Actualités :: Vente en ligne des paniers de produits de Ramadan : Quand les amateurs et (...)

L’espace virtuel burkinabè est devenu un vrai espace de business à ciel ouvert. De la vente de services à celle des produits agro-alimentaires, électroménagers, textile en passant par l’habillement et le maquillage, la liste n’est pas exhaustive. Un marché en plein essor où chacun y va avec sa créativité et son imagination pour attirer sa part du marché. Le mois de Ramadan n’est pas épargné avec la vente des paniers de fruits, jus de fruits et autres friandises pour rompre le jeûne. Amateurs et professionnels ont développé des initiatives pour se faire plus de gains rapides. Constat !

Plaisir d’offrir, Well’ Or, Les paniers d’Astrid, Lynska-SA, Fasoranana et autres. Autant de boutiques virtuelles qui offrent des paniers variés de Ramadan. Dans ce marché en ligne, les gens ne manquent pas d’imagination ni de créativité. De la confection des paniers et des coffrets, en passant par les messages, rien n’est fait au hasard.
« Souvent, on se met à la place de la personne et on se dit, si c’était moi, qu’est-ce qui me ferait plaisir ? Et même si on parle de nourriture, il faut savoir mettre de la beauté pour stimuler l’appétit des clients », lâche l’une d’entre elle que nous avons rencontrée dans la soirée du vendredi 22 avril 2022 à son domicile, situé au quartier Katr-Yaar de la ville de Ouagadougou.

Astrid Valian, de la boutique « Les paniers d’Astrid », qui porte d’ailleurs son prénom, est une vendeuse amatrice de ce domaine. Plongée dans les préparatifs de ses dernières livraisons du soir pendant que le muézin appelle à la prière du magrib, la jeune dame nous installe devant ses paniers-témoins qui font saliver. « En principe, il n’y a pas de paniers déjà faits, c’est fait au fur et à mesure que nous prenons les commande », avoue-t-elle.

Astrid Valian, promotrice de la boutique virtuelle « Les paniers d’Astrid »

Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Et selon ses explications, les prix de ces paniers varient entre 15 000 et 35 000 FCFA, voire plus, mais le choix est beaucoup plus laissé aux clients et en fonction de leurs désirs. Pour cette jeune juriste de formation et stagiaire en entreprise, c’est une activité qu’elle mène pendant ses temps libres depuis 2019 et se fait aider par sa sœur cadette qui est une décoratrice d’évènements

A l’entendre parler et vu le génie mis dans la création des paniers, tout cela semble être fait à son image. « J’aime tout ce qui est beau et tout ce que je fais, j’aime qu’il soit beau. J’aime également être au service des autres, c’est pourquoi quand on me commande des paniers, je ne prends pas n’importe quels produits parce que, je mets le paquet pour avoir les meilleurs produits afin de satisfaire mes clients », dévoile-t-elle. Astrid Valian dit même être prête à investir à perte quitte à satisfaire son client. Une technique qui semble payer pour l’amoureuse des paniers. Car elle dit tirer son épingle du jeu et compte même se professionnaliser en la matière. Même si, c’est souvent difficile de gérer l’impatience de certains clients, regrette-t-elle, c’est un business fructueux.

Mariam Diawara, promotrice de la boutique virtuelle « Plaisir d’offrir »

Comme Astrid, Mariam Diawara s’est aussi lancée dans la vente en ligne par amateurisme. Pour cette marketeuse de profession, c’est une activité connexe qu’elle a développée et qui lui permet de rajouter des cordes à son arc. Selon ses confidences, elle n’a jamais reçu de formation en la matière, mais a appris sur le tas. « Ma boutique Plaisir d’offrir, je l’ai lancée en 2019, où je propose tout type de paniers pour les mariages, baptêmes et autres. Mais, c’est après que j’ai vu que les gens faisaient aussi des paniers pour le Ramadan, donc je me suis lancée », laisse-t-elle entendre.

Avec des paniers et des coffrets, Mariam Diawara semble convaincre ses clients. La technique de Mariam est celle adoptée par de nombreuses femmes qui se sont également lancées dans ce e-commerce de Ramadan. Dame Diawara a même déjà commencé à inspirer d’autres femmes dont sa cousine, Khadija Diawara. Elle l’a aussi initiée dans le « gombo » comme le dit-on dans le jargon. La nouvelle recrue dit s’être constituée en binôme avec son amie pour fonder elle-aussi « Well ‘Or ». Ces deux amies devenues depuis 2021 des partenaires d’affaires proposent elles-aussi des paniers de différents modèles, différents prix.

Nafissatou P. Hien, promotrice de la boutique « Lynska-SA »

A la différence d’Astrid, Mariam et Khadija, Nafissatou P. Hien est une professionnelle du domaine. Étudiante en médecine, elle affirme avoir suivi des formations certifiantes mais également s’être auto formée à travers des tutoriels sur YouTube. Comme Khadija, elle s’est elle-aussi associée à sa tante Belinda Traoré. Et le duo a fondé ensemble « Lynska-SA » qui porte d’ailleurs les initiales des deux collaboratrices. Et c’est la deuxième année consécutive que le duo propose des paniers de tout genre allant de 10 000 à 25 000 francs CFA. Des paniers standards modifiables en fonction du client, explique le futur médecin.

Et si les particuliers envahissent de plus en plus ce marché, il faut dire qu’il était d’abord mené par les entreprises et les grandes surfaces, se souvient le directeur de Poste’Éclair, Vincent Sawadogo que nous avons rencontré à cet effet. Son institution s’était aussi lancée dans ce marché depuis 2019 au travers de sa plateforme « FasoRanana » sur laquelle beaucoup de produits sont proposés dont les paniers de Ramadan à partir de 5000 F, se remémore-t-il.

Vincent T Sawadogo, directeur de Poste’ Éclair

Commerce rentable

Même si la plupart des interviewés n’ont pas voulu dire réellement leurs bénéfices, à vue d’œil, c’est un business spontané qui semble être une machine à sous où chacun tire son épingle du jeu. Ils se frottent d’ailleurs les mains ! « Au cours de la première année, j’ai fait un bénéfice considérable grâce à une grosse commande qu’on m’a faite », affirme Astrid Valian avec un sourire aux lèvres. Plus de 500 000 FCFA, même si elle n’a pas voulu être plus précise.

« Mais les années qui ont suivi, poursuit-elle, c’était moins que cela, mais cette année, j’espère que ça va dépasser cela ». Mariam Diawara elle aussi a refusé de nous dire ce qu’elle gagne en un mois. Mais au moins, selon ses dires, on sait qu’elle livre en moyenne dix paniers par jour avec un bénéfice de 2500 sur chacun.

Un chiffre qui n’est pas figé, précise-t-elle, parce que, cela peut être vu à la hausse ou à la baisse, en fonction des commandes. Pour son baptême de feu, Khadija dit quant à elle avoir engrangé un bénéfice de 300 000 FCFA durant les 30 jours qu’a duré le temps de jeûne et depuis lors, elle a aussi développé son réseau qu’elle continue de satisfaire.

Quant à l’étudiante en médecine, durant la première année, elle avoue avoir vendue plus de 40 paniers avec un bénéfice de 200 000 F que le duo a divisé en deux. Des bénéfices qui pouvaient dépasser cela si les intéressés se professionnalisaient, enseigne le directeur de Poste’ Éclair car selon lui, c’est un service qui demande beaucoup plus de technicité et des compétences .

Yvette Zongo
Lefaso.net

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