Actualités :: Journée mondiale de lutte contre le sida 2021 : Message de la Dre Matshidiso (...)

Alors que l’Organisation mondiale de la Santé se joint au reste de la communauté mondiale pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre le sida, ce 1er décembre, le thème retenu pour l’édition de cette année, « Mettre fin aux inégalités. Mettre fin au sida. Mettre fin aux pandémies », a un écho singulier près de deux années après le début de la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

Nous ne pouvons pas suffisamment exprimer notre soutien aux personnes vivant avec le VIH, surtout dans un contexte où nous connaissons les effets négatifs que les obligations liées à la lutte contre la COVID-19 ont eus sur le traitement et les soins dans toute l’Afrique. Au moment où nous rendons hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie à cause du sida cette année, nous reconnaissons par la même occasion la très lourde charge de mortalité due à la pandémie de COVID-19, qui continue de faire des victimes.

À l’avenir, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre de vue l’impérieuse nécessité urgente de mettre fin aux inégalités qui alimentent le sida et les autres épidémies dans le monde. Cela fait 40 ans que les premiers cas de VIH ont été notifiés. Pourtant, le sida reste un problème majeur de santé publique en Afrique comme dans le reste du monde.

L’année dernière, deux nouvelles infections par le VIH sur trois se sont produites dans la Région africaine, et l’on a enregistré à peu près 2500 nouvelles infections par le VIH chaque jour. Malheureusement, malgré le libre accès à un traitement efficace, le sida a coûté la vie à 460 000 personnes, soit un chiffre effarant de 1300 décès chaque jour.

Malgré les défis, l’Afrique a réalisé des progrès considérables dans sa lutte contre le VIH au cours de la dernière décennie, réduisant de 43 % le nombre de nouvelles infections et diminuant de près de moitié les décès liés au sida. Dans la Région africaine, 86 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique et 76 % des sujets VIH-positifs suivent un traitement antirétroviral.

Nous tenons également à saluer les avancées enregistrées par le Botswana, qui a amorcé la dernière ligne droite vers l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH, un succès tout à fait remarquable du point de vue de la santé publique. Seuls 16 pays ont reçu la certification de l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH, mais aucun d’entre eux n’était aussi touché que le Botswana.

Il a fallu plus de deux décennies de travail acharné des dirigeants, des agents de santé et des communautés, qui ont ainsi illustré ce que l’on peut faire lorsque la priorité est accordée à la santé et au bien-être des mères et des enfants.

Cependant, il est peu probable que le continent dans son ensemble parvienne à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030, car nous n’avons pas atteint la cible fixée pour 2020, qui était de réduire de 75 % les nouvelles infections par le VIH et de 81 % les décès liés au sida. Malgré les proportions très élevées de personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique, et les taux de traitement, les nouvelles infections par le VIH et les décès liés au sida ne diminuent pas concomitamment.

Il reste essentiel pour nous d’atteindre ceux qui alimentent l’épidémie, en remédiant aux inégalités persistantes dans la fourniture de soins et d’interventions de qualité. Par exemple, l’année dernière en Afrique de l’Ouest et centrale, les groupes clés et leurs partenaires sexuels représentaient 72 % des nouvelles infections par le VIH chez les adultes. Pourtant, les lois et politiques répressives, l’environnement social et culturel hostile dans lequel ils évoluent, tout comme la stigmatisation et la discrimination, y compris dans le secteur de la santé, empêchent ces personnes d’accéder aux services.

En Afrique subsaharienne, les jeunes femmes sont deux fois plus susceptibles de vivre avec le VIH que les hommes. Chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans, trois nouvelles infections sur cinq concernent des filles qui n’ont pas accès à une éducation sexuelle complète, qui sont victimes de violences sexuelles et sexistes et qui vivent dans un contexte caractérisé par des normes sexistes néfastes. Les filles ont aussi moins accès à l’école que les garçons.

Avec la COVID-19, les personnes vivant avec le VIH semblent être exposées à un risque élevé de maladie et de décès liés au virus. Près de 70 % d’entre elles vivent dans la Région africaine de l’OMS, où seulement 4,5 % des personnes sont entièrement vaccinées contre la COVID-19.

Alors que les efforts pour lutter contre la COVID-19 ne cessent de s’intensifier et que le monde se prépare à de futures pandémies, nous courons le risque de répéter les mêmes erreurs qui nous ont empêchés de mettre fin au sida. Il est essentiel de mettre fin aux inégalités pour mettre fin au sida et à la COVID-19, et pour prévenir les futures pandémies, ce qui pourrait sauver des millions de vies et protéger notre société.

Nous devons veiller à ce que chacun, partout, ait un égal accès à la prévention, au dépistage, au traitement et aux soins du VIH, y compris à la vaccination et aux services de lutte contre la COVID-19.

À l’occasion de cette Journée mondiale de lutte contre le sida, j’exhorte les gouvernements à accorder la priorité à l’investissement dans le financement de la santé en vue de mettre en route des ripostes impulsées par les communautés, fondées sur les droits humains et portées sur la transformation axée sur l’égalité des genres. Nous devons renforcer notre personnel de santé essentiel et garantir un accès équitable aux médicaments et aux technologies sanitaires qui sauvent des vies.

La solidarité mondiale et la responsabilité partagée sont des leviers essentiels du type d’approche fondée sur les droits dont nous avons besoin pour mettre fin au VIH/sida et à la COVID-19.
Merci de votre attention.

En savoir plus :
Global AIDS Update 2021

Merci.

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