Actualités :: Éducation au Burkina : La première promotion des élèves professeurs agrégés dit (...)

La promotion 2021-2023 des élèves professeurs agrégés de l’enseignement secondaire a tenu une conférence de presse ce jeudi 21 avril 2022 à la bourse du travail de Ouagadougou. L’objectif de cette rencontre avec la presse était de dépeindre les multiples difficultés auxquelles cette première promotion d’élèves professeurs est confrontée, à savoir la non reprise de ses cours et l’obligation pour elle de passer un second concours à la fin de sa formation.

Tout remonte au dimanche 28 janvier 2018. Il est 00h et c’est un grand ouf de soulagement qui envahit le Burkina Faso. Un protocole d’accord venait de mettre fin à quatre longs mois de passe d’armes entre le gouvernement et la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE). Quatre mois de crise du système éducatif jalonnés de grèves sans précédent qui ont même failli engendrer une année blanche sur toute l’étendue du territoire.

Ce protocole nuitamment signé en son premier point décida de l’adoption d’un statut valorisant pour le personnel de l’éducation et de la recherche. Mais il faudra attendre trois ans, soit en 2020, pour que le statut valorisant soit signé à travers le décret n°2020/PRES/PM/MFPTPS/MINEFID portant statut particulier du métier éducation, formation et promotion de l’emploi.

Selon Benoît Akou, les élèves professeurs de sa promotion ne savent plus à quel saint se vouer

Aussi, dans l’article 3 dudit décret, il est créé le métier de professeurs agrégés de l’enseignement secondaire qui « doivent être l’élite de l’enseignement au secondaire (…). Il fallait créer ce corps pour que la qualité de l’enseignement puisse avoir une augmentation », a précisé Benoît Akou, élève professeur agrégé et délégué de promotion.

C’est ainsi qu’en mai 2021, le tout premier concours professionnel du corps des enseignants agrégés de l’enseignement secondaire a lieu. « Après les résultats définitifs publiés le 13 septembre 2021, nous nous attendions tout naturellement à ce que notre formation débute en octobre 2021. Par exemple, les autres stagiaires à former à l’Ecole normale supérieure tout comme les stagiaires du nouveau corps des administrateurs des lycées et collèges à former à l’Ecole nationale de l’administration et de la magistrature ont leur rentrée effective depuis belle lurette », explique Benoît Akou. Or, poursuit-il, certains avaient déjà cessé les cours pour se préparer à effectuer une rentrée en octobre.

Curieusement, dit-il, ils ne seront pas appelés à rentrer en octobre et un deuxième concours pour complément d’effectif d’élèves professeurs agrégés en mathématiques est lancé en novembre 2021 et les résultats ne seront connus que le 5 janvier 2022. « Tout le monde comprenait que ces recrutements par intermittence avaient mis à mal la rentrée pédagogique et se disait que tout était prêt pour le début des cours. Nous nous préparions alors jusqu’à ce que les choses accélèrent à partir de mi-janvier. Mais hélas », a poursuivi Benoît Akou.

les journalistes présents dans la salle n’ont pas manqué de poser des questions aux conférenciers

Afin de comprendre leur situation, la promotion a entrepris des rencontres sans de véritables résultats au niveau des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieure ainsi que de la Fonction publique. « Malgré ces démarches, nous n’avons pu être situé que sur le lieu de la formation à savoir l’ENS / Ouaga lors d’une rencontre convoquée à Ouagadougou le 22 février 2022. L’inscription administrative aura lieu le 10 mars 2022 ».

Par ailleurs, « c’est à l’occasion de cette inscription administrative qu’on nous a demandé de cesser service. Certains ont eu des problèmes parce qu’ils avaient déjà cessé en octobre. Et au niveau des établissements, nous ne donnons plus de cours parce que depuis octobre, les établissements ont peur de nous engager. Si on nous donne des classes et qu’entre temps, on nous appelle, on fait comment ? » a-t-il décrié.

Par conséquent, « notre impatience est légitime. L’année scolaire a commencé depuis octobre et jusqu’à présent, nous n’avons pas rejoint l’école pour les cours. Quand on rentre pour faire une formation, il y a du contenu. On a des documents avec des contenus qui font près de 700 heures. On se demande, si on tarde ainsi, en termes de contenus : est-ce que l’on aura tout le contenu nécessaire ? En termes d’apprentissage : est-ce qu’on aura assez de temps pour être formés de façon idéale ? », s’inquiète Eloge Oula Koulibaly, élève professeur agrégé, option philosophie.

Eloge Oula Koulibaly trouve dommageable que les élèves professeurs agrégés soient obligés de faire un autre concours à l’issus de leur formation

En plus de cela, un autre problème subsiste. Le contenu de leur formation, selon les élèves professeurs agrégés, est très ambigu. « Nous avons fait un concours professionnel, mais à la fin de notre formation nous allons devoir faire un autre concours. Cela veut dire qu’il y a une inconnue par rapport à cette étape… Ça pose problème qu’après avoir réussi à un concours, il faut faire un autre concours pour être admis définitivement au risque de repartir dans les anciens emplois », note Eloge Oula Koulibaly.

Au regard de toutes ces difficultés, la promotion 2021-2013 des élèves professeurs agrégés appelle les plus hautes autorités des ministères de tutelle à savoir le ministère de l’Éducation nationale, celui de l’Enseignement supérieur ainsi que le ministère de la Fonction publique à se pencher sur leur situation.

Abdoul Rachid SOW (stagiaire)
lefaso.net

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