Actualités :: Coton et textile : En mode hybride, la 3e édition du SICOT va réunir plus (...)

Koudougou, la cité du cavalier rouge, abritera les 27 et 28 janvier 2022, la 3e édition du Salon international du coton et du textile (SICOT). À moins d’une semaine de cette grand-messe des professionnels et amoureux de l’or blanc, nous avons rencontré Madame Huguette Bama, commissaire générale adjointe de l’événement. Avec elle, il a été question de l’état d’avancement des préparatifs de ce salon qui se tiendra en présentiel et en virtuel. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Le Salon international du coton et du textile (SICOT), c’est dans quelques jours, comment vont les préparatifs ?

Huguette Bama : Globalement pour une activité de l’envergure du SICOT, les préparatifs sont à un niveau satisfaisant au regard des enjeux et du contexte du moment. Les partenaires sont bien sensibilisés et ont bien adhéré à l’activité. Les partenaires traditionnels du SICOT sont bien mobilisés et engagés à œuvrer à sa réussite. La population de Koudougou est bien informée et a bien pris en main cette initiative qui est devenue leur projet. Donc, globalement tout se passe bien à une semaine de l’événement.

Pourquoi avoir choisi le thème « La transformation locale du coton : quels modèles d’industrialisation pour l’Afrique dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ? »

Je crois que c’est un thème qui s’imposait tout simplement. Nous sommes en train de rentrer dans une nouvelle ère qui est une ère à la fois de compétitivité accrue, mais de solidarité continentale parce que la ZLECAF offre aussi bien des opportunités, mais met aussi en lumière un certain nombre de défis. Pour le Burkina, le coton est une filière très importante avec un fort potentiel en termes de création de richesses et de création d’emplois. Pour nous, il était alors important de faire de cette troisième édition du SICOT, un cadre de réflexions avec autour tous les partenaires nationaux et internationaux intéressés par la filière.

Il est important que nous puissions trouver ensemble les leviers d’un développement structurel de la filière et qui nous permette justement de répondre aux exigences que la ZLECAF impose à toutes les économies concernées. Les économies se ressemblent, mais peuvent être assez différentes : les contraintes et les enjeux sont différents.

Nous sommes déjà dans la ZLECAF, il est important qu’on puisse regarder quelles sont les forces intrinsèques sur lesquelles nous devons compter pour développer ensemble cette filière qui est vraiment importante pour nos économies et celles de la sous-région. Il est également important qu’on puisse regarder ensemble comment on s’appuie sur ce nouveau challenge que constitue la ZLECAF pour qu’on puisse à la fois rester ouvert et très compétitif en y entrant. C’est globalement ce qui justifie le choix de ce thème. Actuellement, tous les acteurs dont nous avons besoin pour mener cette réflexion sont sensibilisés, engagés et ont confirmé leur participation. Et au sortir, nous devons avoir des solutions, des idées, des leviers nouveaux sur lesquels nous appuyer pour un développement structurel de la filière.

Quel est le programme des activités de cette 3e édition ?

Le coton, le textile burkinabè, c’est quelque chose qui nous parle. Nous avons vu nos grand-mères quand nous étions tout petits travailler le coton à leur manière. Aujourd’hui, nous éprouvons beaucoup de fierté à porter et à utiliser le coton de chez nous sous toutes les formes. Le SICOT est un cadre où nous allons réfléchir encore ensemble pour voir comment nous continuons à avancer vers un développement de cette filière qui puisse profiter à tous les Burkinabè et à la sous-région.

En venant au SICOT, vous aurez l’opportunité de participer à des réflexions de haut niveau, de contribuer à ces réflexions et d’apporter aussi votre vision pour le reste du chemin à parcourir. Vous aurez également l’opportunité de rentrer en contact avec des professionnels avec lesquels vous pourrez nouer des relations d’affaires pour créer soit de nouveaux business, pour lancer de grands projets d’investissement. Vous aurez par ailleurs l’occasion de pouvoir contempler le savoir-faire, pas seulement de nos mères, mais aussi des artisans et des industriels burkinabè et de ramener de jolies étoffes pas uniquement pour les porter, mais pour continuer à faire la promotion de là où vous êtes.

Venir au SICOT, c’est vraiment un excellent choix, mais aussi un choix patriote parce que vous allez pouvoir contribuer au développement d’une filière qui pourrait avoir un vrai effet de levier pour notre économie.

Quelle sera la touche particulière de cette édition ?

Pour cette édition, j’ai envie de dire qu’il y a des innovations qui s’imposent par le contexte et par nos ambitions. L’innovation majeure est la tenue du SICOT en format hybride pour nous adapter. Nous sommes flexibles, nous sommes résilients. Dans le contexte sanitaire que nous connaissons depuis deux ans, il est important qu’on puisse adapter notre formule aux exigences du moment. Une partie des participants pourra suivre le SICOT en présentiel et l’autre partie pourra suivre l’événement en restant chez elle. Les dispositions sont prises pour que ceux qui seront loin de Koudougou puissent se sentir au cœur du SICOT.

Le deuxième élément sur lequel nous avons travaillé pour pouvoir nous adapter utilement est cette note particulière de sobriété que nous voulons donner à cette présente édition qui se tient dans un contexte que nous savons relativement difficile pour notre pays. Nous allons mener un SICOT dans la sobriété en mettant l’accent sur les aspects de réflexion et de valorisation et en réduisant les aspects récréatifs qui ne sont pas du tout mauvais, mais qui ne s’adaptent pas bien au cadre actuel. Quand les temps seront plus favorables, nous reverrons certainement des SICOT avec d’autres dimensions.

Ces deux éléments que j’ai cités sont majeurs, mais ne feront pas de ce SICOT, un SICOT avec une aura moindre. Vous aurez un SICOT à la hauteur de vos attentes et qui sera à votre portée.

En troisième lieu, nous avons travaillé au niveau du contenu afin que ce SICOT soit une occasion de connaître le talent, le génie de ces artisans, de ces femmes qui sont les pionnières de cette filière. Il y aura une compétition qui permettra de primer les meilleures tisseuses. On a d’autres innovations, mais je vais m’arrêter sur ces trois éléments et vous laisser la possibilité de découvrir un certain nombre d’éléments qui vont venir agrémenter et renforcer la pertinence et le contenu de ce SICOT.

Comment comptez-vous, vous y prendre pour la connexion internet avec les restrictions imposées par les autorités pour raison de sécurité ?

À ce niveau, je peux vous assurer que toutes les dispositions ont été prises. Je ne suis pas spécialiste du domaine, mais je ne pense pas que nous ayons un problème de disponibilité, d’accessibilité à la connexion internet. Nous avons pris les dispositions pour avoir une connexion avec un débit qui soit compatible avec le type d’activités que nous voulons organiser. Il n’y a donc pas d’inquiétude à se faire. Les petits plats sont dans les grands.

Au regard de la pandémie de covid-19, combien de participants attendez-vous à Koudougou ?

En présentiel comme en virtuel, nous attendons plus de 1000 participants. Nous sommes déjà dans l’ordre de 1 000 inscrits de 25 nationalités. À cela, on va ajouter d’autres participants nationaux.

Qui sont les partenaires de cette 3e édition ?

Je voudrais déjà m’excuser de ne pas pouvoir citer tous les partenaires. L’État est à la fois le porteur du projet et le partenaire de référence, mais en termes de partenaires, nous avons les grandes banques de la place, les sociétés d’assurance et le secteur privé qui vient en place très remarquable avec la Chambre de Commerce et d’Industrie qui assure le coparrainage de ce SICOT. Mais il y a surtout les organisations professionnelles qui travaillent autour et avec le coton. Je me réserve de citer des partenaires pour ne pas faire des omissions. Cette année, à côté de ces partenaires qui viennent à la fois sous forme de sponsors, avec des apports en solutions techniques, on a un partenaire de référence qui apporte un sponsoring particulier à cette édition. Il s’agit de la Loterie nationale burkinabè (LONAB).

Peut-on faire le point sur la mise en œuvre des recommandations faites à la dernière édition du SICOT tenue en 2020 ?

J’irai jusqu’à la première édition qui s’est tenue en 2018, donc il y a environ quatre ans de cela. Des recommandations ont été formulées. Certaines ont été entièrement mises en œuvre, mais d’autres touchent à des actions structurelles qui demandent du temps. Mais globalement, l’ensemble des recommandations sont en bonne voie de mise en œuvre. Il y a des actions de réformes, des mesures d’accompagnement du secteur dans toute sa globalité.

Il y a des recommandations qui se sont déjà traduites par des résultats concrets sur le terrain et qui peuvent être considérés comme des impacts. Aujourd’hui, il y a la société d’égrenage du coton biologique (SECOBIO) qui est la première de notre pays et de notre sous-région dans ce domaine. Ce sont des résultats concrets du SICOT.

Il y a cet effort d’accompagnement pour une meilleure structuration de la filière. Le coton est une filière qui est assez bien structurée, mais il y a eu un souhait que cela aille un peu plus loin. Cela a abouti à la mise en place d’une confédération qui permet de réunir l’ensemble des différents acteurs qui se situent au niveau des différents maillons de la chaîne de valeur du coton. C’est très important, car pour pouvoir bien développer un secteur, une filière, nous devons travailler à la structuration. Cela est déjà un acquis au niveau du coton et cela se compte parmi les impacts du SICOT. Il y a toute une litanie de recommandations dont je ne pourrai pas faire le point, mais je voudrais juste vous rassurer sur le fait que le gouvernement et l’ensemble des partenaires au développement de cette filière tiennent vraiment leur engagement. Les actions sont continues pour que nous puissions renforcer la filière et la rendre compétitive et performante.

Même si on est dans une bonne dynamique, ça ne veut pas dire que tout est rose.
Nous sommes pour la plupart des descendants d’éleveurs et d’agriculteurs et en la matière, on ne peut pas labourer, cultiver, semer et récolter le même jour. C’est pareil pour le SICOT parce que nous sommes dans une dynamique de transformation structurelle, d’amélioration profonde et continue. Nous sommes convaincus que d’ici quelques années, nous allons voir de manière encore plus tangible et concrète les effets et les impacts du SICOT dans notre environnement, sur notre économie, sur le plan social.

Le SICOT s’est-il donc imposé comme un rendez-vous incontournable en Afrique ?

Dans le contexte international marqué par la crise sanitaire et celui national, quand vous arrivez à enregistrer plus de 1000 inscrits en provenance de près de 25 pays, cela montre que c’est un événement qui est reconnu et apprécié. Qu’on soit au Burkina ou hors du Burkina, pour afficher un tel intérêt pour un forum de ce type, cela veut dire que nous sommes conscients que c’est un cadre qui est profitable à tous. Ceux qui viennent au SICOT, qui soutiennent cet événement ne le font pas par altruisme. C’est parce qu’ils sont convaincus que c’est un projet qui leur apporte quelque chose et que c’est un cadre dans lequel ils peuvent aussi apporter quelque chose. Le SICOT est un événement qui a réussi à s’inscrire dans les agendas des professionnels du secteur. Le SICOT est une initiative qui se vend pratiquement toute seule. Il a suffisamment convaincu et produit ses résultats.

Un mot de fin ?

Je lance un appel à nos populations, à nos partenaires et amis du Burkina. Le SICOT, c’est dans quelques heures. J’invite tout le monde à participer massivement à cette troisième édition du SICOT afin de pouvoir partager nos idées, nos réflexions, pour que nous puissions travailler à renforcer notre filière et avoir des retombées positives sur la chaîne de valeurs du coton pour le bien de notre économie et de nos populations. Rendez-vous les 27 et 28 janvier à Koudougou pour découvrir les merveilles du coton burkinabè, échanger avec les amis africains et internationaux du coton et aller vers un véritable développement structurel du coton au Burkina et en Afrique.

Propos recueillis par Herman Frédéric Bassolé
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