exhorbitants. Ils disent que les prix des intrants ont évolué et qu’ils ne peuvent faire autrement. Les semences aussi sont hors de prix disent-ils.

Nous pensons que la cherté est due au fait qu’il n’a pas bien plu l’année dernière. Il n’y a pas assez d’eau pour la culture maraîchère. A cela il faut ajouter la situation de crise. Avant, certaines d’entre nous pouvaient aller dans les marchés des villages pour déconcentrer un peu la ville et cela nous permettait de faire des recettes. Aujourd’hui ce n’est plus possible avec la crise sécuritaire.

Certaines femmes qui venaient prendre les légumes avec nous pour revendre ont définitivement arrêté. Il arrive souvent que certaines clientes repartent sans pouvoir rien acheter à cause de la cherté des prix. Elles nous supplient de diminuer les prix, malheureusement nous ne pouvons vendre en deça de nos prix d’achat. Nous sommes peinées par la situation, mais que faire ?

Nous appelons les clients à la compréhension et nous prions pour que cette saison soit meilleure que celle précédente. Nous demandons aux autorités de subventionner les intrants agricoles. Nous appelons aussi vivement à un retour de la paix. Sans la sécurité, c’est compliqué ».

Ousséni Ouédraogo, commerçant de vivres

Ousséni Ouédraogo commerçant de vivres

« Les prix des produits ont trop évolué et nous font peur. Tu achètes un produit le matin, le soir tu peux trouver que le prix a déjà augmenté. Le sac de sucre et le bidon d’huile coûtent plus de 25 000 FCFA chacun. Le sac de riz est bien au-delà des 20 000F CFA. Nous avons vraiment peur des proportions que cette cherté est en train de prendre. Tout est devenu cher.

Nous pensons que cette situation est due à la crise sécuritaire. C’est du jamais vue. Cela complique la situation et nous subissons tous les conséquences.

Les clients ne sont vraiment pas contents. Ils pensent que nous sommes responsables de la situation. Nous nous expliquons tous les jours mais ce n’est pas facile.

Nous demandons aux autorités de veiller au retour de la sécurité. Si nous sommes en sécurité, tout redeviendra normal. Mais sans la paix, c’est difficile de voir les choses s’améliorer. Cette situation que vient de peindre Ousséni Ouédraogo, son collègue Daouda Savadogo le confirme. Il est aussi commerçant de céréales, et cela depuis plus de 35 ans. La situation que nous vivons cette année est exceptionnelle. Nous n’avons jamais vécu pareille situation. Dès les récoltes, les prix étaient déjà élevés. Aujourd’hui, le sac de maïs coûte 28 000 F CFA. Le sorgho se paie à 31 000 F CFA, le petit mil à 36 000 F CFA et le sac de haricot va au-delà de 50 000 F CFA. Cette conjoncture est unique et nous demandons à Dieu de nous en épargner dans le futur.

Nous prions pour que les choses reviennent à la normale. Nous pensons que cette situation est due à la mauvaise saison hivernale. Il n’a pas bien plu l’année dernière et ce que nous vivons en est la conséquence. Avec cette cherté des prix, il y a certes des problèmes entre nous et nos clients, mais personne n’est responsable de cette situation. C’est la mauvaise pluviométrie qui est la source du mal, nous prions et demandons l’assistance de Dieu. Seul Dieu a la solution ».

Abdoul Karim Bélem (consommateur)

Abdoul Karim Bélem, consommateur, les produits de première nécessité sont difficilement accessibles, c’est à se demander si nous allons tenir

« La vie devient de plus en plus chère. C’est à se demander si nous allons tenir. Tout augmente et cela fait peur. Les produits de première nécessité sont difficilement accessibles alors que Ouahigouya est déjà bien fragilisé par la crise sécuritaire. A cela, nous assistons encore à l’augmentation du prix du carburant. Vous avez vu que les transporteurs ont déjà réagi en augmentant le prix du billet. Bientôt les autres articles risquent de connaître une augmentation de prix.

Nous pensons aussi que cela est dû à la crise qui secoue l’Europe mais aussi à l’insécurité grandissante dans notre pays. La saison dernière était catastrophique en termes de pluviométrie. Donc la production agricole a pris un coût. Avec les centaines de milliers de déplacés internes, beaucoup n’ont pas pu cultiver et la demande de denrées alimentaires est devenue très forte. La longue durée de la fermeture des frontières du fait de la maladie à coronavirus y est aussi pour quelque chose également.

Nous allons demander aux autorités de fournir plus d’efforts pour venir à bout du terrorisme. Mais il faut aussi promouvoir la bonne gouvernance et renforcer les services de contrôle des prix. Dans les zones doublement en danger comme Ouahigouya, il faut multiplier les boutiques témoins et remplir davantage les magasins de la SONAGES. Il faut aussi penser à une augmentation des salaires des travailleurs publics comme privés afin qu’ils puissent tenir le cap ».

Abdou-Azize TAO
Lefaso.net

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